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L'attente .

L'attente. Elle allait le tuer.
Non, ce serait trop rapide. Elle allait le torturer lentement jusqu'à ce qu'il meure d'une mort agonisante.
Uhura cligna des yeux.
Bien sûr, c'était s'il n'était pas déjà mort.
Elle fixa le visiophone, souhaitant qu'il sonne.
Ainsi, elle pourrait lui hurler dessus. Ainsi, elle pourrait écouter ses explications logiques sur pourquoi il avait fait ce qu'il avait fait ; ses pensées et ses théories. Ainsi, elle pourrait lui rétorquer sèchement ses propres pensées et ses propres inquiétudes, basées sur l'intuition.
Ainsi, il reviendrait.
Elle fixa encore le visiophone, se souvenant que tout vient à point à qui sait attendre et toutes ces conneries du même genre. Finalement, elle s'étendit sur le canapé, la main à un pouce du bouton d'appel alors qu'elle fermait ses yeux et laissait son esprit dériver.
Les ombres s'agrandirent dans la petite pièce, s'allongeant sur le sol et se glissant furtivement sur elle alors qu'elle était couchée sur le canapé. Et alors qu'elle somnolait dans un état trouble et proche du sommeil, les mêmes questions fusèrent dans son esprit, envahissant son espace tranquille de silence.
Pourquoi ne cessait-elle de faire ça ?
Mettre en danger sa vie de femme pour cette chimère d'homo-ordinatarus.
Pourquoi ?
Ses lèvres bougèrent dans des rêves crépusculeux, répondant à sa propre question.
Parce qu'elle le devait. Elle devait le suivre et le soutenir.
Et elle devait attendre, rester forte quand le hasard des affectations ne leur permettait pas de servir ensemble.
Se demandant si un jour, il y aurait une autre voix au visiophone, officielle et triste lui donnant les détails du décès de son partenaire.
C'était presque déjà arrivé.
Son esprit endormi tournoyait de peur que le visiophone ne sonne, lui rappelant la dernière fois qu'elle l'avait cru mort. Ouvrant à vif de vieilles cicatrices et laissant les émotions s'immiscer dans ses cauchemars obscurs, le cauchemar d'être vraiment seule dans un monde où elle ne pourrait jamais retrouver un partenaire digne de ce nom tellement le lien vulcain lorsqu'il est brisé avant l'heure laissait le survivant incapable d'aimer à nouveau.
Et la vérité vint à elle dans un rêve, lui disant pourquoi elle faisait ce qu'elle faisait et ce qui les maintenait tous les deux ensemble...
Le visiophone sonna.
Se redressant, assise toute droite, d'un bond, elle fixa l'écran, la stupeur remplissant ses yeux. Le rêve disparut dans une avalanche d'adrénaline et de choc.
Il sonna encore, exigeant et strident.
Fermant ses yeux.
- « Appel accepté. »
Elle vit, elle écouta et elle sourit.

F I N

Cette ligne de programmation ne sert qu'a formaté proprement les lignes de textes lors d'un utilisation sous Mozilla Firefox. J'aimerais pouvoir m'en passer mais je ne sait pas comment, alors pour l'instant. Longue vie et prospèrité