.

Caramel .

Caramel.

Lorsque ses supérieurs lui demandaient comment se déroulait le commandement à bord du navire, Kirk ne savait pas vraiment décrire les relations complexes qu'il entretenait avec son équipage. Il n'avait jamais été très doué pour mettre des noms sur les relations, et maintenant qu'il mélangeait travail et famille, c'était encore plus compliqué. Il aimait chacun des membres de son bâtiment pour sa valeur propre, qu'il soit mécanicien, xénolinguiste, pilote ou infirmier. Tous formaient un ensemble indissociable dont il se sentait responsable et pour lequel il était prêt à donner sa vie. Et ils le lui rendaient bien. Chacun faisait son travail de la plus admirable des manières, bien que le temps passé dans l'espace puisse sembler long. Evidemment, il y avait des conflits internes mais ça ne dépassait jamais le stade d'un vol de yaourt ou d'un rejet amoureux.
Alors quand les commandants suprêmes lui demandaient comment allait son vaisseau, il ne pouvait qu'en dire du bien. Surtout que les chefs de chaque partie étaient ses plus proches amis.
Scotty dirigeait la maintenance avec toujours autant d'exaspération, rivalisant presque avec Bones sur le mauvais caractère. Cependant, ils restaient les meilleurs dans leurs domaines, tout comme Nyota en communication ou Sullu en pilotage. Chekov continuait de trouver sa voie, naviguant souvent entre différents postes en fonction de ses capacités et des besoins de leur mission, bien que l'armement soit l'un de ses points forts.
Et Spock continuait d'être leur ligne de conduite et leur stabilisateur, équilibrant l'impulsivité de leur Capitaine. Kirk ne l'avouerait jamais mais il se pourrait qu'il considère Oreilles pointues comme une sorte de meilleur ami. Bien sûr, Bones restait celui qui le connaissait le mieux, il avait trois ans d'avance après tout. Mais il y avait cette communication presque innée qui arrivait très rarement entre le Vulcain et l'Humain et que Jim trouvait absolument merveilleuse.
C'étaient des moments aussi brefs qu'intenses, souvent dans le feu de l'action. Ils se fixaient quelques secondes, devinant facilement les pensées de l'autre parce qu'ils se connaissaient, en profondeur.

Le règlement ne l'autorise pas.
C'est la seule manière.
C'est risqué.
Plus qu'une mort certaine ?
Faites au moins en sorte que la moitié du vaisseau survive cette fois-ci.
Evidemment.

Et la majorité du temps ça suffisait pour que tout rentre dans l'ordre.
Et puis il y avait les autres fois. Celles où ils n'étaient que tous les deux dans la cabine du Capitaine, parce que Jim avait eu une nouvelle idée révolutionnaire, comme celle de montrer un film à son second, ou lui faire écouter de la musique, ou lui faire un gâteau d'anniversaire. Tout pour le rapprocher de son côté humain. Et si Spock paraissait exaspéré, un seul regard dans ses yeux prouvait à Jim que ce n'était qu'une façade.
Leur lien se renforçait jour après jour, mission après mission, danger après danger.
Jusqu'à ce que Kirk puisse distinguer la touche d'ambre dans les orbes presque noirs de son second. Le contraste était tel qu'il en avait eu le souffle légèrement coupé. C'était comme une pépite de chaleur et de compassion perdue dans un océan de logique, et Jim avait failli rire en pensant qu'elle semblait être de la même couleur que son gâteau. Il avait trouvé que le caramel était l'aliment préféré du Vulcain, et qu'il se reflétait dans ses yeux. Ça avait été une petite victoire, parmi tant d'autre à bord de l'Enterprise.
Non, vraiment, Kirk ne trouvait rien à redire dans le commandement de son navire.

F I N

Cette ligne de programmation ne sert qu'a formaté proprement les lignes de textes lors d'un utilisation sous Mozilla Firefox. J'aimerais pouvoir m'en passer mais je ne sait pas comment, alors pour l'instant. Longue vie et prospèrité