.

Crossover Babylonien
.

Crossover Babylonien. Le point de saut s'ouvrit brutalement, comme un brusque feu d'artifice. Un vaisseau en forme d'oiseau de proie jaillit et fonça vers le long cigare qui tournait lentement sur le fond multicolore des étoiles. Le vaisseau n'ayant pas été annoncé de façon officielle, Babylon Control connut un instant de panique. Le Commandant Ivanova prit immédiatement les mesures qui s'imposaient. Armée d'un mètre-ruban, elle alla vérifier la longueur de la console de jeux numéro A-12. Une fois rassurée, elle sourit à ses hommes qui tombèrent immédiatement à quatre pattes, langue pendante, et remuant la queue, enfin, les oreilles. Susan Ivanova lança un appel vers le vaisseau inattendu. L'écran s'illumina presque immédiatement et un être bizarre apparut. De teint sombre, il avait une masse de cheveux impressionnante qui démarrait vers le milieu du crâne, derrière un front rempli d'arrêtes proéminentes. Des sourcils très noirs et fournis, une moustache du même modèle. Et des dents pointues derrière un rictus peu engageant.

"- Des Ferengis !" s'exclama un homme.

"- Mais non, un Klingon", répondit sa supérieure qui n'avait manqué aucune des séries Star Trek. "Que viennent-ils faire ?"

Elle bipa immédiatement le Capitaine Sheridan, lui faisant part de la situation. Celui-ci lui répondit qu'il était en conférence avec la Base Alpha et le Commandant Kœnig, et ne pouvait se dégager. Elle était assez grande pour régler ce problème.

"- Ici Babylon Control. Bonjour messieurs, que me vaut le plaisir de votre visite ?" demanda-t-elle aux arrivants.

"- Karburrh' Atheurr Kaputt. Bezz'Ouin Réparr'fissa. Hav'hév' Oumid'Ass pourch'Angépo ?

- Heu, nous n'avons pas bien compris, pouvez-vous répéter la question ?

- Stéf'anni MonaK' Ho ! Efissa Houjmeuh' Fach !"

Ivanova se brancha sur la Hot Line Berlitz et laissa les deux entités se dépatouiller avec ce problème hautement mystique. A peine avait-elle réglé cet incident, qu'elle reçut un appel de Garibaldi.

"- Commandant ! Venez vite ! Je crois que nous avons un problème sur les bras !"

* * * * *

Dix minutes plus tard, Susan Ivanova débarqua au Zocalo. Avisant le barman, elle lui demanda s'il avait vu le chef de la sécurité, celui-ci ne lui ayant pas dit où il fallait qu'elle se rende. Ayant eut une réponse négative, elle se tourna vers deux compères qui sirotaient non loin de là deux whiskies de Véga.

"- Excusez-moi de vous déranger, mais je cherche Monsieur Garibaldi, vous savez celui qui ressemble à Bruce Willis. Il m'a fait appeler.

- Nous l'attendons. Il devait venir prendre un pot, mais on ne l'a pas vu. Pas vrai, Danny ?

- Pour une fois, je suis d'accord avec ton altesse. Mais n'en prends pas l'habitude !

- Non, Danny, je ne suis pas fou ! Pour que tu sois d'accord avec moi plus souvent, il faudrait que tu fasse travailler ton cerveau et je doute que celui-ci sache encore comment on fait.

- Merci, Brett, surtout devant une dame ! Je savais bien que l'aristocratie régressait, mais à ce point ! Pour votre Bruce Willis, demandez à Sybil Sheperd, ils vont souvent rêver ensemble au Clair de Lune."

Laissant les deux compères à leurs considérations philosophico-mysogynes, Ivanova se dirigea vers l'aire de débarquement. Là, elle arriva dans un brouhaha indescriptible.

"- Merci d'être venue, Commandant, je crois que je vais devenir fou ! Voilà une heure que ces deux-là s'engueulent, et je n'en peux plus ! Ils prétendent tous deux venir pour mener une enquête, mais aucun d'entre eux n'est accrédité pas l'Alliance Terrestre."

Les personnages qui s'invectivaient copieusement avaient en effet l'air d'être tous deux sûrs de leur bon droit. Un troisième, en retrait, semblait mal à l'aise.

"- Mon ami, je vous dis que je suis ici pour mener enquête. En tant que sujet de Sa Majesté, j'exige du respect et interdis que l'on mette ma parole en doute !

- Sherlock Holmes ou pas Sherlock Holmes, je m'en contrefiche, mon petit père. Tu n'es qu'un amateur ! Même pas de la police officielle ! Moi, je suis commissaire ! De la police française ! Alors tu reprends ta pelle et ton seau et tu retournes sur ton tas de sable ! Cette enquête, c'est à moi qu'elle a été confiée, et c'est moi seul qui la mènerai ! Tu peux demander partout, on te dira que le commissaire Moulin n'a pas l'habitude de se laisser marcher sur les pieds !"

L'homme à la moustache rousse toussota :

"- Holmes, ne croyez-vous pas que nous devrions laisser tomber... Après tout, nous sommes bien loin de chez nous et je commence à avoir le mal du pays.

- C'est une question de principe ! Watson. J'ai été appelé ici pour un travail et je n'ai pas l'habitude de me déranger pour rien ! Et j'éliminerai tous ceux qui se mettrons en travers de ma route, comme ce petit bonhomme voûté à imperméable gris sale qui tentait de me prendre cette enquête.

- Celui qui avait un œil à demi-fermé ? Ah oui, comment vous l'avez renvoyé chez lui ! Bon, faites comme vous voulez, Holmes !"

Ivanova allait intervenir, lorsque apparut un petit homme vêtu d'une robe de bure noire, des sandales aux pieds. Il s'annonça :

"- Bonjour, mes amis, je m'appelle Cadfaël. Mon père supérieur m'a envoyé ici afin de démêler un difficile problème. Je dois m'adresser à Monsieur Gar... Garibaldi, m'a-t-il dit..."

Laissant son subordonné rugir, Ivanova s'empressa de mettre les pouces et de fuir loin de ce cauchemar. Elle bondit au Zocalo, prendre une lichette de Jus de Salsepareille, qu'apprécient tant ces petits hommes bleus que sont les Schtroumpfs. Elle s'assit à côté d'un homme à l'allure assez renfermée, bien que sympathique, portant une veste noire à bord blancs, et arborant un large badge rond représentant un bicycle avec un grand "6" rouge à l'intérieur. Elle lui dit bonjour et lui demanda si tout allait bien. Comme il lui répondait que oui, elle lui fit remarquer qu'il était le premier qu'elle rencontrait qui n'eut pas de problème. Il se leva brusquement et s'écria :

"- Le premier, non ! Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre !"

Et il partit sur un long éclat de rire, en sautant à pieds joints en criant "Houba, Hop !".

Se disant qu'elle n'avait décidément pas de chance, elle commanda son jus de Salsepareille à Guinan, qui remplaçait le barman habituel. A peine avait-elle trempé les lèvres dans la boisson, qu'elle se vit entourée d'un halo lumineux bleu clair. Elle se dit que c'était le jus, qu'elle se transformait en Schtroumpf. Puis elle vit un grand rectangle éblouissant s'ouvrir et un homme en costume fluo en sortir. Il s'adressa à elle :

"- Sam, Tu as encore sauté dans une femme. Pas mal, cette fois-ci tu t'es surpassé. Elle est mieux que Tina !"

Elle le gifla.

"- Je ne suis pas Sam, et personne ne m'a sautée, comme vous dites ! Et je vous prierais parler avec respect au commandant en second de cette station. Je suis le commandant Ivanova ! Et vous, qui êtes-vous ?

- Oh, Bravo ! J'ai compris, Ziggy me l'avait dit, comme Sam a sauté dans une série qui n'est pas la sienne, il n'est qu'un hôte inconscient des personnages de cette série, Zut ! Par Saint Bellisario, Ziggy, fais-le repartir ! Je sais que d'habitude, c'est pas toi qui diriges les opérations, mais comme de toute façon, on nage en plein délire, un peu plus, un peu moins..."

Ivanova ne s'aperçut qu'à peine du second halo qui l'entourait et de Sam qui la quittait. Elle finit son verre et rêvassa, se disant que la journée commençait à être fatigante. Son regard passa de façon neutre sur un chauve à lunettes noires qui, une sucette à la bouche, discutait avec un type grassouillet aux cheveux frisés. Puis elle crut remarquer une famille de cultivateurs, avec le père, la mère, et les deux filles, qui parlaient de leur petite maison dans la prairie. Elle ne s'attarda pas sur un jeune homme en tenue de cuir, avec une fronde au côté; pas plus que sur un groupe d'extraterrestres à tête de lézard en combinaison rouge. Elle pensait à ce charmant gentleman anglais qu'elle avait rencontré la veille. Comment s'appelait-il déjà ? Ah oui, Steed, John Steed ! Quelle classe il avait ! Un costume parfaitement coupé, comme disait un rabbin de ses amis, un chapeau melon de bonne coupe et des bottines en cuir à vous couper le souffle. Quel standing ! Elle en rêvait encore...

Elle s'arracha à sa rêverie et se dirigeait vers la sortie, quand elle eut une envie subite d'aller aux toilettes. Comme elle entrait, elle fut bousculée par un homme d'âge mur aux cheveux blancs qui tenta de passer devant elle. Elle le repoussa d'une bourrade et pénétra dans le petit local. Une fois sa petite affaire faite, elle déroula le papier et eut la stupéfaction d'entendre une voix s'adresser à elle :

"- Bonjour Monsieur Phelps. Il y a dans la station un fugitif, un homme accusé d'avoir assassiné sa femme. Nous savons qu'il est innocent, et que c'est un manchot qui a commis ce crime. Votre mission, si vous l'acceptez sera de protéger cet homme et de le faire parvenir sans encombre sur Earth II, une planète qui résiste encore et toujours à l'envahisseur. Comme toujours, si vous ou un membre de votre équipe était fait prisonnier, le département d'état nierait toute participation. Ce rouleau de papier hygiénique s'auto-détruira dans les dix secondes."

Elle n'eut que le temps d'en prendre une poignée, qu'une âcre fumée noire envahissait tout le secteur vert de la station, qui fut immédiatement renommé secteur noir à traînées vertes.

Elle sortit sous l'œil courroucé de l'homme aux cheveux blancs, et se rendit chez le commandant. Sheridan venait de terminer ses transactions avec la base Alpha et allait se connecter sur le VR5. Elle l'interrompit :

"- Excusez-moi, Commandant, mais je crois qu'on a un problème. Je viens d'être mise au courant de façon fortuite qu'il y a un fugitif innocent poursuivi dans la station. Il faudrait récupérer des renseignements supplémentaires. Savoir déjà qui le poursuit.

- Ça, je le sais ! J'ai été mis au courant par Kœnig, c'est la Sécurité Internationale qui le poursuit. Les Thunderbirds. Entre fils de Gerry Anderson, ils se soutiennent...

- Mais il paraît qu'il est innocent...

- Je sais, mais je crois qu'il vaut mieux les laisser se débrouiller seuls. D'ailleurs, j'ai une mission pour vous."

Il alla chercher deux hommes dans la pièce voisine. Deux cow-boys presque aussi bien sapés que ce Steed qui l'avait tant frappée. L'un était beau comme un dieu grec, l'autre avec un air malicieux qui forçait la sympathie.

"- Je vous présente James West et son collègue Artémus Gordon. Ils sont ici à la demande du gouvernement pour étudier les effets pervers de "Premiers Baisers" sur les aliens. Il seront secondés par le Docteur Who et le Commander Adama qui doivent arriver ce soir. Vous leur prêterez main-forte."

Ivanova sortit avec les deux hommes pour discuter des détails de l'opération.

En chemin, elle rencontra un technicien qui portait des lunettes noires. Celui-ci s'arrêta et la regarda intensément. Puis il sortit un carnet rouge de sa poche, le feuilleta et demanda à la russe :

"- Excusez-moi, je cherche un chien nommé Diffenbaker, c'est un chien esquimau… On m'a dit qu'il serait sur la station, et je cherche à retrouver un policier canadien qui se serait égaré par ici. Peut-être ce chien pourrait-il m'aider à le retrouver." demanda l'homme avec un petit sourire narquois, en regardant la jeune femme par dessus ses lunettes.

- Je ne sais pas ! J'ai autre chose à faire pour l'instant ! Mais… dites-moi, je ne vous ai jamais vu ! Comment vous appelez-vous ?

Moi, Jarod… Jarod Valen. Je suis technicien de maintenance… aujourd'hui."

Il aperçut quelqu'un derrière Ivanova, et tourna les talons à toute vitesse. Se retournant, elle vit une splendide femme brune, mince, avec une classe et un maintien presque royal. Elle sortit une arme et se précipita vers le technicien. Ivanova avait d'autres chats à fouetter, elle continua son chemin.

Pendant ce temps, Sheridan se renversa dans son fauteuil, puis se releva brusquement. Il tapota le dos de sa main et appela le docteur Franklin, pour lui demander de venir le rejoindre. Quelques minutes plus tard, ce dernier arrivait, accompagné d'une charmante jeune femme, au sourire en coin. Il la présenta comme étant le Docteur Quinn, en stage sur la station pour une durée de cinq semaines et demie. Ils étaient actuellement en train de soigner une escadrille qui avait eu des mots avec des ennemis plutôt désagréables. Ce groupe d'hommes, surnommé "Les Cartes Gagnantes" était salement amoché, et la chirurgie la plus pointue était requise. Le Dr Quinn en profitait pour se mettre au courant des dernières techniques. Elle avait été formée par le Docteur Peter Benton, qui travaillait dans un service d'Urgences, et qui lui avait enseigné tout ce qu'il avait pu, mais Franklin lui donnait un formation complémentaire des plus utiles.

Sheridan s'adressa à Franklin :

"- Docteur, nous avons plusieurs problèmes : Un fugitif, et une commission d'enquête sur les méfaits d'une série télé de 3827° catégorie. Ivanova s'en charge, mais j'aimerais que vous gardiez un œil discret sur ce qui se passe à cet égard. Quant au fugitif, aidez-le comme vous en avez déjà aidé tant d'autres. Je compte sur vous. Vous trouverez bien un moyen de l'aider à passer sur un autre monde.

- En fait, Commandant, il est déjà chez moi, en compagnie d'un certain Kwai Chang Caine, un as du Kung-Fu qui a eu des problèmes avec des hommes bizarres à tête de Serpent, qui se trouvent actuellement au Zocalo.

- Oui, je les connais, ce sont des envahisseurs. Un ami à moi, David Vincent les a vus !

- Non, il s'agit d'autres. Mais tant que ces deux hommes sont sous ma protection. Ils ne risquent rien.

- Je vous fais confiance. Encore merci."

Il appela ensuite Garibaldi qui venait enfin de se défaire des deux policiers, en les envoyant dans les rues de San Francisco, voir là-bas s'il y était. Il se dépêchait de quitter ce secteur sensible avec de voir débouler Mannix, Magnum, ou Navarro. Ravi d'avoir un prétexte pour fuir avec dignité, il rappliqua ventre à terre.

"- Au rapport, monsieur Garibaldi. Avez-vous eu des contacts avec les Thunderbirds ?

- Non, pas encore. Mais je crois que cela ne va pas tarder, j'ai déjà entendu la musique du générique.

- Dès que vous serez en rapport avec eux, essayez par tous les moyens de les retarder, sans éveiller les soupçons. Le fugitif qu'ils pourchassent est innocent, mais ils ne le croiront jamais, butés comme ils sont, ils ont la tête dure comme du bois !

- Bien ! A propos, j'ai un certain J.R. qui est en train de faire sauter la banque du Zocalo, la pauvre croupière Hélène a bien du mal à s'en défaire ! Elle est épuisée, je l'ai bien vu ! Vous verriez cela, tous ses garçons ont essayé de l'aider mais peine perdue ! Vous verriez ce qu'elle sue, Hélène !

- Il joue honnêtement ?

- Ça a l'air, Commandant.

- Bon, alors, nous ne pouvons rien faire. Et puis le Zocalo est privé. Ce n'est pas notre argent qui est en cause.

- Non, bien sûr. Ce que j'en disais, c'est s'il y avait une bagarre... Sans cela, je n'ai pas envie de me battre rien que pour l'Amour du Risque !

- Oui, je sais, vous n'aimez pas jouer les Robocop.

- Quant à Ivanova, ce serait plutôt Poigne de Fer et Séduction...

- Il y a de cela... Quant à la rixe, s'il y en avait, on aviserait ! En attendant, reprenez votre surveillance, et n'oubliez pas pour les Thunderbirds."

Garibaldi sortit et Sheridan songea que la tâche d'un commandant était bien lourde pour un homme seul. Il aurait bien aimé être fort comme Hulk et rapide comme Flash pour réussir à tout faire en temps et heure. Mais il n'était qu'un homme de peu. Qui ne valait certainement pas Trois Milliards. Il avait sa valeur, mais parfois il doutait être capable de tout mener de front. Il aurait bien aimé avoir une aide supérieure à celle qui lui fournissait Ivanova et Garibaldi, pourtant déjà extraordinaire de compétence et de gentillesse. Mais cela ne suffisait pas. Il avait besoin de quelqu'un, d'une nounou pas comme les autres, ou d'un ordinateur, ou de vacances, ou de... Il ne savait pas. Il rêvait d'un autre temps, d'un Age de Cristal, où le monde serait clair et pur. Mais c'était une utopie. Un rêve ! Il aurait aimé avoir une magicienne qui lui exaucerait tous ses désirs, ses rêves, une sorcière bien-aimée qui résoudrait tous ses problèmes. Mais il fallait faire avec. Et se contenter de régler les problèmes au jour le jour.

Il se résigna. Regardant l'heure, il vit que le marchand de sable était passé et que Nounours n'allait pas tarder à venir lui dire bonsoir. Il s'endormit et rêva qu'il partait sur les Routes du Paradis.

F I N

Cette ligne de programmation ne sert qu'a formaté proprement les lignes de textes lors d'un utilisation sous Mozilla Firefox. J'aimerais pouvoir m'en passer mais je ne sait pas comment, alors pour l'instant. Longue vie et prospèrité