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Alerte au printemps .

Alerte au printemps. En un instant, tout avait chaviré.
On aurait pu penser qu'une fois de temps en temps, Jim aurait droit à un peu de répit.
Des vacances exceptionnelles sur un coin de planète perdue, une journée sans explosion dans les moteurs, une heure sans dispute entre Spock et Bones …
Un voyage diplomatique sans accident.
Et la plupart du temps, il devait l'admettre, c'était le cas. Oh, tout n'était pas toujours simple, c'était la base de leur métier, et Jim était assez bien placé pour confirmer que parfois, tout tournerait à la catastrophe, mais la plupart du temps, les choses se dérouleraient relativement bien.
Et puis, parfois, ce n'était pas le cas.
Parfois, il fallait que sa physiologie se rappelle à lui.
Parfois, au lieu de le laisser vivre tranquillement – ou le plus tranquillement possible lorsqu'on était le capitaine du premier vaisseau de la Fédération – son corps déciderait de lui jouer une mauvaise blague.
Après tout ce temps, on aurait vraiment pu croire que Jim connaissait la liste de ses allergies par cœur.
Le problème était, qu'elle ne cessait jamais de s'agrandir.

* * * * *

-La vue est vraiment magnifique ! Vous avez raison, madame la présidente, c'est à couper le souffle !
Accoudé au balcon du palais présidentiel, Jim fixait l'immense champ multicolore leur faisant face, son expression avide. A coté de lui, Bones sourit, profitant de l'exceptionnel spectacle offert.
Les relations de Platoni IV avec la Fédération étaient toujours balbutiantes, mais une chose était certaine : les habitants de cette partie de la planète possédaient définitivement un don en jardinage. Sulu serait devenu fou, songea-t-il, amusé, l'image du timonier courant au milieu des fleurs armé de ses appareils s'imposant à lui. La passion du jeune homme pour la botanique était équivalente à la sienne pour la médecine, ou à celle de Spock pour la science au sens large. Un tel endroit devait être sa définition même du Paradis.
A leur gauche, Uhura contint son roulement de yeux amusé, en même temps qu'elle traduisait les paroles de Jim à la femme se tenant à leurs côtés. Les antennes bleues de celle-ci tressautèrent, avant qu'elle ne réponde par une série de clics et clacs, ses mains bougeant avec animation.
McCoy n'y comprenait rien, mais Nyota sourit, avant de se tourner vers Jim.
-Ces champs de fleurs ont été créés il y a notre équivalent de deux siècles, après la victoire de la République laïque. Le mélange de toutes ces couleurs symbolise les milliers d'âmes qui se sont battues pour la liberté.
Clic clic clac cliiiiiiiiiic claclaclac.
-Ces champs sont sacrés, mais tout le monde y a accès, pour planter de nouvelles fleurs, et les entretenir …
Clic clac clac clac clac clac.
-Chaque année, une cérémonie de plantation a lieu …
Clic clic claaaaaaaaaaac !
-Madame la présidente serait honorée de nous inviter au prochain évènement, en particulier s'il nous est possible d'amener nos propres fleurs, sourit la jeune femme.
-C'est Sulu qui va être ravi, commenta Jim, amusé. Il va vider son laboratoire.
-Doux Seigneur, grogna McCoy. Les pauvres, ils ne vont rien comprendre.
-Pouvez-vous lui dire que nous acceptons son invitation avec plaisir, et que nous proposons de faire venir notre spécialiste en botanique inter-planétaire ?
La série de clac clac clic clac presque hystérique qui leur répondit n'avait pas besoin de traduction, mais Nyota la leur fournit tout de même, son expression entièrement professionnelle alors qu'elle parlait.
-Le plaisir sera immense, et l'honneur entièrement pour nous. Accepteriez-vous de discuter de ce prochain voyage autour d'un repas ?
Bones contint un grognement devant le regard que la présidente lança à Jim pendant la traduction.
Damnit.
Et une de plus, Jim.
Les yeux rivés sur le champ de fleurs, il sourit en sentant un vent chaud se lever, l'odeur du pollen envahissant ses narines.
Pollen.
Jim était allergique au pollen terrien.
Jim.
-Jim ! hurla-t-il en voyant celui-ci commencer à tousser violemment, sa main posée sur sa gorge. Damnit, Jim !
-Capitaine !
-Cliiiiiiiiiiic clac clac clac !
En quelques instants, le visage du jeune homme était devenu rouge, une humidité soudaine envahissant ses yeux alors qu'il toussait, penché en avant.
-Jim ! Fuck ! A l'intérieur ! Nyota, de l'aide !
Sans attendre davantage, il saisit le blond par le bras, le tirant le plus vite à l'intérieur du bâtiment. La jeune femme l'imita, et à eux deux, ils parvinrent à entrainer le capitaine vers le bureau de la présidente, qui les suivit, clairement paniquée.
-Jim ! Jim, tu m'entends ? Répond, gamin, pesta le médecin en l'aidant à s'asseoir sur le sol, avant de le scanner rapidement avec son tricordeur. Merde ! Nyota, PLS, il faut que je lui fasse une injection.
-Allergie au pollen ? devina celle-ci en plaçant avec rapidité Jim en position. Reste avec nous, abruti, tu avais réussi à te faire pousser un cerveau, il était beau à voir !
-B.. Bones.. Bones..
-Je suis là, je suis là, gamin, murmura gentiment le docteur en caressant son front, sa seringue dans la main. Prêt ?
-Je .. aaaaaaaaaaaie !
-Douillette, commenta le docteur, faisant sourire malgré elle Nyota.
-Je te .. je.. Les yeux du blond s'écarquillèrent, avant qu'il ne commence à tousser de nouveau. Bones !
-Tout va bien, Jim, c'est normal, c'est le produit qui agit, répondit celui-ci en le fixant avec attention, inquiet. Il va calmer ton rythme cardiaque.
-Ce n'est pas.. je .. Je ne crois pas qu'il.. mon cœur …
De rouge, son visage était passé à blanc, son souffle accélérant encore davantage alors qu'il luttait pour respirer.
Quelque chose n'allait pas.
Bones avait manqué quelque chose.
Un élément, un détail …
-Mon cœur.. trop..
-Il bat trop vite ? comprit Nyota.
-Trop.. Je…
-Jim. Respire. Lentement. Doucement. Rappelle-toi ton entrainement, ordonna le médecin. Regarde-moi. Regarde-moi, gamin, je suis là, je suis là, répéta-t-il, sa voix calme malgré sa panique interne.
Jim lâcha un long râle, mais réussit à le fixer, ses yeux bleus humides rivés dans les siens.
Bones sentit son ventre se crisper.
Tant de confiance dans les yeux du blond.
Jim lui avait toujours fait confiance, depuis le départ.
Jim ne faisait confiance à aucun autre médecin, pour une excellente raison.
McCoy était le seul à connaitre son dossier médical par cœur.
Combien de fois lui avait-il sauvé la vie ?
Il l'avait même ramené parmi les vivants.
Ce n'était pas une foutue allergie qui allait le vaincre.
Jim avait l'habitude de flirter avec la mort, depuis sa plus tendre enfance.
Hé, même depuis sa naissance !
Il était terrifié, mais se battrait.
Que lui manquait-il ? Un élément, un détail, une comparaison..
Une comparaison.
-Jim ! Centauri IV ou Plutorif ?
Le blond respira brutalement.
-Plutorjf, grogna-t-il avec difficulté, avant d'éternuer violemment.
McCoy contint une série de jurons.
Une des pires crises au pollen du capitaine, voilà quelques mois.
-Oppression thoracique, rhinite allergique, asthme, toux.. Merde.. Et si le produit n'est pas compatible avec ce pollen ? Merde, siffla-t-il alors que le trio le fixait, paniqué.
-Bones !
-Léonard ! Est-ce que vous avez provoqué une contre-indication ?
-Calmer le rythme cardiaque, baisser la pression artérielle, déboucher les poumons, murmura automatiquement le médecin en ouvrant sa sacoche. Nyota, j'ai besoin que vous l'aidiez à s'asseoir, ordonna-t-il en le scannant de nouveau avec son tricordeur. C'est ça .. Ah, tu m'en auras fait voir, grogna-t-il, en sortant une nouvelle seringue, s'attirant un regard rouge indigné.
-Parce que c'est m… ma..f..au..
-Gardez votre souffle, ordonna Nyota.
Concentrée et professionnelle, comme toujours.
McCoy l'avait toujours aimée.
Plusieurs injections et secondes angoissées plus tard, le capitaine ferma les yeux, se laissant tomber en arrière contre le mur.
-Rythme cardiaque revenu à la normale, pression élevée mais sans danger, poumons en cours de nettoyage, murmura le docteur après l'avoir scanné. Tu es tiré d'affaire, gamin.
-Génial .. Oh, merde, grogna le blond en se passant la main sur le visage. La vache … Plus jamais.. Uhura ?
-Capitaine ?
-Pouvez-vous expliquer à cette pauvre présidente, avec toute la délicatesse dont vous êtes intrinsèquement capable, que malgré ma très grande appréciation pour l'hospitalité dont elle et son peuple ont fait part, je ne pourrai assister à la prochaine célébration des fleurs ? Je laisse ma place à tout volontaire, marmonna Jim.
Un rire échappa à la jeune femme, alors que McCoy roulait des yeux, sa main posée sur son front.
-Mère poule, grogna le blond en le repoussant. Je vais bien, Bones.
-Bien, bien ?! Tu as manqué mourir ! Tu vas voir si tu vas bien ! Une batterie de tests médicaux sur l'Entreprise, que tu vas me faire ! Et sans râler !
Jim soupira, fermant les yeux.
Un voyage si agréable.
Une soirée brillante à venir.
Ne pouvait-il donc profiter de la vie comme tout le monde ?
Fichues allergies !

F I N

Cette ligne de programmation ne sert qu'a formaté proprement les lignes de textes lors d'un utilisation sous Mozilla Firefox. J'aimerais pouvoir m'en passer mais je ne sait pas comment, alors pour l'instant. Longue vie et prospèrité