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Les Sisyphes
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Les Sisyphes. Lorsque Julian aperçut la chose pour la première fois, elle se trouvait sensiblement droit devant, à huit cent mille kilomètres de distance, minuscule point vert qui se répétait toutes les cinq secondes sur l’écran de la console de pilotage.
Il était à six milliards de kilomètres du soleil du système MYT-5786 et s’en écartait toujours, se frayant lentement un chemin à travers un petit essaim de fragments rocheux décrivant une lente orbite solaire au-delà de la douzième planète, à la recherche d’une quelconque relique de ce système dont les anciens textes Bajorans vantaient la gloire passée.
Sur l’écran, la chose semblait de bonne taille mais ne dégageait qu’une infime parcelle d’énergie, il s’agissait peut-être d’un vieux satellite ou d'une ancienne base sur un petit planétoïde.
Il se renversa sur son siège.
- « En voilà un qui s’amène, mon petit, » dit-il. Il n’avait nul besoin de désigner son interlocuteur plus précisément. Une seule autre personne se trouvait à bord de l’USS-Rhône.
La voix de Leeta lui parvint par le circuit intercom. Elle se trouvait dans le poste d’équipage, un pont plus bas.
- « Tout près ? Est-ce que nous aurons le temps de prendre notre petit déjeuner ? »
Julian étudia la console.
- « A notre vitesse actuelle, deux heures. Et rien ne nous oblige à aller plus vite. Nous sommes en vacance. »
- « Viens manger alors. »
- « J’arrive. » Durant quelques secondes encore, il regarda le point vert sur l’écran. Puis, considérant que rien de très important ne se manifestait, il quitta les commandes pour prendre le petit déjeuner avec la femme qu’il fréquentait depuis maintenant plusieurs mois.

* * * * *

Deux heures plus tard, il examinait sa trouvaille de beaucoup plus près avec une acuité mentale rapidement suscitée qui tenait le milieu entre la prudence du professionnel de Starfleet et le soulagement du chineur devant l’éventualité d’un artefact intéressant.
La forme incroyable de la chose qui ne se trouvait plus qu’à quelques centaines de kilomètres de distance était maintenant visible. Julian, fasciné, contemplait une aiguille longue de cinquante kilomètres, pour autant que ses sensors pussent la mesurer, et large d’une centaine de mètres, dimensions qui ne correspondaient strictement à rien de ce que Julian pouvait s’attendre à trouver dans l’espace.
De toute évidence, il ne s’agissait pas là d’un astéroïde naturel. Ce n’était pas davantage un vaisseau spatial, s’il lui fallait se fier à ce qu’il avait vu ou dont il avait entendu parler. L’une des extrémités de l’objet était pointée dans la direction du soleil, ce qui amena Julian à suggérer qu’il s’agissait peut-être d’une comète miniature dont la queue expliquerait cette longueur insolite. Cette idée aussi insolite que séduisante ne résista pas plus de quelques secondes au simple bon sens du Docteur.
Une autre éventualité, plus plausible était qu’il s’agissait là de l’épave d’un ancien vaisseau spatial à la dérive, originaire de ce système mort ou pas, il comptait bien le découvrir.
Il ne fallut pas plus d’une minute à Julian pour programmer l’ordinateur afin de rechercher toutes les correspondances possibles avec une civilisation connue.
La première chose que l’ordinateur du Runabout découvrit était que l’objet était arrimé à une ancre spatiale.
Peu féru de technologie spatiale Julian demanda à l’ordinateur de plus amples précisions.
- « L’ancre spatiale est un concept permettant à un vaisseau de s’amarrer à un point quelconque du champ gravitationnel d’un corps massif, tel qu’un soleil ou une planète de grande taille. »
- « Il y a donc de la vie à bord ? » S’interrogea Julian à voix haute.
- « Pas obligatoirement, une fois jetée, une ancre spatiale se nourrit du champ gravitationnel, ce type d’ancre peut tenir indéfiniment. » Répondit l’ordinateur qui avait pris la réflexion du docteur pour une question.
Leeta arriva avec deux tasses de raktajino fumantes. Elle fixait l’écran le visage empreint de solennité.
- « Est-il possible qu’il y ait quelqu’un de vivant à bord ? ».
- « Des voyageurs, veux-tu dire ? L’analyse spectrographique de la coque démontre que cette chose vogue depuis dix-sept siècles Bajorans minimum. »
A ce moment l’ordinateur signala que ses recherches n’avaient abouti à rien.
- « La poisse, rien de comparable même très vaguement avec un modèle connu. » Dit Julian.
- « Nous pourrions appeler DS9. Je ne dis pas que nous devrions, mon chéri, » se hâta-t-elle d’ajouter. « C’est toi qui décides et je ne récriminerai jamais dans l’un ou l’autre cas. Je m’efforce simplement de t’aider dans la recherche d’une solution. »
Il posa les yeux sur elle, estima qu’en effet elle ne récriminerait pas et lui étreignit la main, jugeant superflu d’ajouter quoi que ce soit.
- « Si j’étais seul, » dit-il, « je sauterais dans une combinaison, j’irais examiner cet objet de près, je le remorquerais jusqu’à la station et je le donnerais comme pièce unique dans son genre à l’institut Daystrom. Peut-être que j’écrirais un article ou deux dans les plus grandes publications scientifiques et j’irais ensuite d’Université en Université faire des conférences devant des foules d’étudiants subjugués par mon intelligence, pendant que toi tu pourrais te balader dans les plus grands centres commerciaux des plus grandes villes. »
- « Nous sommes déjà suffisamment bien comme cela et nous avons tout ce que nous pouvons désirer. En outre, je doute fort que nous soyons heureux s’il nous faut séjourner jour après jour sur les routes. »
Elle se leva.
- « A ton avis, combien te faudra-t-il de temps pour l’examiner ? »

* * * * *

A la porte du sas, elle fut prise de doutes.
- « Ce n‘est pas dangereux, n’est-ce pas ? Julian, fais bien attention et reviens vite ! »
Et elle l’embrassa avant qu’il eût fermé son casque.
Dans l’ignorance complète de l’architecture interne, Julian avait préféré à la téléportation une approche extérieure.
Ils avaient amené l’USS-Rhône à quelques encablures de l’objet et s’aidant des micros pulseurs de son scaphandre, Julian s’approcha lentement de l’épave par le flanc.
La gigantesque longueur de l’objet occultait une mince bande d’étoiles à sa gauche et à sa droite, comme s’il s’agissait du rivage lointain d’une île de vaste étendue au sein d’une placide mer, les poussières d’étoiles au-dessous de lui figurant l’image réfléchie sur la surface liquide de celles qui se trouvaient au-dessus. Mais l’espace était trop noir pour autoriser la persistance d’une telle illusion.
Le télémètre son scaphandre lui apprit qu’il se trouvait à moins de trois cents mètres de l’objet. Il annula sa vitesse par un bref déclenchement de ses micros pulseurs et alluma son projecteur.
Une surface de métal poli lui renvoya sa lumière diffuse lorsqu’il imprima au projecteur un mouvement de balayage latéral. Puis il immobilisa le faisceau lumineux à l’endroit où apparut une sombre concavité.
- « Berceau de véhicules autonomes, navette ou chaloupe de sauvetage, vide. » Dit-il à haute voix.
- « Dans ce cas, il s’agit bien d’une épave ! » Répondit la voix de Leeta dans son casque.
- « Ça m’en a tout l’air, en effet. Maintenant, je vais y regarder de plus près. »
Il fit avancer son scaphandre. L’objet était de toute évidence l’un de ces vaisseaux de type inconnu, de ceux qui hantent les rêves des baroudeurs de l’espace.
Après avoir une dernière fois réduit sa vitesse, les gantelets blindés de sa combinaison prirent contact les premiers, avec aisance et précision, avec l’objet. En un instant, il fut debout sur la coque, retenu en place par ses semelles magnétiques. Jetant un regard autour de lui, il ne détecta pas la moindre réaction à son arrivée.
Il se tourna vers le soleil et vit fuir les kilomètres du cylindre sombre qui semblait se terminer en pointe aigüe dans le lointain étoilé, telle une route filant droit vers l’horizon à la rencontre d’un soleil minuscule et que pourrait arpenter un homme restant à proximité immédiate.
La coque était lisse, il distinguait à bonne distance des sortes de projections formant un angle droit avec elle. Coupant le courant des semelles magnétiques, il se mit en route dans cette direction. Lorsqu’il fut à proximité de la plus proche de ces projections, quelques seize cents mètres plus loin, il constata qu’il s’agissait d’une sorte de bride gigantesque qui enserrait l’objet — ou plutôt une partie de bride. Elle se terminait à quelques mètres de la coque en globes de métal qui avaient été autrefois en fusion.
- « Ah, » dit Julian au bout d’un instant en considérant la demi bride.
- « Quelque chose ? »
- « Je crois avoir trouvé quelque chose en effet, mais laisse-moi le temps d’opérer une dernière vérification »
Lentement, il fit décrire au scaphandre la circonférence du cylindre de l’objet.
Après avoir accompli le tiers du périmètre, il tomba sur ce qui pouvait être une tranchée de faible profondeur d’environ un mètre cinquante de large et de trente centimètres de creux, avec un fond qui évoquait un nuage gris dans la lumière de ses projecteurs. Cette tranchée longitudinale s’étendait à perte de vue de part et d’autre. Une ouverture de la taille d’une porte était découpée dans la bride au-dessus de la tranchée.
Julian hocha la tête en souriant d’un air entendu et lança son scaphandre dans une trajectoire accélérée aboutissant à l’USS-Rhône.

* * * * *

- « Il ne s’agit pas du tout d’un vaisseau spatial, » confia-t-il à Leeta un peu plus tard. Ce n’en est qu’une partie ! »
Il pianota sur la console centrale de l’air d’un homme qui savait parfaitement ce qu’il cherchait.
- «  C’est pourquoi l’ordinateur n’a rien trouvé. A présent, je me souviens d’avoir vu quelque chose à leur sujet en préparant cette expédition. C’est une partie d’un appareil datant de la civilisation qui gouvernait ce système et qui doit remonter à quelque deux mille ans. D’après les archéologues qui ont étudié cette civilisation, ils utilisaient alors un mode de propulsion quelque peu différent de ce à quoi nous sommes habitués, grâce auquel il était plus économique d’employer de tels mastodontes que des vaisseaux de taille réduite pour un volume équivalent. Ils préparaient ces engins pour un voyage en assemblant bout à bout de longues sections cylindriques dont le nombre dépendait directement de la charge à transporter. Ce que nous avons découvert constitue évidemment l’une de ces sections »
Leeta plissa le front.
- « Ce devait être un travail prodigieusement difficile que d’assembler ces sections et de les séparer, même en espace libre. »
- « Ils faisaient usage d’ancres spatiales. Cette tranchée que j’ai mentionnée... Elle possède un fond à champ de force de telle sorte qu’une ancre pouvait y trouver place ; à ce moment, la section entière pouvait glisser en avant ou en arrière, c’est-à-dire qu’elle était solidaire ou indépendante de l’ensemble... Je crois que j’ai trouvé. »
L’image sur l’écran de la console montrait ce que l’on pouvait considérer comme l’extrémité d’un paquet de longues aiguilles sur un fond d’étoiles qui semblaient irréelles. La légende placée au bas donnait une description sommaire du vaisseau. D’autres images montraient des sections avec plusieurs détails.
- « Ce doit être cela, » dit Julian pensivement. « Il a vraiment une drôle de touche, ce vieux rafiot ! »
- « Je me demande ce qui a pu en faire une épave.. »
- « Allez savoir. Peut-être l’explosion d’un moteur ? Quoi qu’il en soit cette unique section s’est trouvée ancrée au soleil d’une façon ou d’une autre... C’est curieux. »
- « Il y a combien de temps que la chose s’est produite, à ton avis ? » Demanda Leeta. Elle avait croisé les bras comme si elle souffrait du froid, et pourtant il ne faisait pas froid à bord de l’USS-Rhône.
- « Deux mille ans minimum, avant l’époque de la pandémie qui ravagea la planète mère et les rares colonies de ce système. »
Il prit un padd.
- « Demain, j’y retournerai avec du matériel et je jetterai un coup d’oeil à l’intérieur »
Il nota quelques-uns des objets dont il estimait avoir besoin et commença à consulter tout ce que l’ordinateur possédait comme information sur l’ancienne civilisation.

* * * * *

Le lendemain « matin » trouva Julian en train de charger des outils supplémentaires, différents dispositifs et des explosifs sur son scaphandre. Le trajet vers l’objet fut sans histoire. Cette fois, il prit pied environ au tiers de la longueur à partir d’une extrémité, à l’endroit où il supposait trouver un sas. Il espérait qu’il pourrait l’ouvrir sans laisser échapper ce qui pourrait se trouver d’atmosphère ou de gaz d'aucun des compartiments principaux, car une baisse de pression soudaine pourrait causer des dommages.
Il découvrit un endroit susceptible de lui livrer accès là où les informations glanées pendant la nuit l’avaient laissé prévoir. Il s’agissait d’un petit sas auxiliaire, disposé à quelques mètres à peine du chenal réservé à l’ancre spatiale. Le fond à champ de force de ce chenal était, il le savait bien, inutilisable comme porte d’entrée possible. Si les ancres pouvaient être jetées et levées à travers lui, elles n’en demeuraient pas moins partiellement implantées en permanence dans le sillon. En forant un nouveau trou, il provoquerait la décompression qu’il s’efforçait précisément d’éviter, sans parler d’une dangereuse explosion toujours possible.
Avec prudence, il entreprit son attaque sur la porte du sas, utilisant durant quelques minutes des sondes électroniques, s’efforçant de déterminer si la porte intérieure était également close, Il avait pratiquement acquis la conviction que tel était le cas lorsqu’il fut conscient qu’il se passait quelque chose. Il leva la tête et scruta du regard la sombre colonne de l’épave pointée vers le soleil.

* * * * *

Quelque chose venait vers lui le long de la coque.
Il s’écarta en vitesse du vieux vaisseau avant d’avoir déterminé de quoi il s’agissait, cette tache floue qui avançait en déformant les étoiles visibles à travers elle, comme des ondes de chaleur dans l’air. Sans aucun doute, c’était là une ancre spatiale. De plus, elle avançait le long du chenal.
Il fit progresser son scaphandre de quelques mètres et vint se ranger à proximité en réglant son allure sur celle de l’ancre : à peu près celle d’un homme marchant au pas accéléré. Elle avançait, bien qu’elle fût plantée dans l’espace.
- « Leeta, • appela-t-il, « il se passe ici quelque chose de bizarre. Veux-tu pointer les sensors de la navette sur la coque et me dire si elle se déplace ? »
Il continuait à longer la coque en réglant sa vitesse sur le mouvement apparent de l’ancre.
La voix de la jeune femme lui parvint après une minute.
- « Elle se déplace actuellement en direction du soleil, à la vitesse d’environ neuf kilomètres à l’heure. Peut-être moins. Il est difficile de le déterminer exactement à cette lenteur excessive. »
- « Parfait, c’est bien ce que je pensais. »
Sa voix, il l’espérait, avait un accent rassurant. Il analysa la situation. C’était donc la coque qui se mouvait, le chenal de champ de force glissant sur l’ancre demeurée fixe. Quelle que fût l’origine de ce déplacement, il ne semblait pas dirigé contre le Rhône ou contre lui-même.
- « Ecoute, chérie, » reprit-il, « il se passe ici quelque chose de tout à fait particulier ».
Il lui expliqua le phénomène de l’ancre.
- « Le Rhône n’a peut-être rien du Défiant, mais il est tout de même de taille, j’imagine, à se mesurer avec une épave quelle qu’elle soit. »
- « Mais tu te trouves à l’extérieur ! »
- « Il faut absolument que je me rende compte. Je n’ai jamais rien vu de pareil. Ne t’inquiète pas, Je battrai en retraite si la situation semble présenter le moindre danger. »
Quelque chose dans le fond de son crâne lui disait de rentrer à bord de son vaisseau et d’appeler la station. Il passa outre sans en être autrement troublé. Il n’avait jamais envisagé sérieusement de demander du secours.

* * * * *

Environ quatre heures plus tard, l’ancre avait atteint le bout de son chemin, à moins de trente mètres de ce qui devait être apparemment la poupe de l’épave. Elle ralentit graduellement pour venir s’arrêter à quelques mètres du terminus du chenal. Durant une minute, rien d’autre ne se produisit. Julian rapporta à Leeta les faits qu’il venait d’observer.
Dans l’espace compris entre la fin du chenal et l’ancre, une seconde tache déterminée dans ses contours apparut. Elle avait dû nécessairement être « jetée » dans l’espace depuis l’intérieur.
Julian sentit sa peau se hérisser.
Au bout d’un certain temps, la première ancre disparut, aspirée à l’intérieur de la coque à travers le champ de force.
Julian demeura en observation pendant vingt minutes, mais rien d’autre ne se produisit. Il s’aperçut qu’il serrait à les briser les commandes du scaphandre et qu’il tremblait de fatigue.

* * * * *

Cette nuit-là, Leeta et Julian se relayèrent pour prendre la garde et dormir à bord de la navette. Vers midi, le lendemain, Leeta se trouvait à la console centrale lorsque l’ancre numéro un reparut, mais cette fois à la proue de l’épave. Après un certain délai, celle qui se trouvait à la poupe disparut.
Par réflexe Julian jeta un regard à la section communication de la large console. Puis honteux de cet instant de faiblesse, il assena un coup de poing sur la table et jura.
- « Il faut qu’un mécanisme quelconque fonctionne encore à l’intérieur de l’épave. »
Il s’approcha de l’écran et observa l’ancre numéro un qui commençait de nouveau son lent voyage apparent vers la poupe.
- « Il n’y a pas à tergiverser. Il faut que j’en aie le coeur net. »
Les instruments de la navette indiquaient que l’épave se dirigeait de nouveau vers le soleil à la vitesse d’environ neuf kilomètres à l’heure.
- « Est-il vraisemblable qu’au bout de deux mille ans il subsiste encore suffisamment d’énergie pour assurer le fonctionnement d’un tel mécanisme ? » demanda Leeta.
- « Je le pense. Le métal de la coque aspire la chaleur comme une éponge, même à cette distance du soleil l’énergie ainsi aspirée est importante. La technologie modulaire de ces vaisseaux imposait à chaque section d’être autonome pour le chauffage, l’éclairage, le fonctionnement de l’appareillage interne, pour… » Sa voix mourut, puis il reprit d’un ton rêveur: « ...pour recycler la nourriture et l’eau. »
- « Julian, qu’y a-t-il ? »
Il se leva, les yeux rivés sur le plan.
- « On sait qu’il ne maîtrisait pas la technologie des communications sub-spatiales. »
- « De quoi parles-tu ?‘»
- « Et avec le bruit ambiant un message par ondes porteuses ne… »
- « Comment ? »
- « Maintenant, pour ce qui concerne l’air... » Il parut se réveiller en sursaut, la regarda d’un air penaud. « Simplement une idée qui vient de me traverser l’esprit. » Il sourit « Je m’en vais faire un autre voyage. »

* * * * *

Une heure plus tard, il se posait sur l’épave pour la troisième fois, non loin de la poupe. Il longeait la conque mouvante en direction de l’ancre, mais s’en trouvait encore éloigné de bien des kilomètres.
L’endroit qu’il avait choisi se trouvait près d’un autre petit sas auxiliaire sur lequel il se mit au travail immédiatement. Après s’être assuré que la porte intérieure était fermée, il perça un trou dans la porte extérieure pour supprimer dans la chambre toute pression interne susceptible de s’opposer à l’ouverture de la porte externe.
Le mécanisme d’ouverture de la porte souffrait d’avoir été aussi longtemps oublié, mais un outil vibrateur lui octroya suffisamment de jeu pour qu’il fût posib1e de l’ouvrir à la main. L’intérieur du sas ne semblait rien de plus que l’intérieur d’un sas.
Il reboucha le trou qu’il venait de percer dans la porte extérieure afin de pouvoir, c’est du moins ce qu’il espérait, ouvrir normalement la porte intérieure et fit fonctionner la porte extérieure à plusieurs reprises pour s’assurer qu’il pourrait sortir rapidement en cas de besoin. Ignorant si sa radio fonctionnerait encore à l’intérieur de la coque il lança un rapide et joyeux au revoir à Leeta et s’enferma dans le sas.
En utilisant de nouveau le vibrateur, il parvint à actionner le dispositif chargé d’admettre dans la chambre ce qui constituait l’atmosphère de la coque. Celle-ci manifesta bientôt sa présence. Le manomètre de son scaphandre lui apprit que la pression atteignait progressivement celle que l’on trouve normalement sur la planète, pression parfaitement supportable pour un organisme humain, cependant que ses micros de combinaison lui retransmettaient un bourdonnement provenant d’un endroit indéterminé, par prudence il maintint cependant son casque rigoureusement fermé.
La porte intérieure fonctionna à merveille, témoignant de l’habileté des constructeurs. En franchissant le seuil, Julian se trouva presque la tête en bas, perdant du même coup l’équilibre et le sentiment de vivre une héroïque aventure. En retour, il apprit que la gravité artificielle de l’épave demeurait encore partiellement effective. Après avoir retrouvé une posture normale, il vit qu’il se trouvait dans une petite antichambre garnie de placards pour combinaisons spatiales qu’éclairaient seuls les feux de sa propre combinaison, mais où n’apparaissait aucun autre signe de dommages. Une porte s’ouvrait dans chacune des autres cloisons. Il se dirigea vers celle qui se trouvait à sa droite.
Il dégaina tout d’abord son phaseur, hésita un instant, puis le remit dans l’étui. La gorge sèche, il poussa la porte pour ne découvrir qu’un autre compartiment vide, de la dimension d’une pièce normale et rigoureusement dépouillé de toute espèce d’objet, tant sur les cloisons que sur le plancher.
Une autre porte le mena dans un étroit passage où quelques lampes de plafond diffusaient une lumière tamisée. S’efforçant de surveiller à la fois ses arrières par-dessus son épaule et l’espace qui se trouvait devant lui, il suivit le couloir pour aboutir à un escalier en colimaçon qu’il commença à gravir dans le plus grand silence compatible avec une combinaison spatiale.
L’escalier le conduisit à une longue galerie donnant sur ce qui ne pouvait être que la coursive principale de l’épave, laquelle mesurait une vingtaine de mètres de large pour une hauteur de trois étages; par l’effet de la perspective, les lignes de fuite se rapprochaient progressivement pour se rejoindre en un point lointain baigné dans la pénombre.
Une porte s’ouvrit, livrant passage à un homme, un étage plus bas que Julian. Humanoïde et trapu, il ressemblait aux veilles gravures trouvées sur la planète.
C’était un vieillard, probablement myope, car il ne semblait pas s’apercevoir de la présence du docteur qui l’observait du haut de la galerie en s’appuyant sur la rambarde. Il portait une sorte de tunique aux broderies compliquées avec des fils de couleurs différentes, fort bien ajustée à sa mince silhouette, mais qui laissait ses jambes et ses pieds nus. Il demeura immobile quelques instants, explorant des yeux le long couloir, tandis que Julian le surveillait, momentanément figé par la surprise.
Lentement il recula de deux pas pour se réfugier dans l’ombre. Tournant la tête dans la direction où le vieil homme portait son regard, il remarqua que le champ de force où se déplaçaient les ancres était visible au fond d’un chenal creux pratiqué dans le centre du couloir. Lorsque le vaisseau interstellaire dont l’épave faisait autrefois partie se trouvait en état de marche normal, le chenal devait probablement être recouvert d’une passerelle amovible.
Le vieil homme porta son attention sur un réservoir où poussait une masse de plantes aux feuilles plates de couleur vert foncé. Il palpa une feuille puis tourna un robinet qui amenait de l’eau au réservoir par un mince tuyau. Des robinets similaires étaient groupés sur la cloison, derrière le vieillard, d’où partaient des conduites desservant un grand nombre d’autres réservoirs disposés à intervalles réguliers le long du couloir.
- « Pour la production de l’oxygène, » dit Julian à voix haute et presque calme, surpris par le bruit que ses paroles avaient déchaîné dans l’intérieur de son casque. Son haut-parleur externe n’était pas branché, si bien que le vieux ne l’entendit pas. Il cueillit une baie rouge sur l’une des plantes et la mangea d’un air distrait.
Julian esquissa un mouvement pour brancher son haut-parleur externe, mais il ne le termina pas. Il leva à demi les bras pour faire un geste, mais la peur de n’être pas compris le retint et le conduisit à battre lentement en retraite dans l’ombre, à l’arrière de la galerie. En tournant la tête vers la droite, il apercevait l’extrémité proche de la coursive ainsi qu’une autre ancre qui n’était pas plongée dans l’espace, mais au contraire soulevée presque hors du champ de force sur une sorte d’échafaudage à l’extrémité du chenal.
A proximité de l’escalier qu’il avait gravi se trouvait une porte entrouverte sur l’obscurité. Julian se rendit compte qu’il avait éteint le phare de sa combinaison sans s’en apercevoir. Se mouvant avec précaution pour éviter d’être vu par le vieux, il régla la puissance sur minimum et le rallumant explora prudemment les ténèbres, au-delà de la porte. La chambre où il venait de pénétrer était la première d’un petit appartement qui avait été autrefois une cabine de passager. Le mobilier en était simple, mais c’était le premier qu’il voyait depuis qu’il avait pénétré à l’intérieur de l’épave. Les vêtements pendus dans un coin étalent semblables à la tunique que portait le vieillard, bien que l’un ne fût pas rigoureusement identique à l’autre. De sa main recouverte du gantelet, Julian palpa l’étoffe en l’amenant très près de sa visière. Il hocha la tête d’un air entendu c’était apparemment là un tissu produit par les machines à recycler la fibre, et il doutait fort qu’il fût vieux de deux mille ans... il s’en fallait de beaucoup.
Il franchit la porte du petit appartement, explorant du regard les alentours, le vieux avait disparu. Il se souvint que celui-ci avait scruté le couloir qui semblait se poursuivre à l’infini comme s’il s’attendait à y voir apparaître quelque chose. Il n’y avait rien de nouveau en vue de ce côté, Il augmenta la sensibilité du microphone extérieur et le pointa dans cette direction.
Un chant choral à plusieurs voix humaines se fit entendre quelque part dans cette direction, à plusieurs kilomètres de distance. Il sursauta et tenta d’interpréter de quelque autre façon les sons qui frappaient ses oreilles, mais, avec une émotion bouleversante, il dut se convaincre que sa première impression était la bonne.
Tandis qu’il envisageait de se diriger dans cette direction, il s’aperçut que le choeur croissait en volume et se rapprochait, il s’adossa à la cloison, dans l’ombre qui régnait à l’arrière de la galerie. Par chance son scaphandre de coloration foncée serait pratiquement invisible depuis la coursive illuminée en contrebas, tandis que lui, au contraire, pourrait voir sans grande difficulté ce qui se passerait au-dessous de lui. Une partie de son cerveau le pressait de retourner vers Leeta, d’appeler Starfleet, lui soufflait que ces inconnus constituaient un danger pour lui. Mais il lui fallait attendre pour en voir davantage.
Transpirant en dépit du conditionnement du scaphandre, il entendait le chant choral croître rapidement en volume à l’intérieur de son casque. Voix masculines et féminines s’enflaient et s’apaisaient tour à tour selon les lignes d’une mélodie complexe, chantant parfois à l’unisson, parfois en contrepoint. Quant à la langue, elle lui était inconnue.
Soudain ils furent en vue, tout d’abord sous la forme d’un léger point coloré dans le lointain. Lorsqu’ils furent plus proches, il constata qu’ils marchaient en une longue colonne parfaitement alignée sur huit de front, soit quatre de chaque côté du chenal central de champ de force. Hommes et femmes assemblés apparemment sans aucune règle fixe d’âge, de sexe ou de taille, sauf qu’il n’apercevait ni vieillards ni enfants.
Ils chantaient et marchaient, penchés en avant, tirant de tout leur poids sur de lourdes cordes abondamment décorées, de même que leurs vêtements et celui du vieil homme qui, sortant de sa porte, s’était porté à leur rencontre pour les saluer. Quelques autres vieillards des deux sexes apparurent derrière lui, qui prirent place à ses côtés pour attendre. Par l’embrasure d’une porte brièvement entrebâillée, Julian entrevit une pièce brillamment éclairée pleine de machines en lesquelles il reconnut des métiers à tisser à la seule présence des étoffes qui se trouvaient en chantier. Il secoua la tête avec perplexité.
Tout à coup, les haleurs se trouvèrent à proximité immédiate, ils étaient des centaines tirant sur les cordes reliées à un palonnier multiple fait de tubes de métal coudé qui glissait au-dessus du chenal central. Le palonnier et l’ancre spatiale à laquelle il était fixé furent halés au-delà de l’endroit où se tenait Julian — ou plutôt, l’endroit d’où il observait la scène fut entraîné au-delà de l’ancre fixe par la lente progression de l’épave propulsée par énergie humaine en direction du soleil.
Derrière l’ancre s’avançait un petit groupe d’enfants dont l’âge s’échelonnait de dix ans environ jusqu’à la puberté. A l’aide de petites cordes, ils traînaient une charrette chargée de récipients contenant apparemment de la nourriture et de l’eau. En queue du cortège marchait un homme à la fleur de l’âge, grand, athlétique, la tête ornée d’une coiffure magnifique.
Presque à la hauteur de Julian, cet homme s’arrêta soudain et fit entendre un commandement bref; instantanément on cessa de haler et de chanter.
Plusieurs des hommes qui se trouvaient les plus proches du palonnier s’approchèrent de lui et le détachèrent de l’ancre avec rapidité et précision. D’autres écartaient du chenal les cordes amollies tandis que l’énorme inertie de la masse de l’épave entraînait l’extrémité du chenal de champ de force vers l’ancre, qui vint à ce moment heurter l’échafaudage soutenant l’ancre numéro deux, obligeant celui-ci à reculer vers un endroit où il ne semblait pas y avoir de place pour lui.
Un épais champ de force tampon devint à ce moment visible pour Julian, derrière l’échafaudage, s’allongeant régulièrement à mesure qu’il absorbait l’énergie emmagasinée entre vaisseau et ancre. Des sortes de conduits partaient du tampon pour gagner un lieu où l’énergie pourrait être emmagasinée pour un nouveau départ, lorsque reviendrait pour l’épave le moment de reprendre sa marche de tortue vers le soleil. Une femme monta sur l’échafaudage et libéra l’ancre numéro deux pour la jeter dans l’espace, sous la coque, et amarrer celle-ci fermement à l’endroit où elle était actuellement retenue par l’ancre numéro un. Une équipe d’hommes s’avança qui entreprit de relever l’ancre numéro un...
Julian était en train de descendre l’escalier, revenant sur ses pas vers le sas. Derrière lui, la voix du peuple montait en une récitation monotone qui pouvait être une prière. Avec l’impression de se mouvoir en rêve, Julian ne prenait aucune précaution pour se dissimuler, mais il ne rencontra personne. Il s’efforçait de réfléchir, de comprendre la scène dont il avait été le témoin. Une lueur de compréhension commençait vaguement à poindre dans son esprit

* * * * *

Parvenu au dehors, il appela Leeta.
- « Je suis de retour à l’extérieur. Avant de rentrer, je voudrais jeter un coup d’oeil à l’autre extrémité. Utilise le téléporteur. »
Il entendit à peine sa réponse, mais il se rendit compte qu’elle avait été quasi-instantanée ; elle n’avait pas dû quitter l’écoute pendant tout ce temps. Il se sentit mieux.
Quelques secondes plus tard il se matérialisa à l’extrémité de l’épave en direction du soleil.
Sans se soucier de la prudence, il se précipita de nouveau à l’intérieur de l’épave par un sas situé non loin de la proue. A cette extrémité du chenal de champ de force se trouvait suspendue une gigantesque poulie susceptible de fournir un avantage mécanique considérable à quelques centaines de personnes lorsque le moment viendrait pour elles de démarrer de nouveau la coque titanesque pour la faire progresser vers le soleil.
Il observa une crèche : de petits enfants sous la garde de quelques femmes. Il lui sembla que l’un des bébés l’avait aperçu par le trou qui livrait autrefois passage à une canalisation, à travers la cloison derrière laquelle il se dissimulait, et lui adressait un sourire.

* * * * *

- « De quoi s’agit-il ? » Demanda Leeta avec impatience lorsqu’il sortit épuisé de la douche en s’enveloppant d’une robe de chambre. Il vit le choc qu’il avait subi se refléter soudain sur le visage de sa femme.
- « Ce sont des gens, » dit-il en s’asseyant. « Ils vivent là-bas... Les derniers survivants de ce system… Des hommes, des femmes, des enfants. »
- « Tu te sens bien ? »
- « Bien sûr. C’est simplement... Bon Dieu ! »
Il lui raconta ce qu’il avait vu. Ce sont probablement les descendants de ceux qui ont survécu à l’accident dont j’ignore d’ailleurs la nature. Réflexion faite, il n’existe, physiquement parlant, aucune raison pour qu’ils ne vivent pas, rien ne s’oppose même à ce qu’ils se reproduisent en nombre limité. Ils disposent de plantes pour la production de l’oxygène. Je parie que l’air qu’ils respirent est aussi bon que le nôtre. Ils possèdent l’appareillage pour recycler leur nourriture et leur eau et l’énergie inépuisable du soleil qui leur fournit l’énergie nécessaire à leur fonctionnement, à l’éclairage des locaux et au maintien de la gravité artificielle... Ils ont tout ce dont ils ont besoin. Tout, sauf un moyen de propulsion dans l’espace. »
Il se renversa avec un soupir et ferma les yeux.
Elle demeura silencieuse durant quelques instants, s’efforçant de voir clair dans une situation qui lui paraissait quelque peu paradoxale.
- « Mais s’ils possèdent une source d’énergie pourquoi n’ont-ils pas monté un propulseur de fortune ou une voile solaire ? Il doit bien exister un moyen d’y parvenir, même si la vitesse obtenue est faible ? Il suffirait d’une seule poussée et le mouvement se poursuivrait indéfiniment. »
Julian examina la suggestion.
- « Il ne leur servirait à rien d’obtenir une vitesse quelque peu supérieure. »
Il ouvrit de nouveau les yeux.
- « D’autre part, leur travail quotidien s’en trouverait notablement réduit. J’imagine qu’un excès de loisirs pourrait leur être fatal à tous. Il faut croire qu’ils avaient en eux la volonté de poursuivre et l’intelligence pour découvrir une méthode, un mode de vie qui travaillerait en leur faveur, qui les empêcherait de perdre la tête et de s’entretuer. Et leurs enfants, et leurs petits-enfants et après cela... »
Lentement, il se leva. Elle le suivit jusqu’à la console principale et ils se penchèrent ensemble sur l’image de l’épave.
- « Toutes ces années, » murmura Leeta. « Tout ce temps ! »
- « Te rends-tu bien compte de ce qu’ils font ? » demanda-t-il à voix basse, « ils ne se contentent pas de survivre, de se replier sur eux-mêmes en se consacrant au tissage, au dessin, à la musique. Dans quelques heures, ils vont se lever, recommencer une nouvelle journée de travail. Ils vont haler l’ancre numéro un jusqu’à la proue de leur vaisseau et l’y jeter. C’est en cela que consiste leur besogne du matin. Puis un homme demeuré en arrière lèvera l’ancre numéro deux. Après quoi, le groupe principal commencera à tirer l’ancre numéro un comme je les ai vu faire il y a un moment, et leur vaisseau commencera à progresser vers le soleil. En accomplissant chaque jour cette manoeuvre, ils se rapprochent du but de cinquante kilomètres. Ma chérie, ces gens rentrent chez eux en halant leur vaisseau de leurs propres mains. Maintenant, cela doit constituer pour eux une sorte de rite religieux, pour ne pas dire une religion... »
Il entoura Leeta de son bras.
- « Julian... combien de temps leur faudra-t-il pour revenir chez eux ? »
- « L’espace est vaste. Comme je l’ai déjà dit, il ne leur servirait de rien de progresser un peu plus vite. Disons qu’ils ont voyagé pendant deux mille ans à raison de cinquante kilomètres par jour. Ce qui fait environ trente six millions de kilomètres. Pas tout à fait la distance séparant le vortex et Bajor lorsqu’elle se trouve au plus prêt. Mais il leur reste encore bien du chemin à parcourir avant de parvenir seulement à la limite des planètes intérieures. En fait, ils se trouvent sensiblement à leur point de départ. »
Il eut un faible sourire.
- « En réalité, pour un vaisseau interstellaire, ils ne sont pas loin de chez eux. Leur accident s’est produit presque sur le seuil de leur propre système solaire et, depuis le temps qu’ils marchent, ils n’ont pas encore atteint la porte. »
- « Combien de temps leur faudrait-il, pour parvenir au voisinage de leur planète ? »
- « L’Enfer aurait largement le temps de geler, mais, cela ils ne peuvent plus le savoir désormais, ou, s’ils le savent, ils s’en moquent éperdument. Il leur faut simplement poursuivre leur marche en avant, tirant jour après jour, année après année sur cette fichue ancre, avec peut-être des vacances de temps en temps... Je ne sais pas du tout comment ils s’arrangent. Ils travaillent, ils chantent et ont le sentiment d’accomplir quelque chose... Et en fait, ils accomplissent quelque chose, vois-tu. Ils se sont fixé un but et se dirigent vers lui. Je me demande ce qu’ils peuvent bien dire de leur patrie, ce qu’ils en pensent... »
- « Tu vas faire un rapport ? »
- « Bien obligé et Dieu sait quelle conséquence cela aura ? »

F I N

Cette ligne de programmation ne sert qu'a formaté proprement les lignes de textes lors d'un utilisation sous Mozilla Firefox. J'aimerais pouvoir m'en passer mais je ne sait pas comment, alors pour l'instant. Longue vie et prospèrité