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La force de l'expérience
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La force de l'expérience. Quelque chose de pas courant m'est arrivé l'autre soir, il était dans les dix heures du soir et j'étais dans mon bar habituel. Jusque-là, il n'y a rien de pas tellement courant, mais ce qu'il y a eu de pas courant, c'est que c'est le soir où Quark a sauvé la station.

Je m'appelle Morn et Quark, c'est le patron de ce bistrot où je vais, et si personne ne se doutait encore à ce moment-là que c'est cette petite tête d'arnaqueur qui allait sauver la station, nous autres, les habitués, ça faisait déjà un bout de temps qu'ont savait qu'il était futé comme pas un. Beaucoup de gars distingués viennent ici rien que pour causer avec Quark, des gars vraiment distingués, des officiers de Starfleet, des Capitaines aux long-court, et même des Kais de Bajor.

Et ce soir-là, justement, il y avait toute une bande d'habituer autour de lui, y compris Frelon le conseiller psy de la station.

Frelon vient toujours raconter ses ennuis à Quark.

- " Vous autres, barmen, vous êtes bien les meilleurs psychiatres du monde. " Lui dit le docteur. " Toute la journée, il y a des gens qui viennent vous raconter leurs problèmes, et ont vous fait sûrement plus de confessions qu'à nous. Pour moi, vous combinez en une seule personne l'image paternelle et le sorcier. Tenez, vous pourriez peut-être m'aider... "

Quark fait oui de la tête en souriant.

- " Bien sur. " Répondit Quark en plaisantant. " Vous voulez que j'analyse vos complexes ? Tenez, montez donc là, sur le bar, allongez-vous, fermez les yeux et racontez-moi la première chose qui vous vient à l'esprit... "

Si je me souviens de tout ça, c'est parce que moi je suis tout à côté d'eux en train d'essayer de boire mon verre et …

Et ça y est, ça se déclenche.

Ca commence par un appel sur le système de communication interne de la station. C'est la voix du Commandant Sisko qui lâche à toute vitesse.

- " Attention ! Nous vous informons que la station est en état d'alerte. "

Tout le monde ouvre ses esgourdes, parce qu'on sait qu'on ne met pas en alerte une station spatiale comme ça.

- " Peut être que le vortex c'est effondré, " Dit-je.

- " Où peut-être qu'Odo traque de dangereux maniaques ? " Dit Frelon.

- " Ca doit être plus important que ça, pour qu'il ait une alerte générale. Pour moi c'est une attaque Cardassien. "

Eh bien, on se trompe tous.

La voix de Sisko reprit plus forte encore.

- " L'objet non-identifié qui est sorti du vortex et qui se dirige vers la station est maintenant identifié. Il s'agit d'un engin de guerre, il refuse toute communication, et a neutralisé tous les systèmes de défense de la station. "

Il se passe quelques minutes de silence, puis la voix reprend.

- " Il vient d'accosté. Un passager est en train d'en sortir. Les rapports concordent tous pour dire que cette créature est indubitablement d'origine inconnue. Elle fait trois mètres de haut, elle est couverte de poils verts et a de nombreux tentacules. Attention. Que tous les hommes de la station soient prêts à faire leurs devoirs. Dès qu'elle nous parviendrons, nous vous diffuserons les informations complémentaires pour vous tenir au courant des développements de la situation. "

Ensuite, se fut le silence.

Au bar, une petite tête de piaf déclare :

- " C'est une blague, un exercice d'alerte. "

- " Aucun exercice n'était prévu, mais je dois avouer que cette histoire de poil vert et de tentacules semblent sortie d'un mauvais holo-roman d'horreur. " Répondit Frelon.

- " Pour les tentacules, je n'en sais rien, " dis-je, " mais si vous voulez voir quelque chose de vert, vous n'avez qu'à vous ramener dans le secteur un de ces matins de bonne heure et je vous ferai voir ma langue. "

- " Attention ! " Glapit Sisko. " Dernières nouvelles sur la créature issue du vortex. Elle a passez le barrage installé par le service de sécurité et se dirige vers le secteur quatre. Un deuxième barrage vient d'être installé à la sortie du turbo-lift. "

Maintenant nous sommes tous à l'écoute.

- " La créature vient de passez le barrage, les phasers sont sans effet sur elles.... Elle prend maintenant la direction de la promenade. "

De faite, nous n'avons plus besoin des bulletins d'information. Depuis l'intérieur du bar nous entendons parfaitement les cris des badauds qui fuient ainsi que les tirs de phasers.

- " Ce n'est pas un exercice alors, " dit Frelon. " Un monstre est parmi nous et il faut l'arrêter. "

- " Pas la peine de me regarder comme ça, " dis-je. " Je suis allergique aux monstres. C'est à cause de ça du reste que j'ai perdu un bon boulot une fois : on m'avait proposé de travailler pour un politicien. Et.. "

- " Cette créature a sûrement une intention précise. " Dit Frelon. " Voilà des années que j'attends de connaître l'aventure, mais c'est la première fois que j'en aie l'occasion. Si cette créature est venue ici. Il y a une raison à cela. Cette créature a sûrement envie de quelque chose. "

- " Eh bien, en tout cas, ce n'est pas la meilleure façon de faire. A moins qu'elle ne cherche à passer la nuit dans l'une des cellules d'Odo. " Dit Quark.

- " Certainement pas, " dit Frelon. " Ils s'y prennent complètement de travers. Et ils ont besoin d'un psychiatre pour résoudre le problème. J'y vais, je vais essayer de raisonner avec cette chose. "

- " Attendez ! " Crie Quark.

Mais Frelon n'attend pas. Il attrape au vol son médi-pack qu'il emmène toujours avec lui pour les cas d'urgence et il sort en courant.

Nous autres, ont reste tout simplement dans le bar à attendre. On n'attend pas longtemps du reste parce que, tout d'un coup, il se met à y avoir des cris et un vacarme épouvantable sur la promenade.

A l'autre bout du bar, il y a une jolie dabo girl qui s'appelle Aillatan Oripahs et qui pèse dans les soixante kilos toute habillée. Si, je m'en rends compte, c'est qu'aussitôt après le premier cri, elle me saute sur les genoux et renverse mon verre sur sa robe en criant :

- " Sauvez-moi ! Le monstre vient par ici ! "

A ce moment une forme entre dans le bar, mais ce n'est pas le monstre. C'est Frelon et il est dans un drôle d'état. Ses vêtements sont déchirés, ses lunettes cassées, et il lui manque la moitié de son bouc.

- " Vous avez entendu ce bruit il y a une minute ? " Dit-il en soufflant. " La créature vient d'éventrer la porte du réplicat juste à coté. Et elle est en train de le démolir avec ses espèces de tentacules. On dirait qu'elle cherche quelque chose. Oui, elle cherche quelque chose, c'est sûr. "

- " Vous lui avez fouillé le Subconscient ? " Demande Quark.

- " Ah non ! Et je n'essayerais pas de m'y prendre avec des pincettes ! " Fait Frelon. " Je me suis approché d'elle, et elle m'a jeté un de ces regards... Ensuite elle a essayé de m'agripper, alors j'ai fait la seule chose raisonnable dans ce cas-là... "

- " C'est-à-dire ? "

- " C'est-à-dire que j'ai pris mes jambes à mon cou, " Répondit le toubib. Il nous regarde les uns après les autres et ajoute.

- " Moi, je propose qu'on éteigne les lumières et qu'on ferme la porte à clef. Mais vite. Parce que si jamais cette bête se met dans l'idée de partir à ma poursuite... "

Mais il saute en l'air comme un lapin et il hurle :

- " Oh ! La voilà ! "

Eh oui, la voilà, qui entre par la porte.

Le Commandant Sisko, il n'avait pas raconté de blagues. La créature a bien dans les trois mètres de haut, des poils verts partout et tout un tas de tentacules, et aussi des yeux qui lui pendent de la tête. Et elle ne marche pas vraiment. Elle glisse, elle se tortille, elle ondule pour avancer.

Elle est vraiment horrible. On dirait une version géante du Grand Nagus avec des tentacules. Un Grand Nagus vert bien sur.

Un moment, elle reste sans bouger dans l'entrée de la porte, et puis elle ouvre sa bouche et se met à faire des bruits, mais des bruits encore plus affreux que ceux du Nagus.

Frelon, et tous les clients sont déjà réfugiés derrière le bar, accroupis. Moi, j'aimerais bien en faire autant, sauf qu'il y a cette dabo girl qui s'accroche à moi et qui essaye de se glisser à l'intérieur du col de ma combinaison de vol. Et elle y arrive presque.

Quark, lui, reste là, ferme comme le roc, il n'a pas peur. Il regarde le monstre aux yeux pendants, écoute un moment les bruits qu'il fait. Et puis, au bout d'un moment, il se penche derrière le bar, remplit un verre et le tend au monstre.

Lequel n'y fait pas attention et commence à onduler dans ma direction.

Quark hoche la tête, il se retourne, ouvre le tiroir-caisse, prend une poignée de barrette de latinium, et la colle sur le bar à côté de la créature. Le monstre n'a même pas un coup d'œil pour les barres dorées. Il continue à limacer vers moi.

Quark court à l'autre bout du bar, traverse la salle, décolle de moi la fille et la pousse vers la créature.

Le monstre passe à côté d'elle sans rien dire.

- " Ça sert à rien, " chuchote Frelon de derrière le bar. " Je comprends ce que vous faites. Vous essayez de trouver ce que cherche cette créature. Ce n'est ni l'argent, ni la boisson, ni une femme. "

- " Et alors ? Pour quelle autre raison est-ce que quelqu'un entre dans un bar ? " Demande Quark.

- " Cette créature ne vient pas de notre univers. C'est un être d'un autre monde, " murmure Frelon d'une voix rauque. " Quelque chose d'effrayant, d'étrange, de fou ! "

Le monstre fait des sales bruits maintenant. Mais tout d'un coup, Quark a un grand sourire. Il fait demi-tour, s'approche du monstre et le prend par un tentacule. Et puis il l'emmène avec lui jusqu'à la porte au fond de la salle et ils disparaissent.

Deux minutes plus tard, le monstre s'en va. Il retraverse la salle et ressort sur la promenade. Plus de hurlements, plus de vacarme, Et quelques minutes plus tard Sisko à l'interphone est en train d'annoncer que le monstre vient de remonter dans son vaisseau et qu'il repart vers le vortex.

Tout est fini. On ressort de derrière le bar et Quark sert une tournée générale offerte par la maison.

Lorsque les Officiers de la station arrivent et lui demandent comment il a fait pour sauver la station.

Quark répond modestement:

- " Rien de terrible. J'ai simplement pigé tout d'un coup. Un voyage en engin spatial c'est long. Tôt ou tard, on finit par avoir besoin de quelque chose. Moi, j'ai trouvé ce que c'était et j'ai fait ce qu'il fallait, c'est tout. "

- " Brillante compréhension psychologique, " dit Sisko. " Mais comment en êtes-vous arrivé à cette conclusion ? "

- " Parce que je suis barman et pas psychiatre, " dit Quark, en regardant Frelon. " Et je sais que tous les gens qui entrent dans un bar, il y a seulement quatre choses dont ils peuvent avoir envie. Si ce n'est pas un verre, si ce n'est pas de l'argent, si ce n'est pas une femme, alors il faut bien que ce soit l'autre chose. Vous voyez, c'est simplement une question d' E-LI-MI-NA-TION.

Témoignage du Commandant Morn

F I N

Cette ligne de programmation ne sert qu'a formaté proprement les lignes de textes lors d'un utilisation sous Mozilla Firefox. J'aimerais pouvoir m'en passer mais je ne sait pas comment, alors pour l'instant. Longue vie et prospèrité