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STAR TREK LE DOSSIER
( PETIT VADEMECUM DE LA CARAVANE DES ETOILES )
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STAR TREK LE DOSSIER.

STAR TREK, CE SONT AUSSI DES ROMANS

Chacun connaît la série et les films. Les romans aussi ont des millions d’amateurs. En France, ils restent à découvrir. Et ils méritent le voyage
- Des romans originaux, non des adaptations.
- Souvent écrits par des grands de la S-F: James Bliah, Greg Bear, Vonda Mclntyre, David Gerrold...
- Ils reprennent tous les thèmes explorés par la S-F et forment une anthologie de la créativité du genre.
- Ils sont fidèles à l’univers de Gene Roddenberry.

STAR TREK, C’EST AVANT TOUT UN UNIVERS

On ne présente pas l’Entreprise, cet astronef lancé dans l’inconnu pour explorer la Galaxie, ni le capitaine Kirk, le docteur McCoy et encore moins M. Spock. Tous ces personnages, affrontant des civilisations extraordinaires, donnent une dimension mythique à des idées que nous connaissons bien:
- Respecter les autres, même très agressifs ou très différents. Cultiver la non-violence, la non-ingérence, la tolérance. Contribuer à la paix dans l’univers.
- Utiliser toutes les ressources de la science au service de la compassion.
- Aimer la vie, la liberté, la singularité de chacun. Ne pas chercher à sauver le monde, mais donner ce qu’on peut.
- Mettre l’impossible à la portée de tous. Préparer un avenir où la réalité rejoindra le rêve.

STAR TREK, C’EST PLUS QUE JAMAIS L’AVENIR.

La série TV va recommencer avec La Nouvelle Génération, un septième film est annoncé.
Et l’Entreprise est en route pour une nouvelle mission. Après vingt-cinq ans de voyages, il entre au Fleuve Noir, pionnier de la S-F en France. Comme le dit M. Spock : « Quoi de plus logique, Jim ? »

LES DIX COMMANDEMENTS DE L’AMATEUR DE STAR TREK

1. VIVE L’AVENTURE !

Nous sommes au XXIII siècle. Une découverte récente permet aux astronefs de sillonner la Galaxie.
Reste à l’explorer avec tous les moyens qu’on pourra dégager. C’est le role de l’Entreprise, un vaisseau de Starfleet lancé dans l’inconnu.
Explorer, c’est découvrir, comme Christophe Colomb; c’est aussi rencontrer - comme les chevaliers errants rencontraient des châteaux enchantés sur leur chemin. Ou comme les caravanes des pionniers, sur la routé du Far West, rencontraient des tribus indiennes variées.
L’équipage de l’Entreprise, voyageant aux confins de l’impossible, chemine de planète en planète, de surprise en surprise, rencontrant tous les cas que le cerveau humain est capable d’imaginer. Sa course folle s’arrêtera quand tous les cas seront rencontrés. C’est-à-dire jamais.

2. VIVE LA NON-VIOLENCE !

Dans les westerns, il y a des bons et des méchants. Dans Star Trek, ce canevas classique est loin de se retrouver dans tous les épisodes. Comment réussir une série d’aventures dont la violence n’est ni le moteur, ni la toile de fond ? Tel est le défi que Gene Roddenberry s’est jeté à lui-même - et qu’il a brillamment relevé. Dans cette série, le suspense, la tension, l’intensité dramatique ne manquent jamais; les fuseurs, pourtant, sont presque toujours réglés sur anesthésie ».
Cette idée de génie, son créateur la résume en quelques phrases :
- « Le monde est violent et malheureux. Il est ridicule de le contempler tel qu’il est. C’est ce que les jeunes tentent de dire depuis plus d’une dizaine d’années, et c’est ce que représente Star Trek... Le public apprécie une émission qui dit que les catholiques, les musulmans, les Noirs et les Blancs vont finir par s’aimer. Il apprécie encore plus qu’on lui montre que nos descendants, lorsqu’ils voyageront dans l’espace, apprendront à aimer des êtres qui ressembleront peut-être â des limaces géantes. »

3. VIVE LA NON-INGERENCE !

La fonction de l’Entreprise est d’explorer, non de se battre. La Prime Directive de non-ingérence prévient toute dérive de type colonialiste. Il s’agit de découvrir et de connaître, jamais de conquérir. Bien que dotée d’ennemis puissants - les redoutables empires Klingon et Romulien -, la Fédération vit dans une sorte de « paix armée » qu’elle tient par-dessus tout à préserver. Les officiers de Starfleet ne sont pas des guerriers ; ils cherchent constamment à éviter la violence. De telles prémisses, imposées dès l’origine par Gene Roddenberry, humaniste convaincu, excluent le « western galactique » de plus où les Indiens auraient été remplacés par de petits hommes verts ou des araignées géantes.
On retrouve là toute la grandeur et les ambiguïtés de la gauche » américaine des années 60, éprise de liberté et de justice et pourtant enlisée dans la guerre du Viêt-nam. Des épisodes comme Guerre et Magie ou Nous le Peuple - laborieuses justifications de l’intervention US -‘ s’opposent au Mines de Horta, ou Arena - véritables appels à la paix et à la tolérance. Il y a là une surprenante mise en image du périlleux exercice de « double pensée » auquel ces hommes et ces femmes furent en permanence contraints de se livrer. Quatre ans après la chute du mur de Berlin, c’est tout un trésor de fantasmatique politique que nous offrent les épisodes de la série.

4. VIVE LA VIE !

Le XXIII siècle de Star Trek n’est pas un paradis où règne la béatitude; on y connaît les conflits, la haine et la peur. Mais chaque crise trouve une solution permettant d’avancer un peu plus vers la paix et l’ouverture d’esprit. Un épisode comme Les Mines de Horta en est l’illustration:
Appelés au secours par les membres d’une exploitation minière installée sur une planète apparemment déserte, Kirk, Spock et McCoy apprennent qu’un « monstre » rôde dans les galeries, tuant sauvagement les mineurs. Lorsqu’ils parviennent enfin à le blesser puis à le piéger, Kirk et Spock découvrent à leur grande honte que le « monstre » est en fait une mère protégeant ses oeufs, que les mineurs détruisaient par centaines (car le Horta est une forme de vie intelligente basée sur la silice, et ses oeufs ressemblent à d’étranges boules métalliques). Le docteur McCoy est alors appelé à la rescousse pour soigner le Horta, et panse sa blessure avec du... ciment. Désormais, les petits Hortas pourront naître, et ils aideront même les mineurs en creusant des galeries pour eux: c’est en effet ainsi que ces créatures se nourrissent!

5. VIVE LA SCIENCE !

A l’intérieur de l’Entreprise, tous les décors évoquent la haute technologie. Tout l’équipage est ultra qualifié. Cependant, le XXIII siècle de Star Trek est un monde où science et conscience sont enfin réconciliées. Le docteur McCoy en est la meilleure illustration: malgré son mauvais caractère congénital, et sa saine méfiance de tout le fourbi technique qui lui «  empoisonne » la vie, le médecin n’hésite jamais à recourir aux méthodes les plus sophistiquées pour venir en aide à ses patients. Il possède aussi, même s’il emploie toute sa coquetterie à les dissimuler, de solides aptitudes de chercheur (il faudrait l’équivalent du Bottin pour recenser les virus et autre amibes auxquels il tord le cou). Même si McCoy aime à jouer les Candide face à la rationalité de Spock, c’est un homme de son temps qui ne peut s’empêcher de frémir lorsqu’il est confronté à ce qu’il appelle la « médecine de brousse ». Mais il n’a pas pour autant abdiqué sa compassion.

6. VIVE LA TOLERANCE !

Dans l’équipage de l’Entreprise se trouvent Spock, le fils d’un Vulcain et d’une Terrienne, Nyota Uhura, une Noire d’ascendance bantoue, Pavel Chekov, un russe (en 1966), et Hikaru Sulu, un Asiatique. Star Trek décrit un monde d’où le racisme et la xénophobie sont exclus: un univers bien trop vaste pour que l’on y ait encore l’esprit de clocher... Au Fleuve Noir, Corona, de Greg Bear, développe ce thème de manière frappante.
Avec le racisme est balayé le sexisme: les femmes sont en tous points, dans la Fédération des Planètes Unies, les égales des hommes (ce qui n’exclut pas les minijupes, tout au contraire). Tout se résume dans le personnage de Nyota Uhura, qui est à la fois une femme et une Noire.
Bien entendu, cette position, au XXIII siècle, n’est pas encore partagée par toutes les espèces vivantes de la Galaxie. Il y a encore des planètes attardées. Il y a même des extraterrestres très évolués qui croient toujours à la guerre, tels les Klingon et les Romuliens. Le râle de l’Entreprise est d’abord de les accepter tels qu’ils sont.
Plus tard, dans La Nouvelle Génération, les terribles Klingons ont rejoint la Fédération, et l’un d’entre eux sert à bord de l’Entreprise avec le grade de chef de la sécurité ! Les films, dotés de plus de moyens, sont l’occasion de voir toute une galerie d’extraterrestres occuper les postes les plus divers à bord de l’Entreprise.

7. VIVE LA LIBERTE !

Les quatre cent trente membres de l’équipage sont embarqués ensemble: à bord de l’Entreprise, il n’y a pas de place pour les conflits intérieurs - sauf ceux, mineurs, qui peuvent naître au cours d’une action où tout le monde est engagé. Les conflits majeurs sont toujours dus à un accident, à un truquage ou à une manoeuvre ennemie; ils sont résolus â la fin de l’épisode ou du roman.
Pour survivre dans l’espace, la solidarité est la première règle à respecter. De nombreux épisodes démontrent que les, hommes et les femmes de Starfleet sont prêts à se sacrifier pour le bien de la « communauté ».
Mais les membres de l’équipage ne sont pas seulement solidaires par fonction: ils jouent ensemble une même aventure (une même « entreprise »), tout comme des joueurs de jeux de rôle. Pour eux, le jeu n’est pas un duel ; c’est le creuset où une communauté s’élabore dans le respect de la liberté de chacun.

8. VIVE L’HUMANITE !

Sept officiers se partagent les responsabilités à bord de 1 Entreprise. Chacun a sa fonction et sa personnalité, mais la légende de Star Trek repose sur la relation des trois figures dominantes : Kirk, Spock et McCoy. Liés par une amitié indéfectible, les deux Terriens et le Vulcain présentent une parfaite complémentarité. Jim Kirk, impulsif et toujours prêt à courir les risques les plus fous; Spock, entièrement dévoué à la logique, éternel élément « modérateur », pourtant plus accessible aux sentiments qu’il ne le prétend; Leonard McCoy, vieux « gentleman du Sud », bougon et persifleur, proche par bien des côtés de l’homme du XXe siècle, dont il pourrait passer pour le porte-parole...
Ce « triumvirat », selon le terme en usage aux Etats-Unis, est à l’origine d’un phénomène assez unique dans l’histoire de la fiction: une identification « tripartite » dont chaque pôle incarne une des tendances profondes de l’être humain. Sans aller jusqu’à suivre certains psychanalystes qui voient en ces personnages l’incarnation des trois instances du « je » (le « sur-moi », le « moi » et le « ça » - le Vulcain « logique », le capitaine « aux commandes », et le médecin représentant du corps), il est raisonnable de penser qu’une bonne part de la magie de la série tient à cette mise en scène distanciée de nos conflits intérieurs. Il y a dans Star Trek, quoi qu’on ait pu en dire, une richesse humaine que le public a sentie.

9. VIVE LA GENEROSITE !

Elles étaient certes brouillonnes, et à l’occasion agaçantes, ces « sixties » où Star Trek a pris naissance. Cependant, que de bijoux dans ce foisonnement, que de véritable générosité dans ces engagements parfois hâtifs, mais presque toujours sincères ! Il est clair que l’homme des années 90 se croit autorisé â sourire des certitudes de ces temps préhistoriques; mais ne ferait-il pas mieux de s’interroger sur la valeur pratique de ses doutes et de son cynisme? Si. les jeunes, aujourd’hui, se passionnent tant pour une série de science-fiction qui pourrait leur paraître « ringarde », n’est-ce pas signe qu’il leur manque - qu’il nous manque à tous quelque chose? Aucune oeuvre d’imagination – fût-elle mille fois supérieure à Star Trek - n’est apte à sauver le monde. Mais certaines, plus modestement, peuvent aider à. le construire...

10. VIVE LA REALITE !

Bien entendu, si une modeste série télévisée se piquait d’assener vérités profondes et conflits éternels à flots continus, son sort serait vite scellé et l’on entendrait, dans les chaumières, le ronflement régulier des téléspectateurs assoupis ( ou plutôt, de nos jours, le cliquètement frénétique des télécommandes). Star Trek, par bonheur, est avant tout le domaine de l’imaginaire, de l’humour, de l’émotion, de l’impossible mis â la portée de tous pendant 45 minutes de véritable évasion. Que l’on puisse, comme Gene Roddenberry le souhaitait, en retirer en sus matière à réflexion, à thèses universitaires, ou à extrapolation scientifique, explique seulement pourquoi cette passion, contractée dès l’enfance ou l’adolescence, ne disparaît pas avec l’âge. Comme si, pour échapper aux horreurs de la vie, l’enfant et l’homme avaient tous deux besoin d’un royaume où la réalité rejoint le rêve.

HISTOIRE D’UNE LEGENDE

LE CREATEUR GENE RODDENBERRY (1921-1991)

- « Je croyais avoir créé une série dont quelques personnes se souviendraient. Je trouvais agréable l’idée que, des années plus tard, on m’arrêterait dans la rue en me disant, « Hé, j’ai vu votre truc, Star Trek, et j’ai bien aimé .... J’aurais trouvé ça agréable... »

Gene Roddenberry

Philosophe, visionnaire, on a dit beaucoup de choses sur Gene Roddenberry. Cet homme avait des idées peu communes, et pourtant si universelles qu’il réussit à créer la plus belle légende de ce temps, Star Trek, sans se douter de ce qu’il mettait en route.
Dès son plus jeune âge, il se passionne pour les récits de science-fiction des « pulp magazines ». Ses études de droit sont interrompues par la Seconde Guerre mondiale. Il se porte aussitôt volontaire dans l’armée de l’air, où il devient pilote de B-17.
Après la guerre, il exerce la profession de pilote de ligne jusqu en 1949, où il décide de partir pour Los Angeles pour être scénariste. Mais le créateur en herbe doit nourrir sa famille. Il s’engage dans la police de Los Angeles. Il patrouille le jour et écrit la nuit.
Enfin, le métier qu’il s’est choisi commence à lui rapporter assez d’argent pour qu’il puisse rendre sa plaque de police. Il travaille pour Dragnet et Highway Patrol et pour des émissions prestigieuses comme Jane Wyman Presents. C’est avec la série Have Gun, Will Travel qu’il commence à jouir d’une sérieuse réputation.
Mais il souhaite aller encore plus loin, créer son propre univers. On lui laisse une première chance avec The Lieutenant (avec Gary Lockwood et Robert Vaughn), une série policière qui ne durera qu’une saison (1963-64).
Il se sent frustré par la censure. Il désire parler des problèmes de son temps, mais la télévision reste timide sur ces sujets. C’est alors qu’il a une idée pourquoi ne pas utiliser la science-fiction pour évoquer son époque ? En 1964, il propose aux studios Desilu (avant leur rachat par Paramount) de produire un pilote sous le titre Star Trek.
A partir de cet instant, sa vie est constamment associée à Star Trek. Il tentera de s’en démarquer avec des films comme Si tu crois fillette... (Pretty Maids All in a Row, de Roger Vadim) et l’écriture de pilotes de séries comme Questor Tapes, The Spectre, ou encore Genesis II. En vain. « Le Grand Oiseau de la Galaxie », comme on le surnomme, est marqué par sa création pour le reste de sa carrière.
Il s’éteint en pleine gloire le 24 octobre 1991, vingt-cinq ans après l’avènement de sa création. Les Américains veulent lui rendre un dernier hommage en envoyant ses cendres en orbite, mais le coût de l’opération se révèle trop élevé.
Gene Roddenberry laisse derrière lui un univers complet, aux personnages riches et humains, qui a enchanté des millions de personnes dans le monde. Un legs dont hériteront les générations à venir, qui rêveront sans nul doute d’un monde meilleur.

LA NAISSANCE

C’est en 1964 que Gene Roddenberry a l’idée d’une nouvelle série télévisée. Jusqu’à présent, l’incursion de la S-F sur le petit écran s’est limitée à des anthologies comme La Quatrième Dimension et Au-Delà du Réel. Roddenberry, lui, se propose de narrer toutes les semaines les aventures d’un groupe d’explorateurs.
Un pilote, La Cage, est présenté aux responsables de la chaîne NBC. L’équipage de l’Entreprise, composé du capitaine Pike (Jeffrey Hunter), de son officier en second féminin (Majel Barrett) et de Spock (Leonard Nimoy), doit affronter les Talosiens, qui entendent créer un « zoo galactique ».
NBC refuse le pilote: « trop intellectuel ». Mais elle s’intéresse au programme: décision unique dans l’histoire de la télévision, elle commande un second pilote !
- Il y avait deux exigences, racontait Gene. Se débarrasser de la femme, parce que personne ne croirait jamais qu’elle soit capable de commander un vaisseau spatial et, surtout, « virer le type aux oreilles pointues, parce qu’aucun spectateur ne s’identifierait à un extraterrestre. Je ne pourrais pas gagner sur les deux fronts. Aussi, je me suis battu pour garder Spock et j’ai épousé Majel Barrett, parce qu’il m’aurait été difficile de faire le contraire !
L’histoire prouvera plus tard qu’il a raison: Spock devient le personnage le plus populaire de la série !
Gene propose donc Where No Man Ha: Gone Before (Où l’Homme Dépasse l’Homme), plus proche des goûts de NBC. Jeffrey Hunter est remplacé par William Shatner. Les dirigeants de la chaîne sont enthousiasmés. Ironiquement, ils oublient la morale « intellectuelle » du pilote (Le pouvoir absolu corrompt absolument), tant ils sont passionnés par le duel final dans la poussière. Il suffit parfois de bien emballer les choses...

PREMIER CONTACT

Le 8 septembre 1966, le public américain découvre le premier épisode de Star Trek: Ils Etaient des Millions, où une créature vampirique tente de tuer les membres de l’équipage de l’Entreprise.
A travers des récits de science-fiction originaux, la série traite de problèmes contemporains comme la guerre froide.
- L’évolution de Star Trek est parallèle aux changements de l’attitude humaine, confiait Gene. Jusqu’à l’époque Reagan, les Russes étaient l’ennemi juré - l’empire du « mal ». De nos fours, ces préjugés s’estompent. Dans Star Trek, nous avons suggéré que ce changement était possible. C’était un thème constant de la série, qu on retrouvait surtout avec les Klingons.
La première saison de Star Trek présente l’univers: les Klingons, ennemis jurés de la Fédération, les Romuliens, cousins éloignés des Vulcains (l’espèce de M. Spock).
La série recueille les suffrages des écrivains de science-fiction. Certains décident même d’écrire des scénarios pour Star Trek, comme Harlan Ellison, Fredric Brown, Richard Matheson, Theodore Sturgeon ou Norman Spinrad. Mais les taux d’écoute ne montent pas. Star Trek échappe de justesse à l’annulation et reprend sa diffusion pour une deuxième saison.
Détail piquant, le journal soviétique La Pravda critique la série: les Américains capitalistes ont « oublié » de mentionner que les Soviétiques étaient les pionniers de l’espace ! Gene Roddenberry répare aussitôt son oubli en créant le personnage de Pavel Chekov (Walter Koenig), certes un peu caricatural, mais véritable baume sur le coeur de la grande patrie du socialisme.
C’est dans la deuxième saison qu’on trouve la majeure partie des « grands classiques » de la série: Le Mal du pays, Un Tour à Babel, Tribulations.
Pourtant, la popularité de Star Trek reste insuffisante. NBC décide d’annuler le programme.
Tout aurait pu s’arrêter là sans l’initiative d’une jeune femme, Bjo Trimble, qui organise une campagne de lettres. Le courrier se déverse à flots dans les bottes aux lettres des studios, les coups de fil font exploser les standards et certains fans vont coller des autocollants « I love Star Trek » sur les pare-chocs des voitures des responsables de la NBC.
Fait sans précédent, la chaîne reçoit plus de 500 000 lettres et annonce que Star Trek reprend à la rentrée suivante. Le président de NBC apparaît même en direct pour supplier le public de ne plus écrire. Bien entendu, gratitude oblige, les fans envoient plus de 5 000 lettres de remerciements !
Le Cerveau de Spock inaugure la troisième saison de la série, et c’est assez consternant. NBC a confié les rênes de Star Trek à un nouveau producteur, Fred Freiberger, surnommé « le fossoyeur des séries » et, pour couronner le tout, le programme est diffusé le vendredi soir à une heure tardive. Une stratégie de la chaîne pour se débarrasser de la série ? Il reste tout de même quelques excellents épisodes comme Le Traître ou Le Passé. Star Trek est à l’origine d’un grand pas de la télévision américaine: le premier baiser inter-racial ! Cette image qui choqua plus d’un Américain vient de l’épisode La Descendance, où Kirk et Uhura sont contraints de s’embrasser.
- Quelque temps auparavant, se souvient Nichelle Nichols, j’avais rencontré Martin Luther King. Je lui avais confié mon intention de quitter la série, et il me l’avait déconseillé en disant: « Nichelle, ce que tu as fait à la télévision, on ne peut plus revenir en arrière pour l’effacer. » Et il avait raison !
Mais, en dépit de tous les efforts des amateurs et de nominations régulières aux Emmy Awards, la série s’arrête le 3 juin 1969, avec le soixante-dix-neuvième épisode, L’Important. Pas assez rentable.
Le 20 juillet 1969, Apollo 11 alunit en direct à la télévision!
Est-ce la fin de la science-fiction, chantre d’un avenir menacé de banalisation à l’heure où l’exploration de Mars, étape suivante et logique de la conquête de l’espace, semble pour demain ?

GENESE D’UN MYTHE

Pourtant l’histoire de Star Trek ne s’arrête pas là. Paramount propose la série en rediffusion quotidienne sur les chaînes privées régionales américaines. C’est alors que l’impossible arrive: Star Trek devient vite un succès populaire !
Tout vient de la syndication, ce phénomène typiquement US qui permet à un programme éjecté des grands networks de connaître une seconde chance sur les myriades de chaînes locales. En Europe, toute production ne rencontrant pas un succès immédiat est condamnée aux oubliettes; là-bas, il est possible de redécouvrir, de savourer différemment, de s’approprier peu à peu les choses nouvelles.
C’est la syndication qui a ouvert la voie à enthousiasme des « fans ». Certains s’intéressent aux acteurs, d’autres à la technologie, d’autres encore aux résonances sociales ou psychanalytiques des scénarios. Tous croient avec Roddenberry que « L’aventure humaine ne fait que commencer. »
On commet très souvent l’erreur de penser que les fans de Star Trek (« trekkies » ou « trekkers ») sont des adolescents boutonneux fuyant la réalité. En fait on en trouve dans toutes les tranches d’âge et classes sociales de la population. Astronautes, physiciens et professeurs côtoient étudiants, femmes de ménage et retraités. C’est ce qui fait la force de la série !
Gene Roddenberry commence à recevoir des flots de lettres et d’appels téléphoniques venus de partout.
Le 21 janvier 1972, à New York, se déroule la première convention consacrée à la série télévisée. Elle devient un événement annuel bientôt imité un peu partout aux Etats-Unis.
Les acteurs, surtout William Shatner et Leonard Nimoy, font l’objet d’un véritable culte de la personnalité. Encore plus fort, les fans de Star Trek organisent une pétition pour que la première navette spatiale soit baptisée Entreprise. Ils obtiennent gain cause même si, ironie suprême, l’Entreprise ne sera jamais envoyée dans l’espace.
Car les amateurs ne vivent pas leur passion mollement étendus sur un canapé, devant leur télévision. Ils créent, ils écrivent, ils compilent, ils extrapolent, jusqu’à apporter leurs propres contributions à la mythologie de Star Trek. Certains publient des fanzines (revues amateurs), d’autres écrivent des romans et font carrière: Sondra Marshak et Myrna Culbreath, J.M. Dillard, Garfleld Reeves-Stevens...
L’édition prend alors le relais du petit écran. Chez Bantam paraissent les adaptations des épisodes (signées par James Blish), puis des romans originaux et des recueils de nouvelles (The New Voyages, une anthologie compilée par Sondra Marshak et Myrna Culbreath, coauteurs d’ouvrages remarquables.) Le succès est immédiat, important et durable...
Durable, voici la notion essentielle ! En des temps où les modes tourbillonnent, un programme télévisé, souvent bricolé avec les moyens du bord, refuse de sombrer dans l’oubli. Chacun sait que le senseur médical du docteur McCoy n’est qu’une salière « design » découverte au fond d’un magasin d’accessoires. Personne n’ignore que les décors sont en carton et que les maquillages des extraterrestres fondent parfois sous les projecteurs... Mais au diable les détails: quel beau tremplin pour l’imagination !
Parallèlement, différentes sociétés réalisent, plus vite que Paramount, que Star Trek est une véritable mine d’or. Maquettes, rideaux de douches, lampes de chevet, posters, photos, verres, badges, jouets et autres collectibles encore plus bizarres font leur apparition sur le marché, pour le plus grand plaisir des collectionneurs. Des « fans-clubs » se créent un peu partout dans le monde (on en compte aujourd’hui plus de 700, dont 400 aux Etats-Unis 1). Paramount ne contrôlera cette avalanche de merchandising qu’à la fin des années 70, un peu avant la sortie du premier film de Star Trek.

PRELUDE A UNE SAGA

Dès 1973, NBC décide qu’il est temps de rendre vie à la série.., mais pas dans sa forme originelle: Star Trek devient un dessin animé !
L’intérêt principal de ce show résidait dans le doublage des personnages par les acteurs de la série - à l’exception toutefois de Walter Koenig (Chekov). Après 22 épisodes, Star Trek Animated est annulé. On avait oublié que la série n’est pas particulièrement destinée à un public enfantin.
L’idée d’un véritable retour de Star Trek germe en 1975. Gene Roddenberry propose un scénario, The God Thing, où Kirk rencontre « Dieu ». Mais Paramount ne croit pas au mélange de la religion et de la science-fiction. (Ironiquement, « God Thing », revu et corrigé, servira de base à Star Trek the Motion Picture et deviendra le scénario de Star Trek V.) Les scénaristes se succèdent à un rythme déconcertant.
- Gene Roddenberry m’appelé, raconte Harlan Ellison. Les gens des studios trouvaient que les scripts manquaient de puissance, et nous avons écrit un scénario où nous détruisions l’univers... Mais ça ne leur a pas suffi. Nous avons ensuite pensé à une espèce terrestre qui aurait secrètement évolué en même temps que l’humanité. Réaction des studios:
Très bien, mais rajoutez des Mayas...» Nous leur avons expliqué qu’il n’y avait pas de Mayas à l’aube des temps, mais ils, n’ont rien voulu savoir.
Puis Paramount change d’idée. A l’époque, les studios préparent une nouvelle chaîne de télévision (qui ne verra jamais le jour), et il est décidé que Star Trek: Phase II, une nouvelle série, en sera le programme phare.
Cette fois, le compte à rebours commence. On construit des décors, on écrit des scripts, on engage des acteurs et les services d’une entreprise spécialisée dans les effets spéciaux. De nouveaux personnages viennent s’ajouter à l’équipage de l’Entreprise : Ilia, une extraterrestre, Decker, le nouvel officier en second, et un autre Vulcain, Xon, qui remplace Spock, car Leonard Nimoy refuse un rôle régulier dans une nouvelle série.
Mais le succès de La Guerre des Etoilez en 1977 tranche en faveur du film. Le pilote de la série devient Star Trek: The Motion Picture, un film à gros budget (44 millions de dollars!).
J’ai écrit l’histoire du film, In the Image, et j’ai demandé à Alan Dean Foster et Harold Livingaton d’en écrire le script, racontait Roddenberry. Pour finir, ils ont demandé à être pleinement crédités pour une idée qu’ils n’avaient pas eue. Je déplore vraiment ce genre de moralité.
Réalisé par Robert Wise (West Side Story et Le Jour où la Terre s’arrêta), le film est très beau, avec un gros effort sur les effets spéciaux et un travail moins apparent sur l’aspect humain de Star Trek.
Les fans en ressortent un peu déçus, mais le succès persuade Paramount de continuer à exploiter ce filon inépuisable.

RENCONTRE AVEC DES FILMS REMARQUABLES

Ainsi commence une série de films de Star Trek, où les scénaristes usent de toute leur ingéniosité pour satisfaire le public. Un nouveau producteur, Harve Bennett, est engagé pour éviter les excès financiers du premier film. Dans Star Trek II: La Colère de Khan (réalisé par Nicholas Meyer), on tue Spock.
- Leonard Nimoy ne voulait plus tourner de films de Star Trek, explique Bennett. Il désirait poursuivre sa carrière sans l’ombre de Spock. Nous étions en train de discuter autour d’un café et je lui ai dit: « Et si on te tuait ? » J’ai su tout de suite que j’avais fait mouche. Quel acteur pourrait résister à ta mort de son personnage fétiche ? Il m’a tout simplement répondu : « Fascinant ! »
Puis c’est Star Trek III: A la Recherche de Spock (réalisé par Leonard Nimoy), où le Vulcain revient à la vie. Pour Star Trek IV: Retour sur Terre, également signé Nimoy, célébrant le vingtième anniversaire de la série, on n’hésite pas à jouer la carte de l’auto-parodie, obtenant ainsi l’un des plus grands succès du box-office américain pour l’année 1986. Le 26juin 1987, le film sort à Moscou !
William Shatner s’essaie à l’écriture et à la réalisation pour Star Trek V: l’Ultime Frontière, qui ne connaîtra pas le succès escompté.
Mais la saga cinématographique finit (à ce jour !) par un véritable feu d artifice avec Star Trek VI: Terre Inconnue, réalisé par Nicholas Meyer, qui relie enfin la série à son héritier direct, Star Trek The Next Generation.

RENAISSANCES

Un quart de siècle après Apollo 11, force est de constater que les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Le programme lunaire piétine, les sondes envoyées vers Mars nous rapportent les splendides images d’une planète morte, et l’espoir de rencontrer un jour d’autres formes de vie intelligentes dans l’Univers s’amenuise. Non que nous soyons seuls; mais les distances sont telles qu’une civilisation extragalactique aurait le temps de voir le jour et de disparaître avant qu’un message radio ne l’atteigne.
Star Trek, pendant ce temps, continue à vivre et... vit même très bien ! Que l’on en juge: 80 romans, 6 films de cinéma et, sur le petit écran, une Nouvelle Génération lancée en 1986 dépassant 150 épisodes, des centaines de « fans-clubs » à travers le monde, et un colossal marché des produits dérivés. Jamais série télévisée n’avait eu une telle descendance.
Et la saga n’est pas près de s’arrêter. Tous les mois, aux Etats-Unis, paraissent de nouveaux romans et des bandes dessinées. Paramount songe à transférer La Nouvelle Génération au cinéma quand elle aura terminé sa carrière sur le petit écran.
On ne doute donc pas que la fabuleuse légende de Star Trek continuera - sous une forme ou l’autre pendant bien des années. De nouvelles générations découvrent ce phénomène unique dans l’histoire de la télévision, et son succès ne cesse de croître.

- Notre série raconte l’histoire future de la Galaxie, et il y a tant â dire ! Le concept continuera une fois que nous aurons quitté cette existence, et il s’améliorera encore et encore, parce qu’il symbolise parfaitement la condition humaine.

Gene Roddenberry

UN UNIVERS

LA GALAXIE HUMAINE

Le fil directeur de la série est l’exploration de la Galaxie, au XXIII siècle, par un vaisseau stellaire appartenant à la Fédération des Planètes Unies, dont la Terre et Vulcain sont les membres les plus influents. Starfleet - la flotte des étoiles -‘ n’est pas une institution militaire, mais une organisation scientifique vouée à la découverte de « nouvelles civilisations ». Cette prémisse, affirmée dès le premier épisode, sera maintenue jusqu’à au dernier film de cinéma ( Star Trek V!: Terre Inconnue) où la Fédération vient en aide à l’empire Klingon, son principal adversaire, menacé de disparition à cause d’une catastrophe écologique et économique (troublant parallèle avec Tchernobyl et l’empire soviétique.)
L’équipage de l’Entreprise est tenu de respecter la « Prime Directive de non-ingérence » qui leur interdit de s’immiscer dans le développement naturel des cultures rencontrées. Bien entendu, la présence des Klingons et des Romuliens, ennemis de la Fédération, oblige souvent le capitaine Kirk et ses hommes à passer outre. Cependant, cette Prime Directive, aussi difficile à respecter qu’à enfreindre, introduit un élément de tension constante qui contraint nos héros, et leurs scénaristes, à découvrir des solutions ingénieuses. On peut sourire de ce concept « innocent », mais Star Trek lui doit une part de son originalité.
L’exploration, en tant que thème dominant de la série permet toutes sortes de voyages aux confins de l’impossible. C’est pourquoi on est loin de retrouver dans chaque épisode l’opposition entre « bons » et « méchants » qui est le canevas classique de la plupart des séries télévisées américaines.
Il fallait aussi, afin de soutenir l’ensemble, des personnages suffisamment complexes et hauts en couleur pour compenser la dose relativement réduite d’action « brute ». Comme il était impossible, en tout cas du point de vue de Roddenberry, d’obtenir le « suspense » par l’entremise de conflits violents entre les principaux héros, il eut l’idée de les « bâtir » à partir de quelques archétypes : Kirk l’impulsif, Spock le « logique », et McCoy l’éternel sentimental. Cette simplicité, fort heureusement, était modulée par les « contradictions intérieures » des personnages. De plus, elle permettait d’opposer Spock et McCoy en joutes amicales (bien que parfois virulentes) et généralement arbitrées par le capitaine. Ce « triumvirat » et ses tics de comportement - qui prennent toute leur saveur à la longue -, appartenaient intégralement au « projet » de Gene Roddenberry. C’était autour de Kirk, Spock et du docteur McCoy qu’allait s’articuler la logique interne de Star Trek. Leur amitié, comme le démontrerait plus tard le film La Colère de Khan (où Spock meurt.., provisoirement) offrait une multitude d’occasions de créer une tension plus efficace qu’une succession de combats entre vaisseaux spatiaux.
Il ne restait plus, pour la « caravane des étoiles » qu’à se lancer « hardiment là où nul n’est jamais allé... »
A condition, bien entendu, de disposer du véhicule approprié...

L’ENTREPRISE

Certains affirment que l’Entreprise est le personnage principal de Star Trek. De fait, il est évident que la série n’aurait pas été la même sans cet impressionnant vaisseau aux formes très éloignées des futures nefs de l’espace telles qu’on les imaginait en 1967 (pourtant, l’évolution récente de la technologie spatiale, en particulier les navettes Challenger, semble aller dans le sens des maquettistes de Desilu et de Paramount).
Sur le plan technique, l’Entreprise est un vaisseau de classe « Constitution » capable de transporter un équipage de quatre cent trente hommes et femmes.
Grâce à ses moteurs de distorsion - un système de propulsion reposant sur l’excitation d’un cristal de « dilithium » par un flux croisé de matière/antimatière -, le navire peut voyager dans l’hyperespace à des vitesses plusieurs dizaines de fois supérieures à celle de la lumière. Cette révolution technologique permet, dès le XXIII siècle, l’exploration de la quasi totalité de la Galaxie.
Dabord commandé par le capitaine Christopher Pike (Jeffrey Hunter dans le premier « pilote »), l’Entreprise, véritable fer de lance de la Fédération, est connu de tous les peuples de la Galaxie; même les Klingons et les Romuliens le redoutent et le respectent. Sous le commandement de James Tiberius Kirk, un capitaine audacieux et imaginatif, il deviendra une véritable légende. Pour tout ennemi de la Fédération, le pire cauchemar est de se trouver face à cet homme et à son vaisseau...
Mais le formidable armement défensif du bijou de Starfleet n’est qu’un aspect parmi d’autres de sa sophistication. On trouve aussi à bord toutes les installations nécessaires pour mener des recherches scientifiques: laboratoires médicaux, chimiques, écologique, jardin botanique, etc. Et la bibliothèque informatique, selon la volonté du capitaine, contient la somme de toutes les connaissances humaines et extraterrestres disponibles. (Se souvenir de l’index de l’index dépasse déjà de loin les capacités d’un Terrien surdoué, comme l’explique Spock dans Le Tourbillon Galactique.)
La vie à bord n’a pas grand rapport avec les conditions spartiates imposées aux cosmonautes actuels. Les cabines, même celles des simples membres de l’équipage, sont spacieuses et fonctionnelles. Sur le « pont des loisirs » il est possible de se livrer à de nombreuses activités sportives (natation, arts martiaux, sport d’équipe) et culturelles (concerts, représentations théâtrales).
L’Entreprise est donc à la fois un petit monde en soi, et une personne morale qui suscite sentiments et passions. Pour l’ingénieur Scott, par exemple, les moteurs sont des « enfants » qu’il convient de bichonner avec tendresse. Pour le capitaine Kirk, le vaisseau finit par devenir l’équivalent d’une maîtresse de métal exclusive l’obligeant à renoncer à sa vie privée.
Une des scènes les plus émouvantes de toute l’histoire de Star Trek est celle où Jim Kirk est contraint de sacrifier l’Entreprise pour sauver sa vie et celle de ses amis (Star Trek III : A la recherche de Spock). Même si un nouveau vaisseau, naturellement baptisé à son tour Entreprise, est offert à nos héros par Starfleet à la fin du quatrième film (Star Trek IV: Retour sur Terre), gageons que l’image du premier Entreprise explosant puis tombant lentement comme une étoile filante sous le regard de Kirk et de McCoy n’est pas près de s’effacer du souvenir des millions de personnes qui, partout sur le globe, ont rêvé de s’envoler un jour vers les étoiles à bord du plus bel oiseau que le ciel ait jamais vu...

SEPT PERSONNAGES EN QUETE D’INCONNU

1. JAMES TIBERIUS KIRK

Le personnage : James Kirk est né en lowa, où il passa toute sa jeunesse dans une ferme dont s’occupaient sa mère et son frère aîné tandis que le père, Ceorge Samuel Kirk, sillonnait déjà l’espace au service d’un des premiers programmes d’exploration « limitée ». Désireux de suivre l’exemple paternel, le jeune James entre à l’Académie de Starfleet. Après des études brillantes, il entame une carrière fulgurante qui fera de lui, à tout juste trente ans, le plus jeune capitaine de l’histoire de la flotte. Il est alors chargé de mener à bien une mission d’exploration dont la durée est fixée à cinq ans (sans doute un clin d’oeil à NBC de Gene Roddenberry, qui aurait sans doute aimé que la série dure au moins cinq saisons). James T. Kirk, en surface, est un homme sûr de lui, volontiers charmeur avec les femmes, toujours prêt à se lancer dans l’aventure. En profondeur, il a heureusement une personnalité plus complexe, comme le démontre l’épisode L’Imposteur.
Alors que l’Entreprise est en orbite autour d’une planète glaciaire, un mauvais fonctionnement du téléporteur dû à un orage ionique dédouble systématiquement tout objet ou personne désintégré puis reconstitué grâce à cet ingénieux moyen de transport. L’Entreprise se retrouve donc avec deux capitaines. L’un est brutal, buveur, et tente même d’abuser d’une des femmes de l’équipage sous couvert de son autorité; l’autre, doux comme un agneau, se révèle incapable de prendre la moindre décision, et met ainsi en danger la vie de l’équipe d’exploration toujours bloquée sur la planète. Finalement, la crise ne pourra être résolue qu’en réunissant les deux Kirk, en réalité incapables de survivre l’un sans l’autre. Car James Kirk a besoin du soudard qui se cache en lui pour être un meneur d’hommes, et c’est la compassion et la bonté manifestées par son autre moitié qui assurent le fragile équilibre faisant de lui un chef efficace et juste. Cette conclusion peu conforme au traitement habituel de ce thème (né de la cuisse du Docteur Jekyll et Mister Hyde de Stevenson), trace le meilleur portait qui soit du capitaine Kirk: un être humain, avec ses faiblesses et ses tares, devenu meilleur non en les éliminant, mais en les utilisant pour la bonne cause.
L’acteur: William Shatner est un Canadien anglais né à Montréal le 22 mars 1931. Sa filmographie compte des oeuvres comme Les Frères Karamazov (avec Yul Brynner) ou Jugement â Nuremberg (avec Spencer Tracy, Burt Lancaster et Marlène Dietrich). Après des apparitions dans quelques-unes des séries les plus célèbres de la télévision américaine (Docteur Kildare, Des Agents Très Spéciaux, La Quatrième Dimension), il décroche enfin le rôle du capitaine Kirk, lequel lui assurera une renommée internationale. En 1989, il met en scène le cinquième film (Star Trek V: L’Ultime Frontière). A noter qu’il a interprété le rôle principal de TJ. Hooker, la série policière récemment diffusée sur TF1. Il anime aussi depuis des années l’émission Rescue 911 dont sont largement inspirées La Nuit des Héros et Les Marches de la Gloire. Actuellement, il se prépare pour Star Trek VII, prévu pour 1994, ainsi que pour une série télévisée - Tek World - tirée des romans de science-fiction qu’il a écrits (inédits en France à ce jour). Signalons enfin qu’il s’apprête à publier ses mémoires sous le titre : Star Trek Memories.

2. SPOCK DE VULCAIN

Le personnage : Né sur Vulcain d’un père vulcain, Sarek, et d’une mère terrienne, Amanda, Spock a des caractéristiques physiques et intellectuelles typiques de sa souche paternelle: intelligence supérieure, force hors du commun, pouvoirs télépathiques, espérance de vie supérieure à deux cents ans. Déchiré entre ses deux héritages, il choisit la tradition vulcaine et décide de renoncer aux émotions au profit de la logique. La vie d’un hybride est loin d’être facile dans la société vulcaine; contre la volonté de son père, il entre à l’Académie de Starfleet à seize ans. Une fois diplômé, il sert d’abord sur l’Artemis, puis est muté sur l’Entreprise, alors commandée par Chris Pike. Il sert pendant onze ans sous les ordres de Pike, puis devient l’officier en second de Kirk.
Spok est sans doute le personnage de Star Trek sur lequel il a été le plus écrit. Il faudrait des dizaines de pages pour évoquer toutes les interprétations, chacune digne d’intérêt, dont il fut l’objet en plus de vingt-cinq ans. Citons seulement, parmi les dessins animés, un épisodes le meilleur, qui projette un éclairage particulièrement émouvant sur le Vulcain.
Dani Yesteryear (inédit en France), Kirk et Spock, de retour d’une mission dans le passé effectuée grâce au « Gardien de l’Eternité » (un étrange portail permettant de voyager dans le temps), découvrent que plus personne ne reconnaît le Vulcain, remplacé par un officier andorien. Après enquête, les deux amis s’aperçoivent qu’ils se trouvent dans une ligne temporelle « parallèle » où Spock est mort à l’âge de sept ans, au cours de son Kaswan (une épreuve initiatique que tout jeune Vulcain doit réussir pour accéder à la « maturité «). Spock se souvient qu’il a failli mourir durant son Kaswan, mais a été sauvé par un mystérieux cousin, Selek, dont il n’est jamais parvenu à retrouver la trace. Ce cousin, comprend-il alors, n’était autre que lui-même, revenu dans le passé pour sauver l’enfant qu’il avait été.
Il emprunte alors le passage ouvert par le « Gardien de l’Eternité » et se retrouve sur Vulcain, dans sa famille. La nuit même, il suit le jeune Spock dans le désert, et le sauve au dernier moment de l’attaque d’un le matya. Hélas, le seihat familier de l’enfant (un croisement entre un ours et un chien) est tué dans la bataille. Le jeune Vulcain est désespéré d’avoir perdu son ami, seul confident des émotions qu’il ne peut avouer à son père ou à sa mère.
De retour sur l’Entreprise, Spock rapporte à Kirk que tout s’est déroulé comme dans ses souvenirs, à une exception près: la mort du vieux seihat.
Un événement, rétorque Kirk qui ne change rien d’important dans leur ligne temporelle restaurée.
- « C est exact », lui répond Spock, « mais qui fait pourtant une grande différence pour... certains ! »
Jamais la dualité de Spock, l’enfant condamné à grandir sans ami, n’aura été mieux cernée dans l’histoire de Star Trek !
L’acteur: Leonard Nimoy, fils d’un immigré russe, est né à Boston le 26 mars 1931 (soit quatre jours après William Shatner, qu’il traite volontiers « d’ancêtre »). Ses débuts furent difficiles, et il dut attendre le rôle de Spock pour connaître enfin la célébrité. A la fin de la série originale, il remplaça Martin Landau dans Mission Impossible - un passage de relais plutôt amusant si l’on songe que c’est ce même Martin Landau que Roddenberry avait d’abord choisi pour le rôle de Spock l Réalisateur de Star Trek III et Star Trek IV il s’est également distingué en mettant en scène le remake américain de Trois Hommes et un Couffin, un des plus grands succès du cinéma français des années 80. Notons qu’il a joué Van Cogh dans une pièce intitulée « Vincent », et a publié ses mémoires sous le titre - un rien provocateur - de : I Am not Spock (inédit en France).

3. LEONARD H. McCOY

Le personnage : Le docteur Leonard McCoy est originaire de Georgie, et se définit souvent comme un « gentleman du Sud dépassé par le fourbi technique du monde moderne ». Son exubérance et sa faconde dissimulent un caractère secret et une extrême réserve. Même ses meilleurs amis savent peu de chose de lui: un mariage raté conclu par un divorce, une fille étudiante en médecine qu’il voit de loin en loin, et un engagement tardif dans Starfleet, sans doute motivé par le désir de fuir une vie qu’il aurait voulu différente (voir, par exemple, au Fleuve Noir, le premier chapitre de Spock Doit Mourir).
Mais c’est également un homme passionné par son métier, anxieux de soulager la souffrance. Pensons au désespoir qui s’empare de lui lorsqu’il se révèle incapable de sauver le chancelier klingon Gorkon dans Star Trek V!: Terre Inconnue. Ou encore à la détresse qui l’envahit chaque fois qu’il perd un patient, même si le cas était au-delà de toute intervention (L’Equipage en folie).
La deuxième chose qui le tient debout est son amitié pour Kirk et pour Spock (Qu’il ne se prive pas pour autant de traiter « d’ordinateur aux oreilles pointues » ou « d’elfe au sang vert »). Une amitié qui le poussera plusieurs fois à aller contre son naturel plutôt couard pour voler au secours de l’un ou de l’autre, et le conduira constamment à dépasser ses limites et ses préjugés (voir Démons, au Fleuve Noir).
En bref, Leonard H. McCoy est une sorte « d’esprit qui toujours nie », persuadé que l’humour et la dérision sont les meilleures armes contre l’angoisse. Face à deux êtres donnant d’eux-mêmes une image monolithique, il incarne à la fois le doute et la tendresse.
L’acteur : DeForest Kelley est né à Atlanta - Georgie ! - le 20 janvier 1920. Après avoir longtemps songé à la médecine, il se lance dans une carrière d’acteur qui finira par faire de lui le « toubib » le plus célèbre de la Galaxie (DeForest Kelley confie, non sans fierté, avoir reçu plusieurs lettres d’étudiants en médecine qui lui doivent leur vocation). Sa filmographie est surtout faite de petits rôles dans des westerns parfois prestigieux comme Règlement de compte à O.K. Corral (avec Burt Lancaster et Kirk Douglas). Depuis quelques années, il mène une vie paisible dans sa Georgie natale, mais continue à se déclarer « bon pour le service » quand on lui demande d’endosser le costume du médecin qui le rendit célèbre.

4. MONTGOMERY SCOTT

Le personnage: Fier de son ascendance écossaise, l’ingénieur en chef de l’Entreprise est un solide gaillard qui ne répugne jamais à lever le coude, mais voue néanmoins un amour exclusif à « ses moteurs et à son vaisseau ». Toujours prêt à faire un miracle quand Kirk le lui demande, il s’est gagné la réputation d’un véritable magicien à qui rien de technique n’est étranger. Il ne sépare jamais du bouclier et de la claymore hérités de son clan.
L’acteur: James Doohan est né à Vancouver le 3 mars 1920. Spécialisé dans les petits rôles qui enrichissent tellement les séries américaines, il est capable de changer de voix à volonté - cela lui vaudra de « doubler » une bonne partie des extraterrestres et autres entités rencontrés par l’Entreprise. Il a également tenu un rôle régulier dans une autre série de S-F : Jason of Star Command.

5. NYOTA UHURA

Le personnage: Nyota Uhura est la seule femme occupant un poste important sur la passerelle de l’Entreprise. Responsable des communications, elle tient entre ses mains le succès - ou l’échec - de chaque nouvelle rencontre avec une espèce inconnue.
En dehors du service, c’est une personne attachante, éprise de musique et de chant. Les représentations improvisées qu’elle et Spock donnent parfois dans la salle de détente - Nyota au chant et le Vulcain à la harpe - attirent toujours un public nombreux.
L’actrice: Nichelle Nichols est née le 28 décembre 1933 à Robins, Illinois. Ses talents musicaux la font vite remarquer par des artistes de l’envergure de Duke Ellington. Après avoir participé à de nombreux spectacles à Broadway, elle tente sa chance dans le cinéma à une époque où il n’est pas facile, pour une artiste noire, de se faire une place. Le rôle d’Uhura va changer sa vie, au point qu’elle travaillera pendant un temps pour la NASA comme « public relation »

6. HIKARU SULU

Le personnage : Le pilote de l’Entreprise fait preuve en toute circonstance d’un professionnalisme et d’une sérénité qui impressionnent jusqu’à M. Spock. Il cultive pourtant un jardin secret ou le rêve et la fantaisie ont leur place. Champion d’escrime et d’art martiaux, réservé comme le sont souvent les Asiatiques, il mène dans Starfleet une carrière basée sur le sérieux et la constance qui lui vaudra, autour de la quarantaine, une promotion au grade de capitaine. Mais ses ambitions personnelles passent toujours après son amitié pour son ancien équipage, comme il le démontre dans Star Trek VI: Terre Inconnue, où il n’hésite pas à risquer son poste pour aider Jim Kirk et les autres officiers de l’Entreprise.
L’acteur: Né le 20 avril 1940, George Takei a été longtemps confiné à des rôles de méchants dans des films de guerre comme Les Bérets Verts (de et avec John Wayne). Nul doute que Star Trek fut pour lui, un peu comme pour Nichelle Nichols, l’occasion d’accéder à une autre dimension de son métier. Cet homme cultivé et politiquement engagé a longtemps participé au conseil municipal de sa ville natale, Los Angeles. Grand sportif, il a porté la flamme olympique pour les J.O. de Los Angeles.

7. PAVEL CHEKOV

Le personnage: L’enseigne Chekov est le navigateur de l’Entreprise. Ami fidèle de Sulu, il tente souvent de le déstabiliser par des plaisanteries qui arrachent parfois un sourire à l’impassible Asiatique. Très aimé à bord, le brave Pavel agace néanmoins ses amis en proclamant sans cesse que les Russes ont tout inventé ! Le docteur McCoy, à ses moments les plus bougons, lui rend la monnaie de sa pièce en le qualifiant de « cosaque ».
L’acteur : Né à Chicago, Walter Koenig, comme DeForest Kelley, a eu la médecine pour première vocation. Devenu acteur un peu par hasard - selon ses propres dires - il s’est surtout fait remarquer au théâtre. A noter qu’il est l’auteur de nombreux scénarios de séries télévisées, ainsi que d’un ouvrage sur Star Trek (Chekov’s Entreprise, inédit en France) et de romans de S-F.

UN PHENOMENE LITTERAIRE

DES ROMANS ORIGINAUX

Star Trek est à ce jour l’unique série télévisée ayant parfaitement réussi à passer du petit écran au livre. Toutes les autres tentatives achoppèrent sur un obstacle apparemment insurmontable : privée du soutien de l’image, du visage familier des acteurs, un programme de télévision perd vite sa substance.
Quel est donc le plus de Star Trek ?
Dissipons d’abord un préjugé courant: à de rares exceptions près, les romans ne sont pas des adaptations d’épisodes ou de films. Il s’agit d’histoire inédites situées dans l’univers de Star Trek et reprenant ses personnages principaux. Pour y prendre plaisir, il n’est pas indispensable de connaître la série; inversement, l’amateur ayant vu et revu chacun des épisodes ne sera pas privé de la joie de la découverte.
Les livres inspirés de séries ne sont parfois que des pièce: rapportées visant à exploiter la notoriété du programme sans accorder le moindre soin à la qualité propre des ouvrages. Ici, nous sommes face à l’exception qui confirme la règle. C’est du manque occasionné par l’annulation prématurée de la série que sont nés les romans; ils se sont substitués à la création télévisée, apportant une contribution originale à l’univers créé par Gene Roddenberry.

PORTRAIT D’UN AUTEUR J.M. DILLARD

Les romanciers de la collection Star Trek sont parfois des auteurs de science-fiction confirmés comme Greg Bear, Vonda Mclntyre, David Gerrold ou James Blish.
Mais d’autres suivent la démarche inverse, et accèdent à la notoriété grâce à leurs romans de Star Trek. C’est le cas de J.M. Dillard, auteur, entre autres, de Démons et de La Mémoire Foudroyée.
J’étais fan de Star Trek depuis des années. Je n’allais jamais aux conventions, mais Je regardais secrètement la série à la télé. Lorsque j’ai vu qu’ils vendaient des romans, je les ai rapportés discrètement chez moi. Mon mari ne savait même pas que je lisais ces bouquins. Je suis professeur d’anglais à l’Université de Washington, et je préférais que cela ne se sache pas. J’ai fini par me dire que je pourrais écrire un roman; c’est alors que la chance m’a souri : j’ai été renvoyée de mon poste pendant un semestre pour incompatibilité d’humeur avec un de mes supérieurs, et je me suis mise à la tache.
- « En gros, je me suis cachée dans un placard et j’ai écrit La Mémoire Foudroyée ! » Itinéraire typique d’un romancier de Star Trek: Ann C. Crispin, Jean Lorrah ou Sondra Marshak et Myrna Culbreath pourraient en dire autant. Tous ces auteurs sont venus â Star Trek pour combler un rêve de lecteur et ont développé une écriture toute personnelle. Les romans de J.M. Dillard sont reconnaissables au premier coup d’oeil. Comme ses confrères, elle fait largement appel à la psychologie des personnages et aux thèmes de science-fiction, mais elle y ajoute volontiers un soupçon d’horreur.
- « Je crains d’être une déséquilibrée mentale, » dit-elle en riant. « J’aime vraiment voir des films d’horreur et lire des romans où l’auteur manipule son lecteur jusqu’à lui faire peur. Et puis, je me suis dit qu’il serait intéressant de montrer un côté différent de l’univers de Star Trek ! »
Il faut avouer que J.M. Dillard ne se gêne pas. Dans Démons, des créatures innommables prennent possession de l’équipage de l’Entreprise. Dans La Mémoire Foudroyée, Spock devient fou et dans Bloodthirst, un vampire rôde dans les couloirs d’une station spatiale déserte.
- « J’aime la subtilité, c’est pour cela que j’ai trouvé ce titre (littéralement: « Soif de Sang »). Bien sûr, ce n’est pas un vampire légendaire, mais un homme atteint d’une maladie rare. Cela ne m’empêche pas de m’amuser comme une folle à faire peur à mes lecteurs. Le personnage princpal est bien entendu McCoy, mon petit préféré après Spock. »
D’ailleurs, J.M. Dillard ne se contente par d’écrire pour Star Trek. Elle prépare d’autres romans, d’horreur cette fois-ci, ce qui ne nous surprend pas.
- « Mon agent est effrayé par ce que je lui apporte, tant il trouve cela gore. Et il me conseille de continuer à faire du Star Trek ! »
Cela veut-il dire que les prochains Star Trek signés par J.M. Dillard lanceront de nouvelles menaces surnaturelles sur l’équipage de l’Entreprise ?
- « Non, » conclut-elle en souriant, « je vais essayer de me calmer un peu. Pas de loups garous ni de vampire dans mon prochain roman ! »

LA PALETTE DES THEMES

Pour Gene Roddenberry, homme d’une grande culture, humaniste convaincu et amateur de S-F depuis toujours, la série originale était l’occasion de présenter la science-fiction à un large public, souvent mal disposé contre le genre à cause du vieux préjugé contre ces « histoires de fusées et de petits hommes verts réservées aux enfants ». Son génie fut de réaliser son ambition en s’intégrant parfaitement à un « format » - la série télévisée -, qui a ses règles et ses coutumes. Des millions d’Américains se mirent à aimer la S-F comme M. Jourdain faisait de la prose... « sans le savoir » !
Et les grands thèmes de la S-F leur devinrent peu à peu familiers. Des générations de jeunes gens ont grandi dans l’univers de Star Trek, ce qui explique le formidable succès de certains films, par exemple la trilogie La Guerre des Etoiles - George Lucas reconnaît d’ailleurs qu’il n’y aurait jamais eu la Guerre des Etoiles sans Star Trek.
Recenser tous ces thèmes nécessiterait un volume entier. Contentons-nous d’un rapide survol :

Les Rencontres du Troisième Type. C’est le grand sujet d’un univers où l’exploration de la Galaxie n’est plus un rêve inaccessible. Des épisodes comme Arena, Fausses Manoeuvres, Les Mines de Horta, des romans comme Les larmes des Baladins, en sont la brillante illustration. L’Autre, d’abord étrange, ou même repoussant, se révèle une créature digne d’attention et de respect, même s’il ne sera pas toujours facile de vivre ensemble. Cette signature « Star Trek », essentielle pour Gene Roddenberry, traverse toute la saga (jusqu’à Deep Space Nine, où le personnel de la station est surtout composé d’extraterrestres, encore une première pour la télévision américaine!).

Le Voyage dans le temps: Ressort de nombreux épisodes - Contretemps, Demain sera Hier, Le Passé du quatrième film (Retour sur Terre, où l’équipage de l’Entreprise se retrouve à San Francisco en 1984!) et de nombreux romans (The Trap, Time for Yesterday, L’Effet entropie), ce thème éternel de 1a S-F est toujours l’occasion de mettre en scène des situations humaines pleines de tension: Kirk obligé de sacrifier la femme aimée pour sauver l’histoire (Contretemps), Spock confronté au fils qu’il e eu cinq mille ans plus tôt alors qu’il était piégé dans le passé d’une planète glaciaire (Yesterday’s Son, roman faisant suite à l’épisode Le Passé).

Les univers parallèles: Ce thème, immortalisé par l’épisode Miroir, est très souvent utilisé dans les romans parce qu’il permet toutes les variations possibles (à condition de remettre les choses en ordre à la fin). C’est ainsi que l’on peut voir dans Kihing Time un Entreprise où Spock est capitaine et Kirk enseigne, dans Prime Directive, Kirk chassé de Starfleet pour trahison, dans Black Fire, Spock devenu pirate pour restaurer son honneur... Toutes ces variations, dans un autre contexte que la science-fiction, seraient impossibles ou tourneraient au ridicule. Ici, elles enrichissent un univers déjà foisonnant.

Ce rapide « survol » permet déjà de se faire une idée de ce que sera la « collection Star Trek » : une saga située dans un monde familier n’excluant pourtant pas une extraordinaire diversité.

LA PALETTE DES GENRES

Les premiers volumes de la collection Star Trek:

1) Le Pacte de la Couronne (par Howard Weinstein - février 1993)
Proche par certains côtés de l’Heroic-Fantasy, ce roman raconte la quête de la princesse Kailyn, destinée à devenir la reine de Shad, une planète que les Klingons espèrent s’approprier. Kirk, Spock et McCoy vont l’aider de leur mieux.
Howard Weinstein, scénariste des dessins animés et des BD tirées de la série, sait parfaitement jouer de la psychologie des personnages. On retrouve la tendre bougonnerie de McCoy et l’équanimité de Spock. Signalons de très intéressants « flash-back » sur une des premières missions du jeune lieutenant Kirk. La société shadienne, plutôt moyenâgeuse, est parfaitement décrite. Du Star Trek « classique ».

2) Démons (par J.M. Dillard - février 1993)
La malicieuse J.M. Dillard (voir « Portrait d’un auteur ») imagine une bien curieuse histoire de possession à bord de l’Entreprise. Dans un étrange ballet où l’ami peut devenir un ennemi à tout moment, le capitaine Kirk se sent parfois bien seul..., du moins quand il est lui-même!
J.M. Dillard enchaîne à toute vitesse des situations de plus en plus déconcertantes. Elle en profite pour livrer subtilement d’intéressantes informations sur Spock, son personnage favori.

3) Spock doit mourir (par James Bush - février 1993)
Quand l’un des grands maîtres de la science-fiction se mêle d’écrire un roman Star Trek, comment s’étonner de se trouver face à deux Spock, dans une Galaxie menacée d’une guerre totale par la fourberie des Klingons?
L’auteur anglais nous offre là un superbe space opéra traité avec tout l’humour à froid qu’on lui connaît dans ses autres ouvrages. Le combat final entre les deux Spock est un grand moment de « surréalisme pour rire ».

4) Le piège des Romuliens (par M.S. Murdock - avril 1993)
Sur un canevas classique - deux vaisseaux ennemis face à face avant la bataille - voici une histoire d’espionnage à la John Le Carré où chaque subterfuge en cache un autre. Si l’on ajoute que Jim Kirk et ses hommes doivent se défendre contre une crise de folie de l’ordinateur de bord (malencontreusement doté d’une personnalité féminine par une équipe d’informaticiens farceurs), on comprendra que le pauvre capitaine a vraiment de quoi attraper une migraine !
L’Empire Romulien, décrit en filigrane, vient compléter la toile de fond de la collection.

5) Spock Messie (par T. Cogswell et C. Spano - avril 1993)
Cet ouvrage, qui flirte par moment avec la dark fantary, contient des scènes très visuelles et un peu plus violentes qu’à l’accoutumée. Sur une planète à la civilisation médiévale où les valeurs de la Terre du XXIII siècle sont inconnues, on nous conte l’ascension d’un messie illuminé qui semble avoir pris possession de l’esprit de Spock. Les ruses élaborées auxquelles les hommes de l’Entreprise doivent avoir recours pour respecter la Prime Directive sont dans la grande tradition de Star Trek. Des touches d’humour, toujours bien amenées, modèrent l’atmosphère plutôt sombre du roman.

6) Corona (par Greg Bear - avril 1993)
Une jeune femme née sur une planète « provinciale » découvre la diversité de l’Univers, ce pu permet de traiter de la xénophobie en évitant les poncifs. L’entité nommée Corona menace de détruire la Galaxie pour revenir au « big-bang » originel qui, espère-t-elle, lui permettra de ramener à la vie l’espèce dont elle est la dernière survivante ! Kirk, Spock, McCoy et Rowena Mason sauveront leur univers en lui démontrant que toutes les formes de vie sont respectables.
Greg Bear est l’un des grands auteurs de la S-F d’aujourd’hui. Dans ce roman, il est merveilleusement parvenu à marier ses thèmes personnels au monde de Star Trek.

7) Le Concept Prométhée (par S. Marshak et M. Culbreath - juin 1993)
Sondra Marshak et Myrna Culbreath ont été parmi les premières à écrire pour Star Trek, dès l’époque « héroïque » de Bantam. Très actives dans le fandom, elles ont permis à bon nombre d’écrivains débutants d’accéder à une qualité professionnelle (grâce à leur anthologie, Star Trek: The New Voyages).
Passionnées de psychologie, elles ont l’art de placer leurs personnages dans des situations de stress où se révèle leur personnalité profonde. Le Concept Prométhée - ou la recherche de la faille inhérente à toute forme de vie, renoue avec une science-fiction à la Theodore Sturgeon.

8) Le Tourbillon Galactique (par David Gerrold - juin 1993)
L’Entreprise découvre un immense vaisseau monde perdu dans l’espace. Il s’agit en fait de la « colonie perdue », une station spatiale ayant quitté l’orbite terrestres deux cents ans plus tôt. Comment ses habitants ont-ils évolué ?
Un postulat de départ classique, et un superbe roman qui tient du reportage (la vie quotidienne dans l’espace et les procédures de « premier contact » sont décrites avec un « réalisme » saisissant) et de l’étude sociologique (évolution du langage, du comportement humain, des représentations religieuses dans un monde clos). L’auteur, grâce à sa parfaite connaissance de Star Trek (il a travaillé à la l’ois sur la série originale et sur la Nouvelle Génération) à son sens de l’humour et à sa poésie nous propose un véritable « voyage au coeur du XXIII siècle ».

9) Les Larmes des Baladins (par Melinda Snodgrass - septembre 1993)
L’auteur est une des « grandes personnalités » de Star Trek. Elle a travaillé pendant deux ans sur La Nouvelle Génération comme « script editor » - c’est à dire « superviseur » des scénarios.
Ce livre aborde un sujet d’actualité: la défense de l’environnement et la préservation des espèces menacées. Les Baladins sont impitoyablement exterminés par les chasseurs, avides de s’approprier les larmes qui coulent de leurs yeux au moment où ils meurent (on pense irrésistiblement aux bébés phoques).
Mais comme vont le découvrir Kirk et ses compagnons, l’équilibre même de l’Univers dépend de ces « animaux » apparemment dépourvus d’intelligence.
Nyota Uhura joue ici un rôle très important - ce qui réjouira les admirateurs de cette superbe jeune femme.

PRINCIPES DE LA PRESENTE EDITION

Comment cette légende de notre temps a-t-elle traversé l’Atlantique?
La France entretient depuis longtemps d’étranges relations avec la science-fiction. Bien que Jules Verne l’eût en quelque sorte « inventée », elle souffre encore d’un préjugé auprès de certains « décideurs culturels ». TF1 diffusa 13 épisodes de Star Trek en 1981, mais il fallut attendre 1986 (La Cinq) pour que la série soit diffusée chaque soir à 19 h 30).
Le résultat est remarquable: taux d’audience plus que respectable en dépit de la concurrence des JT de 20 h sur les autres chaînes, flots de lettres adressées aux magazines de télévision, articles dans la presse, et même une intervention de Françoise Sagan, déclarant à Télé 7 Jours, lorsque la chaîne interrompt la diffusion après trois passages de l’intégralité des épisodes: « Rendez-moi mon Star Trek ! ».
Le phénomène a pris racine et l’énigmatique M. Spock devient, avec E.T., l’extraterrestre le plus apprécié de l’Hexagone... Les magazines continuent à recevoir du courrier de leurs lecteurs à ce sujet. Un jeu télévisé classe la série en troisième position du palmarès de la S-F.
Le Fleuve Noir propose aujourd’hui au public français la composante littéraire de l’univers Trek.
Vingt-cinq ans de rediffusion constante aux Etats-Unis contre trois passages de la série en France, groupés sur quelques mois, cela génère un décalage.
Pour tenir compte de la moindre imprégnation du public français, la publication commence par des romans qui créent 1 atmosphère et donnent le ton... Les volumes traitant de l’Histoire de la Fédération, du passé de Vulcain, ou de la saga des empires Klingon et Romulien - où le « triumvirat », Kirk, Spock et McCoy est mis au second plan -, intéresseront des lecteurs devenus avides d’en savoir plus sur le monde où évoluent leurs personnages favoris.

L’AVENIR

LA NOUVELLE GENERATION

- « Star Trek a commencé durant l’âge d’or des héros de la télévision. A cette époque, les chaînes du network adoraient l’action, et la série originale a réussi à en offrir durant 79 épisodes. Mais tout était terminé pour moi dès janvier 1969. Je me souviens m’être demandé ce que j’écrirais plus tard. »

Gene Roddenberry

Vingt ans après, la Paramount demande à Gene Roddenberry de renouveler son « miracle »: une nouvelle série se passant dans le même univers.
Tâche impossible en apparence, le succès de sa création étant dû à de nombreux facteurs difficiles à réunir une seconde fois.
Pourtant, Gene décide de relever le défi. Une chose est sûre, on ne retrouvera ni Kirk, ni Spock, ni McCoy. Le seul point commun entre les deux séries, outre le cadre galactique, sera le vaisseau Entreprise, symbole de la conquête spatiale.
- « Plus de vingt ans avaient passé, » confiait Roddenberry, « aussi il a fallu remettre nos concepts â jour pour suivre l’évolution de la technologie. Vous ne pouvez pas engager des qens en leur disant qu’ils doivent refaire ce qui a déjà été réalisé des années plus tôt. En produisant une série, il est primordial de jeter un Défi à vos collaborateurs, si du moins vous voulez qu ils vous offrent ce qu’ils savent frire de mieux. Et c’est comme ça que nous avons agi avec Star Trek: The Next Generation. »
Il nous fallait un nouvel équipage, un nouveau vaisseau et le nec plus ultra des effets spéciaux.
C’était grisant de se dire : Hé,’ nous ne sommes pas coincés par ce qui a été fait dans le passé. Nous partions en terrain inconnu.
Dès le départ, il est décidé que la Nouvelle Génération serait directement diffusée en syndication - pour rendre hommage à la méthode de diffusion qui fit le succès de la première série, mais surtout pour tirer parti d’une censure moins stricte.
Mais le plus difficile reste de créer des personnages totalement différents du premier equipage. Gene s’attelle à la tâche, et réussit un véritable tour de force. Sa passion pour Jacques-Yves Cousteau le conduit à créer un capitaine français, Jean-Luc Picard, plus âgé et plus diplomate que Kirk. Pour remplacer Spock, il décide de ne pas employer de personnage vulcain, pour éluder toute comparaison. Il reprend alors les bases du concept d’une série qu’il n’a pas pu faire, The Questor Tapes, et donne naissance à un androïde, Data, que seuls ses « viscères » mécaniques différencient d’un être hunuiin. Années 80 obligent, il accorde une place plus importante aux femmes, chose qu’il n’avait pas pu totalement faire en 1966 : le nouvel Entreprise compte donc à son bord le docteur Beverly Crusher, également mère d’un jeune garçon, Wesley la « conseillère » Deanna Troi, une psychologue dotée de pouvoirs télépathiques, et le lieutenant Tasha Yar, chef de la sécurité durant la première saison.
Il faut un homme dynamique pour seconder le capitaine et diriger les équipes d’exploration. Gene imagine le personnage de William Riker. Les handicapés ont aussi leur place à bord de l’Entreprise: témoin le pilote (puis ingénieur) Geordi LaForge, un aveugle, aidé par une visière cybernétique. Ici l’auteur rend hommage à un fan gravement malade, George LaForge, qui lutta jusqu à son dernier souffle contre son destin et trouva un grand réconfort dans Star Trek.

Le XXIV siècle (car la nouvelle série se passe 80 ans après la première) se montre donc plus tolérant et plus ouvert aux idées nouvelles. Gene ajoute même - au dernier moment - un officier klingon nommé Worf.
Pour incarner ces personnages, Roddenberry choisit des interprètes peu connus - à quelques exceptions près. Le capitaine Picard sera joué par l’acteur shakespearien anglais Patrick Stewart, un ancien de Dune et d’Excalibur. On trouve encore Wil Wheaton (Stand B,’ Me), Denise Crosby (la petite-fille de Bing Crosby) et LeVar Burton (Racines).
Après diverses modifications, lorsque Star Trek : The Next Ceneration apparaît enfin sur les petits écrans américains, le 4 octobre 1987, tous les fans attendent Gene Roddenberry au tournant.
Mais ils ne trouvent rien à redire. La nouvelle série est la digne héritière de la première !
Comme sa « grande soeur », elle traite des problèmes de son époque, autrement dit nôtre: drame de la drogue (Symbiosis et The Came), homosexualité (The Host et The Outcast), terrorisme (The High Cround), guerre du Golfe (The Wounded) et même répercussions de l’obsédante guerre du Viêt-nam (The Hunted).
Des personnages de l’ancienne série, surnommée dorénavant « Star Trek Classic’, font même des apparitions dans la nouvelle mouture. Le docteur McCoy, âgé de 137 ans, apparaît dans l’épisode pilote, Encounter at Parpoint. Il est suivi par Sarek, le père de Spock. Spock lui-même participera à un épisode en deux parties prévu pour le vingt-cinquième anniversaire de Star Trek, Unification. Enfin, dans Relics, Scotty, victime d’un incident de téléporteur, se retrouve quatre-vingts ans dans l’avenir pour rencontrer le nouvel équipage de l’Entreprise.
Star Trek renaît donc encore, et c’est un succès immédiat. Sur le plan des taux d’écoute (plus difficiles à évaluer car la série passe sur plusieurs chaînes et à plusieurs horaires), Next Generation arrive deuxième de la syndication, après la version américaine de La Roue de La Fortune !
Le résultat ne se fait pas attendre. Les chaînes proposent à la fois la diffusion de l’ancienne et de la nouvelle séries, et Star Trek voit un public supplémentaire s’ajouter à ses légions de fans.
La deuxième saison introduit Whoopi Goldberg dans l’univers de Star Trek: elle joue une barmaid mystérieuse nommée Guinan.
- Je suis fan de Star Trek depuis ma plus tendre enfance, confie l’actrice, et j’ai choisi ma profession grâce à Nichelle Nichols. En 1988, j’ai demandé deux fois de faire une apparition dans la nouvelle série, mais personne à Paramount ne voulait le croire. J’ai insisté en disant que j’étais prête à prendre un rôle de balayeuse. Gene a alors créé pour moi le personnage de Guinan.
En 1991, Star Trek: The Next Generation atteint un stade déterminant de sa carrière : son centième épisode ! La série est toujours en cours, et personne ne sait quand cela s’arrêtera. Michael Piller et Rick Berman, les producteurs, continuent sur leur lancée. Aujourd’hui, la série approche de son cent cinquantième épisode, et l’on vient d’apprendre qu’elle sera certainement renouvelée pour une septième saison de 26 épisodes.

STAR TREK : DEEP SPACE NINE

- « Gene Roddenberry aurait aimé cette série. Nous lui en avions parlé, et il attendait avec impatience de voir le pilote. Hélas, il est nous a quittés trop tôt. »

Rick Berman

Gene Roddenberry meurt en 1991, mais sa création lui survit. Courant 1992, Michael Piller et Rick Berman, ses « héritiers », commencent à travailler sur un « clone » de Star Trek: The Next Generation.

Pour cette nouvelle série, vite baptisée Deep Space Nine, pas d’Entreprise ! Et pour cause: le nouveau programme se situe à la même époque que les voyages de Picard et de son équipage. On crée donc une station spatiale en orbite autour d’une planète, bientôt « convoitée » parce qu’elle est située à proximité d’un « wormhole » (une brèche dimensionnelle reliant deux points très éloignés de l’Univers).
Le personnel de la station, dirigé par le commander Benjamin Sisko (premier « chef » de Star Trek interprété par un acteur de couleur, Avery Brooks), n’appartient pas en totalité à Starfleet, ce qui provoque des tensions.
Deep Space Nine, dont la diffusion vient de commencer aux Etats-Unis, reprend l’esprit de Star Trek dans une variante qualifiée par certains de « beaucoup plus adulte ». L’univers créé par Roddenberry est maintenant plus nuancé et admet des conflits « de personnes » qui augmentent le potentiel dramatique, tout en restant fidèle à la philosophie de son créateur.
En somme, l’illustration parfaite du changement dans la continuité.
Le pari semble difficile à tenir, mais seul l’avenir nous dira si cette série doit connaître le même succès que ses deux « soeurs ». Dix-huit épisodes seront diffusés jusqu’au mois de juin, et la série serait déjà renouvelée pour l’année prochaine.

STAR TREK VII ?

Star Trek VI: Terre Inconnue (The Undiscovered Country) était supposé clore la longue saga du premier équipage de l’Entreprise. Mais, suite au succès de cette dernière mouture, on peut parier sans trop de risque sur un prochain Star Trek VII. Les rumeurs les plus folles commencent à circuler parmi les fans et dans les magazines spécialisés. On trouve étrange que William Shatner ait un nouveau bureau dans les studios de Paramount. Est-ce à dire qu’il va réaliser le film ? Soyons réalistes: l’insuccès relatif de Star Trek V n’encouragera probablement pas les producteurs à confier un second film à l’acteur canadien!

Plus intéressant, dans un épisode récent de La Nouvelle Génération (Relics), Scotty se retrouve coincé au XXIV siècle à cause d’un incident de téléporteur. Selon un producteur de la Paramount, Star Trek VII serait la suite de cet épisode. L’ingénieur de l’ancien Entreprise, souffrant du mal du pays, décide de chercher le moyen de retourner à son époque, quatre-vingts ans plus tôt. Avec l’aide du capitaine Picard et de son équipage, il réussit à créer une boucle temporelle où ils sont tous aspirés. Bien entendu, l’objectif d’un tel scénario serait la rencontre historique entre les deux équipages!
Mais là encore, il faut être réaliste: le budget d’un pareil film serait exorbitant, ne serait-ce que sur le plan de la « masse salariale » ! Il y aura un Star Trek VII - c’est maintenant certain - mais son contenu demeure des plus mystérieux.
Il est clair qu’il ne le restera pas longtemps.

LES ARCHIVES DE STAR TREK
Edition BANTAM (Anglais)
TitreTraductionAuteurSortie
The Classic Episodes James Blish 67-77
Spock Must Die ! Spock doit Mourir James Blish 1970
Spock, Messiah ! Spock, Messie T.R. Cogswell et C.A. Spano 1976
Devil World Cordon Ekiund 1979
The Starless World Cordon Ekiund 1979
The Galactic Whirlpool Le Tourbillon Galactique Davk Cerrold 1980
Trek to Madworld Stephen Coldin 1978
Ferry’: Planet Joe Haldeman 1980
Planet of Judgement Joe Haldeman 1977
World Without EndWorld Without End Joe Haldeman 1979
Mudd’ Angels Judith A. Lawrence 1978
The Price of the Phoenix S. Marshak et M. Culbreath 1977
The Fate of The Phoenix S. Marshak et M. Culbreath 1979
The New Voyages S. Marshak et M. Culbreath 1978
The New Voyages II S. Marshak et M. Culbreath 1976
Vulcan Kathleen Sky 1978
Death’s Angel Kathleen Sky 1980

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Edition POCKET BOOKS (Anglais)
TitreTraductionAuteurSortie
The Motion Picture Star Trek Gene Roddenberry 1979
The Wrath of Khan La Colère de Khan Vonda N. Mclntyre 1982
The Search for Spock A la Recherche de Spock Vonda N. Mclntyre 1984
The Voyage Home Vonda N. Mclntyre 1986
The Final Frontier J.M. Dillard 1989
The Undiscovered Country Terre Inconnue J.M. Dillard 1992
Enteprise la Première Mission Vonda N. Mclntyre 1986
Strangers From the Sky Margaret Wander Bonanno 1987
Final Frontier Diane Carey 1988
Spock’s World Diane Duane 1988
The Lait Years J.M. Dillard 1989
Prime Directive J & C Reeves-Stevens 1990
Probe Margaret Wander Bonanno 1992
The Entropy Effect L’Effet Entropie Vonda N. Mclntyre 1981
The Klingon Gambit Robert E. Vardeman 1981
The Covenant of the Crown Le Pacte de la Couronne Howard Weinstein 1981
The Prometheus Design Le Concept Promethée S. Marshak et M. Culbreath 1982
The Abode of Life Lee Correy 1982
Blackfire Sonni Cooper 1983
Triangle Triangle S. Marshak et M. Culbreath 1983
Web of the Romulans Le piège des Romuliens M.S. Murdock 1983
Yesterday’s Son Le Fils du Passé A.C. Crispin 1983
Mutiny on the Enterprise Robert E. Vardeman 1983
The Wounded Sity Diane Duane 1983
The Trellisane Confront... David Dvorkin 1984
Corona Corona Greg Bear 1984
The Final Refiection John M. Ford 1984
My Enemy, My Aily Diane Duane 1984
The Tears ofthe Singer Les Larmes des Baladins Melinda Snodgrass 1984
The Vukan Academy Murd.. Jean Lorrah 1984
Uhura’s Sonq Janet Kagan 1985
Shadow Lord Laurence Yep 1985
Ishmael Barbara Hambly 1985
Killing time La Croisée des Temps Della Van Hise 1985
Dwellers in the Ci’ucible Margaret Wander Bonanno 1985
Pawns and Symbols Majliss Larson 1985
Mindshadow La Mémoire Foudroyée J.M. Dillard 1986
Crisis on Centaurus Brad Ferguson 1986
Dreadnauqht! Diane Carey 1986
Demons Démons J.M. Dillard 1986
Battlestations ! Diane Carey 1986
Chain of Attack Gene DeWeese 1987
Deep Domain Howard Weinstein 1987
Drearns of the Raven Carmen Carter 1987
The Romulan Way D. Duane et P. Morwood 1987
How Much for Just the ... John M. Ford 1987
Bloodthirt J.M. Dillard 1987
The IDlC Epidemic Jean Lorrah 1988
Time for Vesterday A.C. Crispin 1988
Timetrap David Dvorkin 1988
Three-Minute Universe Barbara Paul 1988
Memory Prime J. & G. Reeves-Stevens 1988
The Final Nexus Gene DeWeese 1988
Vulcan’s Clory La Gloire de Vulcain D.C. Fontana 1989
Double, Double Michael Jan Friedman 1989
The Cry cf the Onlies Judy Klass 1989
The Kobayashi Maru Julia Ecldar 1989
Rules of Engagement Peter Morwood 1990
The Pandora Princip Carolyn Clowes 1990
Doctor’s Orders Diane Duane 1990
Enemy Unseen V.E. Mitcheli 1990
Home is the Hunter Dana Kramer-Rolls 1990
Chost Walker Barbera Hambly 1991
A Flag Full of Stars Brad Ferguson 1991
Renegade Gene DeWeese 1991
Legacy Michael Jan Friedrnan 1991
The Riff Peter David 1991
Faces of Fire Michael Jan Friedman 1992
The Disinherited David/Friedman/Creenberger 1992
The Trap L.A. Graf 1992
Sanctuary Jarnes Vornbolt 1992
Death Count L.A. Graf 1993
Sheil Came Meissa Crandall 1993
The Starship Trap Mel Gilden 1993

LA SERIE TELEVISEE

Diffusée de septembre 1966 à juin 1969 sur NBC 13 épisodes diffusés sur TF1 en 1981 et diffusion intégrale sur la 5 en 1986. Créée par Gene Roddenberry. Producteurs : Gene Roddenberry, Gene L. Coon, John Meredith Lucas et Fred Freiberrr. Musique : Alexander Courage. Avec : Wilham Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, Nichelle Nichols, George Takei, James Doohan, Majel Barrett, Walter Koenig (saisons 2 et 3), Grace Lee Whitney (saison 1).

Pilote ( 1965 )
Titre VFTitre VOAuteur
0 The Cage The Cage Gene Roddenberry

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Saison I ( 1966 - 1967 )
Titre VF Titre VO Auteur
1 Ils étaient des Millions The Man Trap John Clayton Johnson
2 Charlie X Charlie X Fontana & Roddenberry
3 Où l’Homme dépasse l’Homme Where No Man ... Sainuel A. Peeples
4 L’Equipage en Folie The Naked Time John F.D. Black
5 L’Imposteur The Enemy Within Richard Matheson
6 Trois Femmes dans un Vaisseau Mudd’s Women Kandel & Roddenberry
7 Planète des Illusions What Are Littie ... Robert Bloch
8 Miri Miri Adrian Spies
9 Les Voleurs d’Esprit Dagger of die Mmd S. Bar-David
10 Fausses Manoeuvres The Corbomite ... Jerry Sohl
11-12 La Ménagerie The Menagerie Gene Roddenberry
13 La Conscience du Roi The Conscience of... Barry Trivers
14 Zone de Terreur Balance of Terror Paul Scimeider
15 Une Partie de Campagne Shore Leave Theodore Sturgeon
16 Le Galilée ne Répond Plus The Galileo Seven Crawford & Bar-David
17 Le Chevalier de Dalos The Squire of ... Paul Schneider
18 Arena Arena L. Coon & L. Brown
19 Demain Sera Hier Tomorrow is ... D.C. Fontana
20 Cour Martiale Court Martial Stephen W. Carabatsos
21 Le Retour des Archons Return of die ... Gene Roddenberry
22 Les Jumeaux de l’Apocalypse The Alternative ... Don Ingails
23 Les Derniers Tyrans Space Seed L. Coon & Cary Wilbur
24 Echec et Diplomatie A Taste of ... Hammer & Gene L. Coon
25 Un Coin de Paradis This Side of ... D.C. Fontana & Butler
26 Les Mines de Horta Devil in die Dark Gene L. Coon
27 Les Arbitres du Cosmos Errand of Mercy Gene L. Coon
28 Contretemps The City on die ... Harlan Ellison
29 La Lumière qui tue Operation : .... Stephen W. Carabataos

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SAISON II ( 1967 - 1968 )
Titre VF Titre VO Auteur
30 Le Mal du Pays Amok Time Theodore Sturgeon
31 Pauvre Apollon Who Mourus for ... A. Raiston & L. Coon
32 Le Korrigan The Changeling John Meredith Lucas
33 Miroir Mirror, Mirror Jerome Biiby
34 La Pomme The Apple Ehrlich & Gene L. Coon
35 La Machine Infernale The Doomsday ... Norman Spinrad
36 Dans Les griffes du Chat Catspaw Robert Bloch
37 Mudd I, Mudd Kandel & Gerrold
38 Guerre, Amour et Compagnon Metamorphosis Gene L Coon
39 Un Tour â Babel Journey to Babel D.C. Fontana
40 Un Enfant Doit Mourir Friday’s Child D.C. Fontana
41 Les Années Noires The Deadly Years David P. Harmon
42 Obsession Obsession Art Wallace
43 Le Loup dans la Bergerie Wolf in die Fold Robert Bloch
44 Tribulations The Trouble with... David Gerroid
45 Les Enchères de Triskelion The Camesters of ... Margaret Armen
46 Une Partie des Actions A Piece of die ... P. Harmon & L Coon
47 Amibe The Immunity ... Robert Sabaroif
48 Guerre et Magie A Private Littie War Roddenberry & Crucis
49 Tu n’es que Poussière Return To Tomorrow Roddenberry & Dugan
50 Fraternitaire Patterns of Force John Meredith Lucas
51 Retour sur Soi-Même By Any Other Naine Fontana & Bixby
52 Nous, Le Peuple The Omega glory Gene Boddenberry
53 Unité Multitronique The Ultiinate ... Fontana & N. Wolfe
54 Sur les Chemins de Rome Bread and Circuses Roddenberry & Kneubu
55 Mission Terre Assignment Earth Wallace & Roddenberry

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SAISON III ( 1968 - 1969 )
Titre VF Titre VO Auteur
56 Le Cerveau de Spock Spock’s Bnain Lee Cronin
57 Le Traître The Enterpnise ... D.C. Fontana
58 Illusion The Paradise ... Margaret Armen
59 La Révolte des Enfants And die Children ... Edward J. Lakso
60 Veritas Is There No Truth... Jean Lisette Aroeste
61 Au-delà du Far west Spectre of die Gun Gene L. Coon
62 La Colombe The Day of die Dove Jerome Bixby
63 Au Bout de l’Infini For die World is ... Rick Vollaerts
64 Le Piège des Tholiens The Tholian Web Burns & Richards
65 La Descendance Plato’s Stepchildren Meyer Dolinsky
66 Clin d’Oeil Wink of an Eye Heinemann & Cronin
67 Hélène de Troie Elaan of Troyius John Meredith Lucas
68 L’Impasse The Empath Joyce Muskat
69 La Colère des Dieux Whom Cods Destroy Erwin & ohi
70 Le Dilemme Let That Be Your ... Crawford & Cronin
71 Le Signe de Gédéon The Mark of Gedeon F. Slavin et S. Adanis
72 Les Survivants That Which Surv... JM Lucas & M Richards
73 Les Lumières de Zetar The Lights of Zetar J. Tarcher et S. Lewis
74 Requiem pour Mathusalem Requiem for Math... Jerome Bixhy
75 Le Chemin d’Eden The Way to Eden Heinemann et Richards
76 Nuages The Cloudminders Gerrold et Crawford
77 La Frontière The Savage Curtain Roddenberry/Heinemaxm
78 Le Passé All our Yesterdays Jean Lisette Aroeste
79 L’Important The Turnabout Int... Singer et Roddenberry

LES FILMS

STAR TREK: LE FILM
Star Trek : flue motion Picture, 1979. Ecrit par : Alan Dean Foster et Harold Livington. Produit par: Gene Roddenberry. Effets spéciaux: Douglas Trumbuli. Musique : Jerry Coldsmith. Réalisé par: Robent Wise. Avec: Stephen Colins et Persis Kha.mbatta

STAR TREK II: LA COLERE DE KHAN
The Wrath of Khan, 1982. Ecrit par: Harve Bennett et Jack B. Sowards. Produit par : Robent Salin. Effets Spéciaux : ILM. Musique : James Horner. Réalisé par: Nicholas Meyer. Avec: Ricardo Montalban, Kirstie AIley et Menitt Buttnick.

STAR TREK III : A LA RECHERCHE DE SPOCK
The Search for Spock, 1984. Ecrit par : Harve Bennett. Produit par : Harve Bennett. Effets Spéciaux : ILM. Musique : James Horner. Réalisé par: Leonard Nimoy. Avec : Robin Curtis, Christopher Lloyd, Dame Judith Anderson, Mark Lenard et Menitt Buttnick.

STAR TREK IV: RETOUR SUR TERRE
The Voyage Home, 1986. Ecrit par : Leonard Niinoy, Harve Bennett et Nicholas Meyer. Produit par : Harve Bennett. Effets Spéciaux: ILM. Musique: Leonard Rosenman. Réalisé par: Leonard Nimoy. Avec : John Schuck, Catherine Hicks et Mark Lenard.

STAR TREK V: L’ULTIME FRONTIERE
The Final Frontier), 1989. Ecrit par : Wilhiaiu Shatner, Harve Bennett et David Loughery. Produit par : Harve Bennett. Effets Spéciaux: Bran Ferren. Musique de: Jerry Coldamidi. Réalisé par : William Shatner. Avec : Laurence Luckinbil et David Warner.

STAR TREK VI : TERRE INCONNUE
The Undiscovered Country, 1991. Ecrit par : Leonard Nimoy, Lawrence Konner et Nicholas Meyer. Produit par : Ralph Winter et Steven-Charles Jaffe. Effets Spéciaux : ILM. Musique de : Cliif Heidelman. Réalisé par: Nicholas Meyer. Avec: David Warner, Mark Lenard, Kim Cattral, hnan, Christophen Plunimer, Michael Dom et Rosana DeSoto.

Cette ligne de programmation ne sert qu'a formaté proprement les lignes de textes lors d'un utilisation sous Mozilla Firefox. J'aimerais pouvoir m'en passer mais je ne sait pas comment, alors pour l'instant. Longue vie et prospèrité