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Les visiteurs du temps
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Les visiteurs du temps.
Prologue

Angus eut un sourire tendre en voyant Lucille endormie dans le canapé, tenant d’une manière abandonnée le bébé de trois mois accroché à son sein gauche… Il avait accueilli l’arrivant d’un regard satisfait, puis s’était de nouveau tourné vers la rondeur nourricière…

Le conseiller avait chassé le chat persan, offert aux quatre ans de sa grande sœur, et qui avait pris ses habitudes sur le fauteuil et le quitta en miaulant de dépit, puis s’y assit confortablement, prit son PADD et commença à consulter les dernières conclusions du docteur Martinet et à y noter ses commentaires…

Lwaxanna entra à son tour en coup de vent, suivie par son père tenant son sac d’écolière, le chat tournant autour d’elle de plaisir de retrouver sa petite maîtresse jusqu’à qu’elle le prenne… Angus essaya bien de retenir l’exubérance de la petite fille, mais trop tard, recevant la petite fille et son félin sur les genoux…

- « Oh… Tonton Angus ! Tu sais bien qu’il ne faut pas laisser maman dormir… »

- « Je le sais, princesse, je le sais… Mais je suis toujours intrigué qu’elle ait pu récupérer cette fonction organique… Qu’as-tu appris en classe aujourd’hui ? »

- « Tous les sons qui font o… C’est dur d’apprendre à lire… »

- « Tu en auras besoin pourtant… »

Luc pendant ce temps avait pris le bébé alors que Lucille essayait de se réveiller avec difficulté… et l’avait emmené en cuisine…

- « Pourquoi je ne suis pas Borg ? On me transfère dans la tête ce que je dois savoir et hop je sais… »

- « Parce que personne n’est fait pour être Borg… »

- « Lwaxanna... »

- « Pardon maman… »

La fillette avait senti le ton douloureux, et se précipita pour embrasser sa mère, qui lui rendit la tendresse en l’entourant de ses bras…

- « J’ai de plus en plus de mal à le nourrir… »

- « Je demanderai au docteur Martinet de contrôler une nouvelle fois votre dégradation corticale… »

Il essaya de chasser le ton triste qu’il avait pris quand il vit Luc revenir donnant un biberon au bébé… Il s’était assis près de Lucille, qui avait fini par se relever et se coller contre son compagnon, Lwaxanna se vautrant sur le canapé avec le chat revenu…

- « Maintenant que vous êtes tous ici, je dois vous faire lire ceci… »

Le Betazoïde avait tendu son PADD à Luc… Ce fut Lucille qui s’en saisit et se mit à le lire…

- « Un rapport du capitaine Sisko ? Les visiteurs les plus intrigants que DS9 ait connu… Il a été écrit durant la Guerre du Dominion… Et il est désormais porté disparu… Pourquoi nous le montrer maintenant ? »

- « Parce que la description qu’il a fait de la petite famille vous correspond maintenant… Un couple avec une petite de six ans et un bébé, accompagné de leur conseiller Bétazoïde… »

- « Et pourquoi serions-nous venus sur DS9 ? Une menace Borg ? Encore ? »

- « Le capitaine Sisko et son équipe avaient assez à faire avec les Cardassiens et les Fondateurs… »

- « Les Fondateurs… Une des seules races qui ne soient pas assimilables… De par leur constitution organique même… »

- « Vous semblez le regretter, Lucille… »

- « Avec leurs connaissances du clonage et de la manipulation génétique, les Borg seraient les maîtres de toute la Galaxie… »

- « Vous prévoyez quand même encore un voyage dans le temps ? »

- « Seulement une vingtaine d’années… Luc Picard, pourquoi auriez-vous aménagé spécialement cette ancienne navette de type Sakharov qu’on vous a donné ? »

Lucille avait pris un air neutre…

- « Luc ? Tu ne m’en as rien dit ? Tu maîtrises ton implant ? »

- « Lucille… »

- « Il maîtrise… »

Le Bétazoïde avait laissé échapper un sourire…

- « Joyeux anniversaire… »

Chapitre I

La navette qui se posa sur la plate-forme n’avait extérieurement rien de différent… Pourtant l’aménagement intérieur avait été spécialement conçu pour leurs utilisateurs… Deux alcôves borg, avec une large banquette en face, encadraient les postes de pilotage aux consoles à tonalités vertes… Une table fixée au sol et une longue assise assortie faisait face à la porte d’accès et d’autres couchages étaient prévus au fond de l’engin… Quelques rangements et un coin toilette achevaient de compléter l’ensemble pour permettre de circuler dans l’espace en toute autonomie…

Dès qu’elle fut descendue au niveau des hangars, trois adultes, dont une femme enturbannée qui portait un bébé, et une fillette tenant la main de celui qui était visiblement son père en sortirent…

- « Pourquoi ne pouvons-nous pas utiliser le tunnel de transdistorsion ? »

- « Lucille… Nous devons être le plus discrets possible… »

Ce fut le major Kira qui se chargea de leur accueil, en leur distribuant des commbadges…

- « Ah, vous voilà… Accrochez les, nous sommes toujours en conflit… Nous devons toujours savoir où sont les civils… »

- « Vous excuserez le commandant Yates auprès du capitaine Sisko… Elle n’avait pas le temps… »

- « Oh, le vilain prétexte… Tout le monde regrettera qu’elle ne vienne pas nous dire bonjour quand il s’agira de vous récupérer… Vous voulez voir les quartiers visiteurs qu’on vous a assignés ? »

- « Ce n’est pas la peine… Nous dormirons dans notre navette… »

- « Pourquoi ? »

- « Nous avons nos raisons… »

Lucille aima le regard doux et déterminé de la Bajorane, qui sentit qu’il ne fallait pas insister…

- « D’accord… Nous vous fournirons l’énergie nécessaire… »

Angus avait senti les bonnes dispositions de Lucille envers le major et la laissa faire…

- « Ah… Et le capitaine a demandé à vous voir dès qu’il a eu connaissance de votre venue… »

- « Nous sommes seulement en voyage d’études… Nous avons seulement besoin de son autorisation pour consulter des documents bajorans et cardassiens… Nous voudrions éviter de le déranger… Nous connaissons son histoire, pas la peine de réveiller les vieux démons… »

Le major s’interrogea de plus en plus sur les intentions des arrivants sans ressentir d’hostilité envers elle… Lucille avait senti son hésitation…

- « Nous sommes incapables de mensonge… Laissez nous le luxe de l’omission pour l’instant… »

Voyage d’études… La raison invoquée la laissa perplexe… et pressentit un motif beaucoup plus grave… Voyant la difficulté de Lucille à renouer des liens sociaux, Angus Majel intervint…

- « Major Kira ? Ne vous formalisez pas… Elle vous a déjà accordé sa confiance, et elle a besoin d’amies… »

La Bajorane avait souri…

- « Aucun problème… En attendant, la promenade est à votre disposition… »

- « Le… bar est ouvert ? »

Sans quitter le sourire qui lui était apparu pour essayer de détendre Lucille, Nerys eut un soupir de découragement…

- « A cette heure-ci il doit être bondé… »

- « Très bien… Madame Picard, nous allons débuter votre traitement de votre phobie de la foule… Nous vous laissons à vos occupations, Major… »

Elle avait laissé s’éloigner le petit groupe, encore interloquée…

- « Picard ? »

* * * *

Angus avait courbé son bras pour que Lucille s’y accroche… Elle avait semblé hésiter, Luc lui avait pris le bébé des bras… Elle avait regardé le Betazoïde d’un air septique…

- « Depuis le temps que je m’occupe de vous, il serait temps que vous me fassiez confiance… »

- « Lwaxanna… Prends la main de ta mère… »

Lucille finit par prendre le bras du psy, pour entrer dans le bar de la Promenade…

Comme Kira l’avait prédit, l’endroit était bondé, Lucille se raccrocha de plus belle au bras d’Angus d’inquiétude… Angus la suppliait par télépathie de concentrer sur sa voix et Luc ne cessait de la rassurer par leur lien mental…

- « Oh le joli bébé… »

- « Comment s’appelle-t-il ? »

- « Lilian… »

Plusieurs personnes s’étaient approchées pour voir l’enfant de plus près dans les bras du père aux yeux brillants qui ne cessa pas pour autant le contact avec Lucille, qui roulait des yeux affolés et se débattait avec elle-même pour ne pas crier de panique…

- « Lucille… Je t’aime… »

- « Aïe ! Maman desserre ta main tu me fais mal… »

L’attroupement avait attiré un petit bonhomme aux oreilles démesurées…

- « Voyons… Voyons… Vous voyez bien qu’il y a une charmante dame qui ne va pas bien… Laissez-la choisir une table…Nous avons les meilleurs vins de ce quadrant… »

- « Ah désolé… Ces personnes ne supportent pas l’alcool… »

- « Thé vert…»

Angus prit en grippe le Ferengi au costume criard et au ton mielleux… Et Lucille s’accrochait toujours à son bras…

- « Il a de la chance que je ne puisse pas lire ses pensées… Méfiez vous vous toujours des Ferengis, Lucille… »

- « Pas de problème… Ceux assimilés en fin de compte se sont révélés non rentables… »

Il eut un sourire devant le trait d’humour qui le rassura…

Une grande table ronde se libéra au fond de la salle, idéalement placée selon l’avis du Bétazoïde pour que Lucille puisse voir tout « danger » potentiel venir de loin… A peine assis, Luc, qui s’était mis près de celle qui l’aimait, avait délicatement calé le bébé et tendu deux doigts… Lucille s’empressa d’y joindre les siens et à accepter l’échange de tendresse qui la détendit suffisamment pour chercher l’amour qu’il lui prodiguait par les regards échangés…

Lwaxanna se sentit intruse et fit une moue boudeuse au conseiller…

- « Tonton Angus ! »

- « Chuuut… Oui, princesse… Tu auras ton jus d’ananas… Montres lui plutôt que tu l’aimes beaucoup… »

La fillette ne se fit pas prier et s’agrippa au bras inoccupé de sa mère pour la faire se pencher et l’embrasser… Lucille, dans une demi-conscience, l’avait entourée pour la serrer contre elle, sans quitter des yeux Luc…

Et c’est ce bonheur familial apparent qui accueillit la dabo-girl ébahie servant les boissons, sous l’œil bienveillant du conseiller…

* * * *

Benjamin Sisko s’était impatienté dans son bureau… Il finit par passer par l’Obs où il y trouva Kira…

- « Major ? Où sont les personnes que vous avez accueillies tout à l’heure ? »

- « La femme que le psy bétazoïde a appelée madame Picard m’avait semblée… nerveuse… Et l’autre homme avait un air bizarre… Je leur ai donc conseillé d’aller faire un tour sur la Promenade… »

- « Madame Picard ? »

- « Cela vous étonne vous aussi ? Il faudra m’expliquer pourquoi ils sont venus avec leur fille et leur bébé… Les environs du wormhole restent dangereux… »

- « Où sont-ils ? »

- « Probablement chez Quark… »

- « Très bien… »

* * * *

Le capitaine aimait assez peu le bar de la Promenade où le décor mêlait la rigueur cardassienne avec le mauvais goût ferengi…

Il eut tôt fait pourtant de repérer l’incongruité de la présence d’un groupe de trois adultes et deux enfants… Et de s’approcher de leur table…

- « Angus Majel ?

- « Oui ? Ah bonjour, capitaine Sisko… Il ne fallait pas vous déranger… J’ai estimé que le traitement de ma malade était plus urgent que de vous annoncer notre arrivée… »

- « Traitement ? Ici ? »

- « Pourquoi pas ? Obliger un malade à affronter l’objet de sa phobie est une des thérapies… Pourrais-je solliciter votre docteur Bashir en cas de problème physique ? »

- « Le docteur Bashir est à la disposition de tous les malades qui ont besoin de ses compétences… Et le chef O‘Brien vous équipe une salle pour vos consultations des documents demandés… Bien que je ne comprenne toujours pas l’intérêt de votre demande… »

- « Nous vous expliquerons en temps utile… »

- « Vous ne me faites pas confiance… »

- « Ce n’est pas une question de confiance, capitaine… »

Angus préféra céder…

- « Très bien… Si vous voulez des explications, je vous suis dans votre bureau… »

- « Je suis fatiguée… »

- « Lucille ? »

- « Nous retournons à la navette… »

- « Confiez votre fille à madame O’Brien…. Molly a à peu près son âge, elle sera ravie de jouer avec une nouvelle amie… »

Lucille avait regardé Luc pour y voir son désir dans ses yeux…

- « D’accord, demandez lui aussi de lui faire réviser ses leçons… Elle est en vacances scolaires, mais je ne veux pas qu’elle perde ses acquis… »

- « Nous vous accompagnons…. Je reviendrai vous voir avec le docteur… »

* * * *

Ben était nerveux, de l’autre côté de son bureau Angus Majel affichait une sérénité de façade, alors qu’il essayait de ne pas être déstabilisé par les interrogations mentales fortes de son interlocuteur…

- « Capitaine Sisko… »

- « Non, monsieur Majel… Nous sommes en état de guerre… Nous ne pouvons pas permettre aux civils n’importe quoi… Qui est-elle exactement ? »

- « Une humaine… Quelqu’un qui mérite qu’on fasse le sacrifice d’une vie de famille pour qu’elle puisse mener la sienne… Quelqu’un de psychologiquement détruit que seul l’amour de son compagnon peut atteindre… Quelqu’un qui a du réapprendre à communiquer… à retrouver une illusion de vie normale… Quelqu’un qui a eu et qui aura encore des problèmes avec l’autorité… »

- « En bref, capable de n’en faire qu’à sa tête… »

- « Parce qu’elle a été le symbole de l’autorité pour des milliers d’êtres assimilés, alors qu’elle était l’esclave d’elle-même… »

- « Assimilés ? Mais encore ? »

- « Pourquoi faire ? A l’heure qu’il est, elle n’a pas encore été récupérée par le Voyager… »

- « Le Voyager est porté disparu… »

- « Elle l’est aussi pour son époque d’origine… »

Un temps de silence… Sisko analysait les paroles du conseiller avec la crainte de trop bien comprendre…

- « Et il n’est pas prouvé qu’il y avait une reine Borg à Wolf 359… »

Sisko s’était levé brusquement, faisant sursauter le Bétazoïde…

- « C’est une reine Borg ? Ici ? »

- « Je savais que vous le prendriez mal… »

- « Et celui qui semble être le père des enfants ? »

- « Borg lui aussi… Les enfants sont normaux, seules leurs nanites sanguines dénoncent les origines de leurs parents… »

- « Vos ne me laissez pas le choix… Je vais donc vous demander de vous tenir fermement à votre objectif… »

- « Limiter les contacts au strict nécessaire ? Soit… L’expérience du bar de la promenade est suffisamment concluante pour moi… »

- « Et qui est ? »

- « Elle ne guérira jamais de ses phobies … Mais tant que ceux à qui elle accorde sa confiance lui laissent le choix de ses décisions, elle restera contrôlable… parce qu’elle les laissera soumettre leurs conseils et leurs désaccords… Quant aux autres, tant pis pour eux… »

* * * *

Luc avait caressé une épaule nue, y avait déposé un baiser, puis s’était levé… Il savait que Lucille appréciait toujours qu’il lui fasse l’amour, mais qu’elle avait aussi de plus en plus de mal à récupérer, surtout lorsque les tensions se faisaient trop présentes…

Il lui avait réglé son alcôve, puis préparé un biberon… Le bébé avait commencé à s’agiter dans son couffin et ce sont ses gazouillis de plaisir d’être changé qui réveilla sa mère… L’instant de complicité entre le père et son fils qu’elle surprit la ravit…

- « Dès que tu es prête, je t’installe dans ton alcôve… »

- « Et toi ? »

- « Je suis le Compagnon… Je m’occupe de toi… Et de Lilian… »

Il l’avait vu se lever, et se diriger vers l’alcôve… Il avait calé le bébé dans un bras et s’était approché d’elle… Elle avait posé sa main sur la tête de l’enfant et avait caressé les petits cheveux bruns, puis l’avait regardé lui, l’avait trouvé beau… pour l’embrasser à pleine bouche… Elle perçut le désir pour elle qui revenait quand il passa sa main libre au creux de ses reins pour la plaquer contre lui… Elle le repoussa en douceur, s’installa sur la plate-forme sans le quitter des yeux, un sourire amoureux s’était dessiné…

- « Tout à l’heure… »

Il la vit fermer les yeux, mit en route l’alcôve, la regarda encore, consentit à aller nourrir l’enfant quand il commença à s’agiter…

* * * *

En entrant dans la navette, Angus trouva Luc seulement vêtu d’un pantalon et en train de donner le biberon à Lilian… D’un regard il accepta sa présence, et eut un regard noir vers le docteur Bashir qui le suivait et qui eut un mouvement de recul en voyant l’aménagement… Il fut épouvanté du crâne câblé, satisfait de l’air détendu que Lucille affichait… et troublé devant sa nudité parfaite, sous un second regard noir…

- « Bon sang… Qui est au courant sur la station ? »

- « Le minimum de personnes… Nous sommes ici officiellement pour traiter sa phobie de la foule, je vous charge de surveiller sa dégradation cérébrale… Elle s’est plainte de maux de tête durant le voyage… »

- « Mais je n’ai aucune connaissance des Borg ! »

- « Vous avez les fichiers indispensables à votre disposition… »

- « Mais d’où viennent-t-ils ? »

- « De la Terre… »

Il avait scanné Lucille…

- « Combien de temps estime-t-on qu’il lui reste à vivre ? »

- « Une vingtaine d’années… »

- « Vous pourrez la faire venir à l’infirmerie pour un examen complet ? »

- « Vous me fournirez vos résultats ? Le médecin qui la suit cherche encore la molécule pour ralentir la dégradation, il sera sûrement intéressé… »

Julian accepta d’un signe de tête, tout en semblant fasciné…

- « C’est un cas médical magnifique… Elle semble si peu marquée… Même ses deux grossesses n‘ont pas eu l’air d’avoir eu de prise sur elle… »

- « Trois grossesses… »

- « Pardon ? Où est l’enfant manquant alors ? »

- « Considérez le comme décédé… »

Le médecin eut une grimace, il vit que le Bétazoïde n’en dirait pas plus… Il scanna le bébé qui lui jetait des regards de curiosité tout en continuant à téter…

- « Il est en pleine santé… »

- « Elle a mis presque deux ans avant de pouvoir le concevoir pourtant, contrairement aux autres qui sont venus dès la décision de les avoir… L’accouchement a été pénible et elle se plaint de ne pas avoir assez de lait pour lui… Alors que pour le premier, son excédent à permis de sauver un bébé prématuré… »

- « A ce point ? Et où est sa sœur ? »

Il avait saisi une holo-photographie représentant une petite fille blonde et un petit garçon noir, tout deux d’environ deux ans et demi, s’embrassant…

- « Oh… c’est le fils d’un chef-ingénieur… Et Lwaxanna était ravie de marier ses parents… Elle est chez les O’Brien… Elle a besoin, elle, d’avoir des contacts avec des enfants de son âge… Et je ne veux pas que l’attachement qu’ils ont pour elle ne nuise à son autonomie… »

- « D’accord… »

Un signal d’appel avait interrompu la conversation…

- « Angus Majel… »

- « Ici le chef O’Brien… Vous direz à vos amis que la salle est prête… »

- « Ils iront dans trois heures… Comment va Lwaxanna ? »

- « Votre chipie mène toute le monde par le bout du nez… Et a tendance à raconter beaucoup d’histoires incroyables… »

- « Et vous ne voulez pas qu’elle influence votre fille… Je vois… Elle est élevée par deux personnes pour qui le mensonge est un exercice difficile, alors ne l’accusez pas de ce vice… Expliquez lui qu’il y a des choses qu’il vaut mieux omettre de dire… »

- « Très bien… »

Angus coupa la conversation, se tourna vers Luc, tendit ses bras…

- « Je crois qu’il ne va pas falloir éterniser notre présence sur la station… Allez vous regénérer vous aussi, je veillerai sur Lilian… »

* * * *

- « Non, non, et non… Je n’en peux plus de ne rien pouvoir faire ! Ca fait dix fois que tu me fais faire le recensement de l’équipement d’un module passagers standard… Pourquoi pas le balayage pendant qu’on y est ? »

>- « Quand vas-tu comprendre que nous ne sommes pas en touristes ici ? »

- « Tu es chargé de m’apprendre !

- « Très bien… J’ai trouvé… »

Luc avait attrapé Lucille par le bras pour l’entraîner de force hors de l’atelier… »

- « Aïe… tu me fais mal… »

- « Tu veux apprendre, oui ou non ? Alors tu vas me faire un démontage/remontage de moteur… »

Le ton avait monté d’un cran, le pilote qui passa par là avait tourné la tête vers le couple…

- « Albert ? L’aigle quinze est toujours en réparation ? »

- « Il t’attend au hangar deux... »

Il l’emmena au tube le plus proche, en sortit pour prendre la ligne ouest, malgré qu’elle se débattait et ses cris de dépit et sous un œil sidéré d’un technicien sur un ordinateur, la jeta dans le module qui démarra dès que la porte se ferma sur eux…

- « Et bien sûr tu ne vas pas m’aider… »

- « Ne te plains pas, c’est à un groupe de moteurs entier à remonter que j’ai eu droit la première fois ! »

- « Et tu ne vas pas te risquer à abîmer l’uniforme neuf tout frais passé de ce matin… »

- « Ne va pas t’imaginer que je l’ai passé exprès pour toi… »

- « Et pourquoi pas ? Vu l’état lamentable de celui d’hier… Tu le portais depuis combien de temps ? Et tu as fait jusqu’à l’effort de te raser… »

Elle l’avait remarqué… Elle passait son temps à le mettre dans une situation inconfortable, il était gêné et ne put répondre que sur un ton bougon…

- « J’ai assez du commandant Koenig pour me reprocher d’user mes uniformes jusqu’à la corde et d’oublier le renouvellement régulier… Récite-moi donc l’équipement standard d’un module transporteur… »

- « Je… Luc ! »

Il avait planté son œil valide dans son regard… Pour se retrouver comme hypnotisé…

- « Luc, tu ne m’écoutes plus… »

Elle s’était libérée d’un geste d’humeur, était allé s’asseoir les larmes aux yeux en lui tournant le dos… Il s’était adossé sur une cloison, la regardait d’un air déçu… Quand il vit une épaule se soulever par un sanglot, il s’assit derrière elle, examina le petit paquet mal emballé qu’il tenait depuis le début à la main…

- « Je sais que c’est ton anniversaire aujourd’hui …Et tu n’as même pas cherché à savoir ce que je t’ai amené… »

Il avait tendu le paquet en lui posant le bras sur l’épaule, elle l’avait pris d’un air intrigué, pour se retourner et le regarder l’œil humide… Devant l’œil approbateur, elle avait déchiré le papier ficelé à la va-vite pour sortir une barrette d’un simple métal, mais orné de petits éclats d’émeraude… On sentait que celui qui l’avait fait y avait mis tout son cœur et son adresse…

Elle l’avait portée au niveau de ses yeux, appréciant chaque détail…

- « Luc… C’est magnifique… C’est toi qui l’as fait ? »

- « J’ai tanné Reilly pour avoir ses restes d’émeraude… Et j’ai fait deux ans d’apprentissage en bijouterie… Je voulais quelque chose qui aille avec tes yeux… Et je voudrais que tu attaches tes cheveux… »

- « C’est…c’est… »

Elle était encore au bord des larmes, il la regardait fixement…

- « C’est mon plus bel anniversaire depuis longtemps… »

- « Bon anniversaire alors… »

- « Luc… Je suis arrivée avec rien…. Et je n’ai pas l’habitude de ce genre de… sollicitude… »

- « Je… j’ai perdu l’habitude de… d’avoir quelqu’un près de moi… »

Il se sentait idiot…

- « Aide-moi à le mettre… »

Elle avait regroupé ses cheveux, tordu puis remonté la mèche obtenue, il avait passé la boucle dans l’épaisseur et actionné la fermeture…Ses doigts avaient commencé à trembler quand il toucha la chevelure et il passa au cramoisi quand ils passèrent dans son cou pendant qu’elle se retournait…Elle avait frissonné sous le contact, s’étonnant de sa propre émotion et surprenant le trouble de Luc…

- « Qu’est-ce que tu es belle… »

- « Le tube est arrêté… Tu voulais me faire remonter un moteur… »

* * * *

La première chose qu’elle vit quand elle ouvrit les yeux, c’est qu’il la regardait…

- « Pourquoi nos souvenirs me reviennent-ils ainsi ? »

- « Ton cerveau lutte contre sa dégradation… Toutes les nanites borg n’y pourront rien… »

Elle était descendue de l’alcôve, la tristesse et le désir de son compagnon l’avait déstabilisée…

- « Habille-toi… La salle est prête pour nos recherches… »

* * * *

Lucille et Luc s’étaient concentrés sur leurs consoles respectives, Lilian dans son couffin semblait hésiter entre sommeil et éveil, mais calme à sentir ses parents proches…

Jadzia était entrée dans la salle technique en espérant ne pas les avoir dérangés…

- « Vous connaissez le Bajoran et le Cardassien ?

- « Et beaucoup d’autres langues de peuples dont vous ignorez encore l’existence... »

La Trill en fut épatée… Mais elle était tenue à distance…

- « Comment avez-vous accumulé autant de connaissances ? »

- « Nous avons beaucoup voyagé… »

- « Vous restez bien mystérieux tous les deux… Et chacun a l’air de connaître l’autre sur le bout des doigts… »

- « C’est mieux ou pire que ça… Nous vous donnons l’impression de former le couple idéal, n’est-ce pas ? Détrompez-vous… Nous nous aimons, certes, mais le lien mental qui nous unit est artificiel… Nous sommes des enchaînés ensemble, mais je suis la seule à savoir ce qu’il a vécu, comme il est le seul à savoir ce que j’ai vécu… »

Elle avait à peine regardé l’officier scientifique qui sentit son intelligence mise au défi…

- « Vous n’êtes pas humains… »

- « Nous sommes nés humains… Consultez nos états-civils… »

- « Ca peut se modifier… »

- « Ils sont modifiés… Notre vérité est trop incroyable même pour un esprit ouvert comme le vôtre… Comme nous vous trouvons fascinante… »

- « Pardon ? »

- « La symbiose animale n’est pas exceptionnelle, mais entre deux espèces intelligentes et à ce niveau, oui… D’autres peuples ont été assimilés pour moins que ça… »

- « Ce sont les Borg qui vous intéressent, n’est-ce pas ? A notre connaissance ils ne sont jamais venus par ici… »

Lucille avait planté des yeux brillants dans le regard de Luc, une larme prête à perler… Il était intervenu…

- « Lieutenant Jadzia Dax… Vous ignorerez toujours ce que sont les Borg… »

- « Luc… Image sur écran… »

Jadzia les avait senti blessés et n‘insista pas… Elle se demanda où ils voulaient en venir quand Bajor s’afficha….

Et fut sidérée par ce qu’elle vit…

- « La Lune terrestre ? Et un Cube Borg ? De quand date ce document ? »

Pianotage rapide de Luc… »

- « Cent douze ans… Date du document bajoran qui relate des évènements un peu particuliers dans leur ciel… »

- « Nous les avons empêchés de tomber dans les mains des Fondateurs… »

- « Pardon ? »

- « Les Alphans… Et notre fils aîné… »

- « Agrandissement… en haut à droite… »

Nouvel étonnement…

- « On dirait un sarcophage… et un battle-cruiser Jem’hadar ? »

- « Voilà… Nous allons enquêter chez leurs maîtres… Il va être temps de nous intéresser au contenu du sarcophage… »

- « Ils n’ont pas attaqué Bajor ? »

- « Bajor était pacifique avant l’occupation cardassienne…»

Lucille avait une conversation mentale avec Luc, puis avait regardé Jadzia…

- « Nous devons les voir… »

- « Qui ? »

- « Les Fondateurs… »

- « Vous êtes folle ? »

- « Au contraire, nous sommes peut-être les mieux placés pour les rencontrer… Ils n’ont rien à craindre de nous… Comme nous n’avons rien à craindre d’eux… »

- « Personne n’acceptera de vous laisser partir seuls par le vortex… Vous avez une idée de qui vont vous accompagner ? »

- « Oui… »

* * * *

- « Vous êtes complètement fous ! »

Benjamin Sisko croyait être habitué au pire… Son entendement était pourtant dépassé…

- « Si je comprends, vous voulez que je vous laisse partir à la poursuite de votre passé… »

- « C’est un peu ça… »

- « Je n’ai aucune responsabilité sur vos personnes, je ne pourrai vous empêcher de vous jeter dans la gueule du loup… Par contre, si des personnes placées sous mon commandement venaient à avoir des problèmes à cause de vous, je tiens à vous informer des conséquences que je me verrai dans l’obligation de faire ce que je dois… »

- « Nous comprenons… Mais votre chef de la sécurité nous semble un individu prudent, le major Kira une femme pleine de bon sens… »

- « Pourquoi Odo et Kira ? »

- « Il est Fondateur, elle est Bajorane… Nous voulons montrer que nous y allons en paix… Nous veillerons à ce qu’ils reviennent dans toute leur efficacité… »

Angus Majel sentait le couple inquiet et nerveux…

- « Capitaine Sisko ? Je reste ici avec les enfants… Je sais que rien que pour eux, ils feront le maximum pour revenir dans les meilleures conditions… Et la navette n’est pas adaptée au vortex… »

Il mentait et Lucille l’avait senti… Angus la protégeait… parce que Sisko restait soupçonneux envers eux !

- « Soit… D’accord… Je ne vous ferai pas plier… Vous connaissez les runabouts ? »

- « Nous pilotons toutes les navettes que vous voulez… »

- « Je vous mets le Yang-Sé-Kiang… »

* * * *

- « Maman ! Papa ! Vous me laissez toute seule ! »

Lwaxanna s’était planté devant sa mère, la mine boudeuse et prête à pleurer…

- « Tu n’es pas seule… Angus Majel reste… Et tu n’aimes pas ta nouvelle amie ? »

- « Elle dit que je suis une menteuse… Et depuis que le bébé est là, vous vous occupez moins de moi… »

- « Nous nous occupons toujours de toi… Lwaxanna… Princesse… Tu resteras notre bébé miracle… Et tu grandis si vite… Tu resteras notre fille… Notre unique fille… »

- « Maman… Je veux toujours être avec toi… »

- « Tu sais qu’il faudra qu’on se quitte un jour… Nous te l’avons expliqué… »

- « Ta maladie au cerveau ? »

- « Oui, princesse, mais ce n’est pas pour maintenant… Cette fois-ci nous allons tout faire pour revenir très vite… »

- « Ce n’est jamais que pour les grandes personnes où vous allez…»

Lucille avait aperçu du coin de l’œil Keiko O’Brien qui attendait avec Molly… Et lui fit signe d’approcher… »

- « Je peux à nouveau vous la confier ? Angus Majel aura assez avec le bébé… »

- « Bien sûr… Elle a son petit caractère… et beaucoup trop d’imagination ! »

- « Cela vous gène ? »

Lucille se reprocha son ton rogue devant l’hésitation de son interlocutrice… »

- « Non… Non… Elle a encore le temps d’apprendre à utiliser ses défauts et ses qualités de la meilleure manière… Et si je peux l’aider d’une manière ou d’une autre j’en serai ravie… »

- « Excusez-moi… Je continue à semer la peine autour de moi… »

- « Allez où vous devez… Et revenez nous vite… »

Chapitre II

La navette avait quitté la station avec ses quatre passagers, Luc avait manifesté son désir de la piloter, Kira Nérys avait sauté sur l’occasion pour essayer de mieux connaître cette étrange femme qu’était Lucille et laisser les deux « hommes » les emmener…

La curiosité d’Odo et du major Kira faisait miroir avec l’inquiétude de Lucille que Luc n’arrivait pas à canaliser…

- « Pourquoi tenez-vous absolument à les rencontrer ? »

- « Ils ont peut-être des réponses à certaines de nos questions… »

Si Lucille et Luc avaient fait confiance à Odo en tant qu’individu, il avait bien réussi à avoir celles des résidents de la station, ils se méfiaient encore de son espèce…

- « Et pourquoi n’avez-vous pas proposé votre navette ? »

- « Disons que je ne veux pas que Lwaxanna et Lilian soient trop frustrés de notre absence… En leur laissant un coin connu sur la station, j’espère qu’ils se sentiront en sécurité »

- « Vous êtes très… Collectif avec vos enfants… »

- « Vous ne croyez pas si bien dire »

- « Vous connaissez Lwaxanna Troi, pour avoir appelé votre fille ainsi ? »

- « Non…Mais nous avons rencontré Deanna… »

Odo était resté avec sa perplexité et s’était tu pendant la manœuvre d’entrée dans le trou de ver…

- « Vous me raconterez votre rencontre ? »

- « Pourquoi faire ? »

- « Culture personnelle… »

- « Ah ? Ah oui, je vois… »

La tendresse que la Bajorane partageait avec le chef de la sécurité n’avait pas échappé à Lucille…

- « C’est une histoire triste… et bien compliquée… »

* * * *

La grande mare visqueuse avait été agitée de remous… Ils avaient vu la navette se poser, ils savaient que trois « solides » et un des leurs s’étaient approchés d’eux…

- « Que voulez-vous ? »

- « Savoir… Nous avons perdu notre perfection… »

- « Vous êtes Borg… »

- « Exact… Vous n’avez pas besoin de vous matérialiser… Je veux savoir pourquoi vous vouliez notre Lune… »

- « Mais nous ne voulions pas d’eux… »

- « Ils ne cherchaient qu’une planète où vivre… »

- « Vous êtes la Reine Protectrice… »

- « Alpha m’avait accueillie malgré les ressources limitées… »

- « Qu’est-ce qui peut vous faire croire que nous pouvons vous aider ? »

- « Qu’est-ce qui peut vous faire croire que ce sera à sens unique ? Vous avez devant vous deux humains mentalement détruits… Comme nous avons devant nous un peuple qui n’a rien à espérer de cette guerre… »

- « Vous allez nous faire croire que nous avons des points communs… »

- « Croyez ce que vous voulez… »

- « Vous n’attendez rien des Humains… »

- « Nous avons appris à les apprécier au cas par cas… »

- « Votre maladie vous condamne à mort… »

- « La mort viendra bien assez tôt… Nous avons assez vécu pour ne plus en avoir peur... » Un temps de silence… « Nous sommes venus chercher un objet… »

- « Qu’offrez-vous en échange ?

- « Des technologies de peuples du Quadrant Delta… »

Il y eut un silence…la conversation mentale entre Lucille et Luc n’avait pas cessé pendant que le Grand Lien s’interrogeait… Odo et Kira Nérys s’étaient regardés de stupéfaction…

- « Connaissez-vous le désespoir? Le vrai, celui qui fait préférer le suicide et la mort plutôt que céder à celui qui vous offre la libération ? »

- « Pourquoi ne l’avez vous pas fait ? »

- « Il y avait une voix… La voix d’un homme qui a toujours aimé une femme… »

Elle s’était tourné vers lui…

- « Lucille ? Que prépares-tu ? »

Luc avait manifesté une vive inquiétude devant le projet que Lucille était en train de construire…

- « Je veux que tu m’accompagnes… »

- « Lucille… Qu’espères-tu ? »

- « Apporter ma pierre au monde qui a accueilli deux égarés… »

La Bajorane avait pris Lucille par le bras… qui eut un sursaut, plus de surprise que de refus du contact, preuve de confiance entre les deux femmes… Elle eut une voix douce qui l’étonna elle-même…

- « Ne me touchez pas… »

- « Excusez-moi… » La Bajorane avait pris un air contrit… « C’est dangereux ce que vous faites… »

- « Nous dépendons de Starfleet et la Fédération, mais ils ne nous commandent pas… Rassurez-vous... Nous ne pouvons pas assimiler le Dominion comme ils ne peuvent pas nous extorquer ce que nous ne voulons pas leur donner… Chaque drône a plusieurs niveaux de sécurité et ceux d’une Reine sont renforcés… »

Elle avait commencé à se déshabiller, encourageant Luc à en faire autant… Ses câbles crâniens se redressèrent d’émotion quand elle enleva sa coiffure, et sous le regard d’un Odo dubitatif et inquiet, se mit à embrasser son époux…

- « Complètement folle… »

Ils s’étaient mis dos au Grand Lien sur le bord du rocher, elle avait adressé un grand sourire à Odo…

- « Comment prouver que nous, nous ne sommes pas en guerre avec eux… »

Elle avait pris la main de son compagnon, avait écarté son bras libre, puis laissé tomber en arrière en entraînant Luc…

- « Il est là pour la protéger… »

- « Il faut tout de même espérer qu’ils soient compréhensifs afin qu’au minimum ils ne les étouffent pas… »

Le temps parut long, très long… Ce fut Luc qui réapparut le premier, semblant flotter en surface… Il s’était redressé, avait rejoint le bord…

- « Où est-elle ? »

- « Si je suis ici, c’est qu’elle ne craint rien… »

Il s’était rhabillé rapidement, pour se diriger vers une colline… Odo et Kira l’avait suivi pour constater qu’une pauvre végétation camouflait une plaque de métal à son sommet. Luc l’avait déplacée sans problème pour découvrir ce qu’il cherchait…

- « Ca ressemble à un sarcophage… »

- « Lucille veut que nous le ramenions à la station… »

- « A la navette donc… Nous partons dès qu’elle sera là… »

Une voix vint derrière eux…

- « Vous avez raison… Ne nous attardons pas, cette expérience m’a pris beaucoup d’énergie… »

Le temps que leurs accompagnateurs se remettent de leur surprise, il l’avait déjà aidée à cacher sa nudité… Ce fut une Lucille aux traits tirés qui fixa leur découverte tout le long du chemin du retour…

* * * *

- « C’est quoi ce sarcophage ? »

- « Une capsule de secours… »

- « Trois mètres sur un vingt… Ca aurait pu aussi passer à côte de n’importe quel vaisseau sans qu’on s’en aperçoive…»

Dans le hangar, Sisko et Bashir entouraient les quatre voyageurs de retour…

- « Expliquez-vous… »

- « Technologie humaine… Mais de la continuité temporelle d’une Lune ayant quitté son orbite terrestre… »

- « De ma continuité temporelle… »

Luc semblait troublé, Lucille s’était collée contre lui pour le soutenir, mais seul Angus qui venait d’arriver, chargé du bébé, remarqua le rapprochement des deux époux…

- « C’est en rendant une visite à cette Lune que nous l’avions remarqué… »

- « Si les Borg peuvent changer de continuité temporelle, on est mal… »

- « Docteur… L’espace restera toujours trop immense pour l’esprit humain… Même le vôtre… Nous aurions pu assimiler la communauté humaine installée à la surface dès la première visite… »

- « Il n’y a que vous qui les intéressiez… »

- « Il me semble bien incroyable que les Borg soient capables de passer d’un espace-temps à un autre… »

- « Ne comptez pas sur nous pour vous expliquer toutes les technologies que nous avons assimilées… Oui ils en sont capables… même si ça demande encore beaucoup d’énergie à chaque fois que la procédure est utilisée… Comme ils sont capables d’utiliser une anomalie spatiale stable pour plus de précision… »

Le tricordeur du médecin avait bipé…

- « Ca dégage des signes de vie… « 

- « Nous n’y aurions porté aucun intérêt si un battlecruiser jem’hadar ne nous avaient coupé la route… »

- « Qu’est-ce qu’ils faisaient là ? »

Ils s’étaient tous regardés les uns les autres…

- « Nous nous sommes longtemps posé la question… Les Fondateurs ont fini par nous dire que ce sont eux qui par deux fois ont fait passer « notre » Lune par le vortex bajoran… Cet objet a pu être aspiré en même temps que notre Lune… »

- « Vous m’en direz tant… »

- « Disons que ça expliquerait le différentiel temporel… même pour ce matériel : il a très peu de dommages… »

- « Quel différentiel ? Et pourquoi auraient-ils fait cela ? »

- « Ca n’a été qu’un effet secondaire… Et vous sous-estimez toujours les Prophètes… Le temps n’a aucune importance pour eux, vous le savez bien… Ce que je voulais savoir, c’est si les Alphans avaient eu connaissance de leur existence… »

- « Et ? »

- « Disons que votre Prime Directive a été respectée… »

- « Nous ferions mieux d’ouvrir… »

* * * *

Ils cherchèrent un moment, promenant les mains sur la grande boîte… Sisko trouva un déclencheur au pied…

- « J’ai l’impression qu’il faut être deux pour ouvrir, cherchez à l’autre bout… »

- « Ce doit être une sécurité… Voilà »

- « Ensemble… »

Sous l’action conjuguée, un claquement se fit entendre, puis le sarcophage se fendit et deux panneaux s’écartèrent pour laisser voir sous un vitrage protecteur un homme allongé, semblant endormi, en un curieux uniforme beige et manche gauche rouge…

Tout d’un coup, Lucille sentit un profond désarroi monter chez Luc, qui commença à trembler, devenir livide, puis sortit avec précipitation…

Déroutée, elle croisa le regard d’Angus qui la supplia d’aller le retrouver…

- « Je garde Lilian… Il n’y a que vous pour lui parler… »

- « Mon Dieu… Vous pouvez m’expliquer la ressemblance entre notre visiteur et votre mari ? »

- « Son frère jumeau ? Ici ? Luc ! »

Elle finit par sortir précipitamment elle aussi à sa poursuite… Sentant la catastrophe, Ben Sisko fit face au Bétazoïde…

- « Docteur Bashir ! Emmenez-moi ça à l’infirmerie ! Angus Majel, suivez-moi, il faut qu’on remette la main sur vos protégés… »

Mais le psy désigna le bébé…

- « Ils ne doivent pas être loin… Ne serait-ce que pour lui… »

* * * *

Elle l’avait retrouvé sur la Promenade…

Il s’était arrêté près d’une baie, et s’était perdu dans la contemplation des étoiles… Il savait qu’elle était là, il continuait de lui tourner le dos… Elle avait fini par l’entourer par la taille, posant sa tête couverte pour cacher ses câbles sur son dos d’homme…

- « Le Compagnon ne doit rien cacher à sa Reine… »

- « Le Compagnon s’était habitué à vivre en unique… »

- « Le Compagnon a toujours été unique pour sa Reine… »

- « Lucille… »

Il s’était tourné pour la serrer contre lui…

- « C’est la première fois que tu ne réagis pas comme il se doit… »

- « Nous avons vécu si longtemps… »

- « Je connais tes souffrances comme tu connais les miennes… Tu n’as jamais été aussi choqué… »

- « Nous avons vécu tant de choses… »

- « Il te faudra pourtant supporter la confrontation… Il nous doit des explications… »

- « Il était sensé être resté sur Terre… »

- « Il était sensé être mort… Comment te sens-tu ? »

- « Je… Le Compagnon se sent perdu… »

Ben Sisko et Angus Majel avaient hésité à les approcher, sentant qu’ils avaient besoin de ce moment d’intimité… Pourtant Lilian qui s’agitait et grognait dans ses bras obligea le Bétazoïde à agir…

- « Lucille… Le bébé a faim »

- « Je vais essayer de le nourrir…J’ai mal aux seins… »

- « Il y a des biberons prêts… »

- « Allons à la navette… Nous y nous regénérerons ensuite… »

Elle avait lâché Luc pour prendre son enfant, mais l’air abattu de son conjoint lui fit peur quand elle le regarda… C’est à ce moment que son commbadge bipa…

- « Papa… Maman… Je voudrais vous voir… »

Ils n’eurent même pas besoin de se regarder…

- « Oui, Princesse, tu nous manques aussi… Rejoins-nous à la navette… »

- « Vous êtes attachés à vos enfants, n’est-ce pas ? Très bien… Si le docteur Bashir arrive à le réveiller, il lui faudra bien quelques heures ensuite pour lui faire réaliser où il est… Nous n’avons pas besoin de vous pour l’instant… »

* * * *

Julien Bashir avait sorti l’homme de son cocon et installé sur le lit médical… Il était aussi intrigué que les autres…

- « Technique dérivée de la cryogénie… »

- « Je croyais qu’à la fin du vingtième siècle, c’en était à ses balbutiements… »

- « Tout le monde médical utilise maintenant la stase… plus efficace et aux risques quasi inexistants… »

- « Mais il vient d’une réalité parallèle… »

- « Ca n’empêche pas qu’il est en parfaite santé pour un endormi depuis plusieurs décennies… J’ai trouvé ça près de lui… »

Julian avait tendu un objet en longueur et rectangulaire à Sisko…Quelques boutons et un système d’accroche ceinture ornaient les côtés, un tout petit écran à un bout, une sorte d’antenne à l’autre…

- « Ce n’est pas une arme… Plutôt un système de communications individuel… Il y a l’identité du possesseur… Jean Picard, Main Mission… »

Angus Majel avait eu un demi-sourire… »

- « C’est un commlock… C’est multi-fonctions, ça ouvre aussi les portes sur la Base Alpha… Luc m’a montré le sien, qu’il a récupéré via Guinan et le capitaine Picard… »

- « Vous allez encore me dire que c’est une longue histoire… »

- « Une très longue histoire… Sachez déjà que je suis prêt à assumer les soins d’une personne de plus… Parce qu’il aura besoin de contacts avec des gens qu’il connaît déjà… »

- « Soit…Docteur ? Il se réveillera dans combien de temps ? »

- « Ca ne dépend que de lui… Sa condition physique m’a permis de lui donner le maximum de stimulants, mais il y a des limites… Et laissez un peu de temps aux fonctions organiques de se remettre en place… »

- « Cachez-lui les yeux… Le choc mental risque d’être sérieux aussi... »

- « Non… Plus vite il se fera à sa nouvelle vie, mieux ce sera… » Un silence pesant se fit… « Jean et Luc Picard… On nage dans le surréalisme… »

* * * *

- « Comment allez-vous ? »

- « Vous êtes toubib ? »

- « Toubib ? Ah oui… Oui, je suis médecin… Julian Bashir pour vous servir… Comment allez-vous ? »

- « Vaseux… »

- « Bien alors… »

Le tricordeur médical avait bipé, le naufragé avait regardé autour de lui, intrigué et inquiet…

- « Capitaine… Il est en état pour les explications… »

- « Je n’ai pas retrouvé la base lunaire alors… »

- « D’après mes renseignements, votre Lune se trouve quelque part dans le quadrant Delta… Bien loin d’ici… »

- « Les missions pour la remettre sur son orbite terrestre ont donc échoué… »

- « Pourquoi aurait-on voulu la récupérer ? Par quelle énergie du désespoir ? Trop risqué… Trop aléatoire… Rien que le temps de recherche, la Terre avait le temps de vivre des centaines de catastrophes en cascades… »

- « Ca avait déjà commencé quand nous sommes partis… On s’y est risqué tout de même… Je me suis raccroché au plus infime espoir de revoir mon frère, j’étais un des premiers à me porter volontaire… »

- « C’est insensé… Une aiguille dans une meule de foin, vous aviez plus de chances… »

- « C’était insensé d’entreposer les déchets nucléaires sur la Lune… La mission de secours sur laquelle je servais a eu des problèmes… »

- « Et vous avez juste eu le temps de vous mettre en léthargie dans votre capsule de sauvetage… »

- « En espérant tomber sur une planète accueillante… »

Dans un coin de l’infirmerie, Angus Majel avait écouté avec attention, osa s’avancer…

- « A votre avis, nous sommes en quelle année ? »

- « Aucune idée… Fin du vingt-et-unième ? »

- « Fin du vingt-quatrième… »

- « J’ai dormi plus longtemps que prévu… »

Il avait semblé sombrer dans une dépression…

- « Et si on vous offrait tout de même la possibilité de revoir votre frère ?

- « On vient de me le dire, c’est totalement impossible... »

Profondément préoccupé, le Bétazoïde s’était tourné vers le capitaine et le médecin…

- « Il faut trouver un endroit où les deux frères pourront se voir… là où nous... »

* * * *

- « Il va falloir prendre vos responsabilités… J’espère que vous comprendrez que le capitaine Sisko n’est pas chaud pour qu’il reste ici… »

- « Vous pensez que c’était de l’inconscience, n’est-ce pas ? Mais qui est inconscient ? C’est quand vous nous avez présenté le rapport de l’individu Benjamin Lafayette Sisko que nous avons compris que nous devions accepter de venir… Mais nous ne nous attendions pas à ce que nous allions trouver… »

Lucille semblait hésitante, Luc trompait son embarras en s’occupant du bébé sous l’œil attentif de sa grande sœur…

- « Angus… Le mal est fait… Nous devons trouver une solution… »

- « Je ne vous comprendrai jamais tout à fait… Qu’espériez-vous ? »

- « Peut-être comprendre l’incident qui a fait passer la Lune de la Base Alpha dans ce monde-ci… »

- « Et ? »

- « Comme souvent… Un malheureux concours de circonstances… Nous devrions souvent laisser l’univers comme il est… »

- « Oui… Il faut garder la distance entre les Borg et les Fondateurs… Pensons aussi à réparer les dégâts… »

- « Nous allons intégrer Jean à notre « Collectif »… Je suppose qu’on nous attend pour qu’il nous rejoigne qu’il le veuille ou non… »

- « J’espère que vous contrôlerez votre phobie, nous allons au bar… »

- « Luc ? »

Il lui avait jeté un regard d’approbation… Il était prêt…

- « La Reine aime le Compagnon… »

* * * *

Ils étaient entrés dans le bar, Lucille accrochée, crispée au bras de Luc, qui ne se sentait pas mieux qu’elle, et tenant Lwaxanna de l’autre main, Angus Majel s’étant chargé du bébé… Ils avaient vu le docteur Bashir et Jean assis à une table… Ils virent Odo accoudé au bar, occupant le gérant des lieux dont les yeux brillaient de curiosité insatisfaite…

Jean avait levé les yeux sur l’homme qui se mit en face de lui quand le groupe vint s’asseoir… Le visage lui était familier, même si les traits avaient légèrement vieilli par rapport au sien…

- « Luc… »

- « Je suis le Compagnon… »

- « Dites-moi que ce n’est pas possible »

- « Vos bases ADN ne laissent planer aucun doute… Vous avez bien votre frère jumeau devant vous… Même si physiologiquement il a… euh… disons maintenant une bonne dizaine d’années de plus que vous… »

- « Et pas mal de cicatrices… Que s’est-il passé ? »

- « D’abord un accident d’aigle qui m’a laissé borgne et mutilé… Ensuite une assimilation borg… »

- « Une quoi ? Je ne comprends pas… »

- « Nous avons quelques années encore devant nous pour tout expliquer… »

- « Et elle ? D’où vient-elle ? Elle n’est pas d’Alpha… »

- « Elle est de ce monde… Mais je l’ai bien rencontré sur Alpha… »

- « Elle est jolie… »

- « C’est ma femme… »

- « Je t’aime… »

Elle avait caressé du bout des doigts l’ovale du visage de Luc, comme si la Reine félicitait son drone préféré, le regard de désir échangé n’échappa à personne… Jean eut un soupir de dépit…

- « Et dire que c’était toi qui as juré de ne pas t’engager avec une femme… »

- « C’était il y a longtemps… Et c’est plus qu’un engagement… »

- « Chacun de nous pouvait deviner l’humeur l’autre, pouvait deviner quelle fille lui plairait… Tu me racontes qu’il s’est passé toute une vie pour toi… »

- « Plus d’une vie… Nous avons intégré les connaissances de centaines de peuples par l’assimilation… J’ai tout accepté parce qu’elle était ma Reine… »

- « C’est quoi cette histoire à dormir debout ? C’est horrible… »

Luc avait remonté sa manche gauche pour bien montrer sa main artificielle, les deux tubules d’assimilation de sa main droite éjectées d’un coup sec avaient brillé sous la lampe… Lucille de son côté avait enlevé son turban et l’avait posé sur la table… On avait entendu un cri d’effroi au bar, Quark finissant de se cacher derrière le comptoir…

- « Ce sont des Borg… Ce sont des Borg… »

- « Papa… rentre tes piques… »

- « Ca, c’est horrible… Nous terrifions tout le monde… ma fille… même des Klingons ou des Cardassiens… »

Un temps de silence, pesant…

- « Nous sommes devenus deux étrangers… »

- « Nous ne sommes plus jumeaux… »

- « Le lien « jumeaux » est toujours là… Je ne peux pas oublier notre enfance commune… Mais j’ai eu trop de mal à trouver puis reconquérir mon individualité… »

- « J’aurais du me douter qu’il y aurait beaucoup de choses changées… »

Lucille posait alternativement son regard sur les hommes qui l’entouraient… Un signe d’approbation d’Angus l’encouragea… »

- « Jean Picard… Il est hors de question que vous veniez perturber ce que nous avons eu tant de mal à reconstruire… Et il y a deux enfants qui comptent sur nous… Néanmoins vous êtes ici sans l’avoir choisi, tout comme nous… Et vous devrez rester… »

- « Que me propose-t-on ? »

- « Une vie nouvelle… »

* * * *

Kira Nerys et Jadzia Dax étaient entré dans le temple bajoran et y avait trouvé Lucille en train de contempler la décoration du lieu sacré…

Etant seule dans la pièce, elles les avaient vues venir… Elle avait quitté son air préoccupé pour les regarder…

- « Vous saviez que j’étais là… »

- « Votre psy nous a signalé votre envie de vous isoler… »

- « Il craint… Il me sait encore fragile… et instable, donc dangereuse…»

Du doigt, elle avait suivi le contour d’un dessin…

- « Je ne sais pas si j’y comprendrais quelque chose à la religion un jour… Pourtant quand j’étais adolescente, j’aimais me réfugier dans les églises… »

- « Vous ne croyez pas en un dieu ? »

- « S’il y a un dieu, vous croyez qu’il aurait laissé faire ce que Luc et moi avons supporté ? »

- « Croire aide souvent à surmonter bien des tourments… »

- « Croire… J’ai pris l’habitude de seulement croire en l’amour d’un homme… »

- « Parce qu’il a toujours été près de vous, même aux pires moments… »

- « Où est Luc ? Nous avions pris l’habitude de vous voir toujours ensemble… »

- « A la navette… avec son frère… Il y a tant de choses à lui faire comprendre… Nous rentrons demain… avec lui… »

- « Et vos enfants ? »

- « Avec leur père… Lwaxanna l’adore… Et il les a tellement désirés… »

Elle avait secoué la tête… »

- « Je ne sais même pas qui est mon père… »

- « Votre conseiller est avec eux ? Nous croyions que c’était vous qui étiez malade ? »

- « Je suis malade… Mais notre découverte a perturbé Luc, et Jean aura besoin d’un soutien plus ou moins provisoire… Et pour la première fois depuis longtemps, j’ai éprouvé le besoin de me sentir seule… »

- « Que pouvons-nous faire pour vous aider ? »

- « Offrez nous l’hospitalité, la compréhension, l’amitié… Nous n’en demandons pas plus… Nous passerons encore beaucoup de temps à être rejetés… Tout ça est si… désolant… »

- « Expliquez-vous… »

- « Il a fallu que j’arrive sur la Base Alpha pour savoir enfin ce qu’est une famille, l’amitié, l’amour… Ma mère m’ignorait ou se rappelait à mon bon souvenir quand ça l’arrangeait, ce qui m’a donné des difficultés à me lier… Ma dernière relation était un échec quand tout s’est mis en route… »

- « Vous avez hâte de rentrer chez vous… »

- « On a choisi pour nous l’île bretonne sur laquelle nous vivons désormais mais je dois admettre que c’était un bon choix… Beaucoup vivent de la pêche en mer et ne sont pas du genre à poser des questions inutiles… Et ils ont trouvé en Luc un excellent mécanicien pour leurs matériels… »

- « Un endroit où vivre en paix… Nous sommes venues parce que nous ne voulons pas que vous partiez sans nous dire au revoir… »

Lucille avait regardé Jadzia…

- « Ce sera un adieu… »

- « Raison de plus… Rendez-vous ce soir au holodeck… Nous avons demandé à Vic Fontaine de préparer un récital pour vous… »

- « Je dois voir votre capitaine Sisko auparavant… »

- « Nous vous accompagnons… »

- « Mais nous viendrons… par curiosité… »

* * * *

Elle avait retrouvé sa démarche de Reine Borg en entrant dans le bureau de Ben Sisko… Il l’avait regardée sans sourciller, attendant la raison de sa venue…

- « J’ai une requête… »

- « Dites… »

- « Vous vous méfiez de moi… Rassurez-vous ce sera simple… J’aimerais que vous omettiez certains détails de notre séjour dans votre rapport à Starfleet… »

- « Expliquez-vous… »

- « Vous ne connaîtrez pas le retour du Voyager… Donc vous ne nous connaîtrez jamais… Et est-ce indispensable de savoir ce que nous sommes venus chercher et ce que nous avons trouvé ? Nous avons tous besoin de discrétion… Et vous évitez d’avoir des relations avec le capitaine Picard… »

- « On ne peut pas dire que votre existence soit vraiment discrète… Je connais le rapport sur le passage éclair de Lucille Bauer sur l’Entreprise D… »

- « Mon existence était une erreur dès le départ… Tant de douleurs… Tant de violence… Lucille Bauer était terrifiée par ce que la Reine Borg lui a obligé à faire… Je voudrais profiter de ce qui me reste à vivre… »

- « Et vous vous chargerez de lui donner une existence légale… »

- « Comme on nous en donnera une… »

- « Soit… L’un comme l’autre nous avons d’autres intérêts… Vous voulez que je raconte que la visite d’études de monsieur et madame Picard s’est bien passée… »

- « Ce sera la vérité… »

Elle avait semblé écouter…

- « Luc s’inquiète… Adieu, capitaine… »

Epilogue

- « Ah vous voilà… »

En hôte parfait, Vic Fontaine avait accueilli les nouveaux arrivants… Lucille s’accrocha de plus belle au bras de Luc, le bébé dans les bras, qui chercha son regard…

- « Je t’aime… »

Elle se tourna vers lui, lut la confiance sur son visage et ce fut Lwaxanna qui s’échappa avec son enthousiasme de petite fille…

- « Oh, maman, regarde il y a un vrai piano ! »

- « Angus… Je n’ai toujours pas compris l’utilité du holodeck… Pourquoi un tel genre d’amusement sur un lieu consacré au travail ? »

- « Lucille… Rappelez-vous quand vous étiez sur Alpha… Vous deviez bien avoir des lieux de détente… »

- « Nous avions peu de temps pour nous amuser… Et être ensemble nous suffisait souvent… »

Elle avait eu un temps d’arrêt où elle l’avait regardé plus intensément…

- « Je…je n’ai pas eu le temps d’aimer Luc comme il voulait… »

- « Et un Cube Borg n’est pas un lieu d’amusement… »

Vic avait vu l’hésitation de Lucille et interrompit l’échange…

- « Messieurs… Madame… Cet endroit est fait pour rendre presque réels tous nos rêves… Votre fille a raison… Nous sommes ici pour écouter aussi de la musique… On m’a dit que vous chantiez très bien… »

- « Chanter ? Mais… Angus… nous n’avons jamais testé cette possibilité ainsi durant notre thérapie… Je n’ai fait qu’interpréter quelques succès du XXe siècle terrien dans le runabout… »

- « Allons, allons… Ne décevez pas ceux qui sont venus pour vous… »

D’un geste de son bras, il avait balayé la salle… On y voyait déjà installés le docteur Bashir, Jadzia,, Odo et le major Kira… Même Ben Sisko n’avait visiblement pas fait beaucoup d’effort pour s’obliger à venir…

- « Je suis sûr que vous serez parfaits… »

- « Monsieur Fontaine, nous appellerons ça un mot magique… »

Angus Majel, derrière le couple, n’avait pu s’empêcher de faire la remarque…

- « Je dirais même plus… Parfait est un mot approprié… Allez-y, Lucille, lancez

-vous… On vous attend… »

- « Un duo peut-être ? Votre époux peut vous accompagner… »

- « Luc… »

- « Regardez-le… Vous oublierez les yeux qui vous regardent… »

Le psy avait regardé Luc… »

- « Essayez de l’attirer près du piano… »

- « Luc ? Vous savez que j’adore bercer Lilian... Jean, venez… Vous ne serez toujours qu’un élément d’un Collectif un peu spécial… »

- « Je me demande encore quelle place j’y aurai… »

- « Ils étaient plus mal partis que vous… »

Luc avait pendant ce temps réussi à entraîner Lucille sur scène malgré ses protestations, pour l’installer sur un tabouret haut… Il ne l’avait pas quitté du regard, lui demandant d’accorder sa respiration avec la sienne, un pianiste s’étant discrètement installé derrière eux…

I know I stand in line
Until you think you have the time
To spend an evening with me
And if we go someplace to dance
I know that there's a chance
You won't be leaving with me

Then afterwards we drop into a quiet little place
And have a drink or two
And then I go and spoil it all
By saying something stupid
Like I love you

F I N

Cette ligne de programmation ne sert qu'a formaté proprement les lignes de textes lors d'un utilisation sous Mozilla Firefox. J'aimerais pouvoir m'en passer mais je ne sait pas comment, alors pour l'instant. Longue vie et prospèrité