Pigritia chronica acutata : Qu’est ça-ko ?
Une pathologie que je traîne depuis ma plus grande enfance, mais qui certains jours se révèle sous forme de crise aiguë.
Comme ce WK, ce qui explique le retard dans le bulletin du mois
Si vous voulez en savoir plus sur cette affection qui touche une majorité de la population humaine, principalement les hommes, allez à la conclusion du bulletin.
Pigritia chronica acutata est une affection de l’âme et du corps, caractérisée par une répugnance persistante à l’effort, accompagnée de crises soudaines d’inaction absolue, même en présence d’obligations pressantes.
Elle touche principalement les sujets doués d’intelligence, chez qui l’esprit, trop prompt à concevoir la tâche, se refuse à l’accomplir.
Selon les Anciens écrits, la maladie provient :
- D’un déséquilibre de la bile noire, alourdissant la volonté
- D’un excès de phlegme, refroidissant l’ardeur
- D’une contemplation excessive de l’inutilité des choses humaines.
- D’un contact prolongé avec le lit, la chaise ou le divan.
Les signes les plus fréquents sont la Procrastinatio perpetua, la Fatigatio ante laborem, le Meditatio sine actione, le Desiderium quiescendi et l’Accessus acuti.
Le diagnostic est posé lorsque : le patient sait parfaitement ce qu’il doit faire, en reconnaît l’urgence, et ne fait néanmoins rien.
La maladie doit être distinguée de la simple paresse par la présence d’un raisonnement sophistiqué justifiant l’inaction.
La forme chronique est rarement mortelle, mais toujours durable.
Les rémissions sont souvent illusoires.
L’évolution est aggravée par les jours de pluie, les lundis et toute tâche administrative.
Traitement
- Une marche lente mais résolue (rarement appliquée)
- Des bains tièdes prolongés (abusivement suivis)
- La lecture de textes moralisateurs (inefficace)
- Une contrainte extérieure (Patron, épouse)
Philémon d’Abdère
Médecin grec de l’époque hellénistique, contemporain tardif des écoles hippocratiques, Philémon d’Abdère exerça entre Abdère, Cos et Pergame. Il est traditionnellement classé parmi les iatroi melancholikoi, médecins s’intéressant aux troubles du comportement, de la volonté et de l’âme rationnelle.
Œuvre principale : Perì apraxías tês psychês (De l’inaction de l’âme). Ouvrage en sept tomes, connu uniquement par des citations tardives (Galénistes, commentateurs byzantins, et un moine extrêmement fatigué au Xe siècle).
Le troisième tome décrit en détails pour la première fois la maladie
Il y soutient notamment qu’il existe des maladies où le corps est capable, mais où l’âme refuse d’ordonner. Le malade comprend tout, mais ne fait rien.
Jugé trop ironique pour être canonisé par l’école de Cos, apprécié des stoïciens, détesté des moralistes
Ses œuvres originellement en grec furent latinisées au moyen-âge sous le nom : Philemon Abderitanus, medicus pigritudinum
Citation apocryphe
Un homme savait qu’il devait se lever.
Il savait pourquoi.
Il savait quand.
Et il resta couché.