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The worry of the Father .

The worry of the Father.
Chapitre 1

Sarek était attablé dans son étude quand son ordinateur l'avertit d'une communication entrante. Il rangea rapidement son bureau, rassemblant ses documents de travail en une pile sur le côté et prit l'appel. Un vulcain d'âge moyen apparut sur l'écran, portant un uniforme de la sécurité de Shi'Kahr.
« Longue vie et prospérité Ambassadeur Sarek. Je suis Sivak, je suis un inspecteur du service de sécurité de New Vulcain. » Se présenta le vulcain en levant une main, les doigts formant un V, Sarek leva la main à son tour et forma le Ta'al. « Que puis-je faire pour vous inspecteur ? » Demanda-t-il poliment.
« Je suis conscient que vos fonctions vous tiennent très occupé Ambassadeur, mais je demande à m'entretenir avec vous, j'estime que ça ne devrait pas prendre trop de votre temps, nous pouvons le faire par les voies de communication, ou nous pouvons convenir d'un rendez-vous au centre de la sécurité de Shi'Kahr, comme il vous est préférable ? » Sarek leva la main, fronçant légèrement les sourcils, il considéra la charge de travail qui lui restait et prit sa décision : « Je suis actuellement disponible, vous pouvez procéder, si cela vous convient. » Répondit-il, l'inspecteur hocha faiblement de la tête.
« Nous avons besoin de vérifier certaines informations, de nombreuses bases de données ont été perdues lors de la destruction de vulcain et nous recherchons des témoignages directs afin de valider ou d'invalider plusieurs preuves circonstancielles dans le cadre de l'enquête. » Expliqua-t-il. En effet, beaucoup de bases d'informations avaient été perdues lors de la crise de la destruction de Vulcain par Néro, ils s'étaient employés à les reconstituer, mais parfois l'information ne pouvait pas être retrouvée, ou assez difficilement, c'était le cas par exemple des registres administratifs. Sarek ignorait pour quoi son expertise était demandée, et donc, plutôt que de se perdre en conjecture, il attendit pour son interlocuteur de continuer.
« Votre fils, le Commander Spock, a-t-il été en contact durant ses années de formation avec un enseignant du nom de Stislak ? » Les deux sourcils de Sarek grimpèrent sur son front, son expression traduisant un court instant sa surprise au sujet de la question, avant qu'il scolarise à nouveau son visage dans une expression neutre. « Effectivement, Stislak fut l'un des professeurs de Spock. » Répondit-il.
« Quel âge avait-il quand il a été en contact avec lui ? » Demanda Sivak. Sarek fronça les sourcils avant de répondre : « Stislak était l'un des enseignants de l'école de Spock de sa cinquième année à sa septième année, il fut aussi le précepteur particulier de Spock de sa huitième année jusqu'à sa dixième année. »
« Ils ont donc été en contact de 2235 à 2240 ? » Vérifia l'inspecteur, Sarek opina légèrement du menton, il était curieux de connaître les raisons de cet interrogatoire. Assurément ils ne pouvaient pas accuser Spock de quelques crimes qu'il aurait pu commettre entre ses cinq ans et dix ans ? De quel genre de crime pouvait-on accuser un enfant à cet âge ? Crime contre la bienséance et la logique ?
« Pourquoi Stislak a-t-il été enlevé de sa fonction auprès de Spock ? » Continua-t-il. Sarek prit 4,5 secondes pour se rappeler les événements et fournir une réponse. Spock avait présenté une liste de professeurs possédants d'excellentes références à ses parents et avait demandé à changer de précepteur particulier, prétextant que le changement serait bénéfique à son développement intellectuel. Spock avait toujours été un enfant particulièrement intelligent et doué, il était logique à l'époque d'évaluer sa demande et d'y accéder comme ses arguments ainsi que son raisonnement étaient bons. Pourtant, avec le recul, les arguments, bien que d'une logique sans faille, de Spock apparaissaient aujourd'hui à Sarek exactement comme ce qu'ils étaient, des prétextes, mais pour quoi il l'ignorait. « Spock en avait fait la demande. » Finit-il par dire. Sarek était curieux et inquiet à présent, et il commençait à se sentir vaguement malade bien qu'il n'avait aucune raison, sa femme aurait appelé ça un pressentiment. Avant qu'il ait pu identifier mieux le sentiment fugace, l'inspecteur posa sa question suivante :
« Spock avait-il émis des critiques à l'encontre de son enseignant ? » Sarek haussa les deux sourcils, ses yeux se déportèrent imperceptiblement sur la droite de son écran, tandis qu'il fouillait ses souvenirs à la recherche d'une occurrence, mais il ne trouvait aucune mémoire où Spock aurait exprimé une opinion négative au sujet de son précepteur, il retourna son regard sur l'inspecteur six secondes plus tard pour lui répondre : « Non, ou bien s'il a ouvertement critiqué le professeur Stislak, il ne l'a jamais fait en ma présence. Mais vous devriez demander à Spock. » Sa voix avait un léger bord coupant. L'inspecteur l'ignora et continua.
« Le commander Spock sera aussi interrogé dans le cadre de l'enquête. Mais le témoignage des parents peut être aussi important que celui des enfants. Aviez-vous déjà observé un comportement inapproprié ou inhabituel chez Spock quand il était l'élève de Stislak ? » Bien qu'il affichait un visage calme et impassible, les pensées de Sarek étaient loin d'être aussi tranquilles. La tournure de l'interrogatoire et la nature des questions le laissaient très interrogatif, il ne comprenait pas pourquoi on venait l'interroger sur le comportement de Spock quand il était un petit enfant. Spock avait montré un comportement très irrégulier dans ses jeunes années, et il avait du être corrigé de nombreuses fois, mais il ne méritait pas d'être mis en cause pour cela après tant d'années et pour de simples débordements du à son jeune âge et à son héritage mixte. Spock était un adulte vulcain correctement formé, il avait une brillante carrière dans Starfleet, et il avait mené des actions qui permirent la sauvegarde de leur peuple et de leur culture. Spock méritait d'être traité avec déférence et respect et considéré comme un adulte, non seulement, mais aussi comme un élément de Starfleet décoré et honoré pour ses actions héroïques, et non un enfant, comme semblait le supposer Sivak. Il se sentait défensif et presque en colère pour sa progéniture.
Il se retint de fournir une réponse sarcastique, l'inspecteur faisait après tout seulement son travail, il se concentra sur la question à la place, analysant l'évolution du comportement de Spock dans ses jeunes années afin de fournir une réponse appropriée : « Spock a toujours été un enfant calme et concentré sur ses études. Il était souvent malmené par ses pairs, à cause de son héritage humain, je suppose que c'est pourquoi il était si solitaire. Il est devenu plus renfermé à partir de sa septième année, à l'époque il était entré dans un conflit avec des enfants de son école qui avaient pris pour habitude de le harceler et de l'insulter, Spock a perdu le contrôle sur ses émotions, son défaut de comportement a été corrigé... » Il fit une pause, se souvenant de la scène à laquelle il avait assisté sur le pont de l'Entreprise après la destruction de Vulcain et la mort de sa femme, réinterrogeant sa dernière déclaration à la lumière de ce souvenir, mais il ne reprocherait pas à Spock d'avoir été compromis dans un tel moment. Il chassa mentalement le souvenir parasite de ses pensées et poursuivit : « Nous avions engagé Stislak pour être le précepteur particulier de Spock après cela. Dix mois plus tard Spock est allé dans le désert pour entreprendre ses Kahs-wan. Puis-je demander au but de vos questions ? Si par le passé mon fils à pu agir de façon inappropriée ou dire quoique ce soit qui ait pu constitué une offense au professeur Stislak je présente mes excuses... »
L'inspecteur leva une main, interrompant brusquement Sarek, son visage était tendu et sévère, Sarek interpréta ces signes comme de la désapprobation et il leva seulement un sourcil dans une expression de surprise et de perplexité, à son âge et dans sa fonction, il ne s'attendait pas à être repris de la sorte par un plus jeune : « Les excuses ne sont pas nécessaires, s'il y a eu offense, ce n'était pas la faute de votre fils, le Commander Spock. Je présente mes excuses si mes questions ont pu provoquer de la confusion, il n'était pas mon but de laisser penser que votre fils était le sujet d'accusations, pardonnez-moi si mes propos vous ont offensé, vous ou votre famille, Ambassadeur. Votre demande est légitime et si vous l'acceptez je vais expliquer ce qu'il m'est possible de dire, il sera plus aisé de continuer l'interrogatoire si vous connaissez certaines circonstances de l'enquête. » Sivak inclina poliment la tête. Sarek leva à son tour une main. « Je ne suis pas offensé. Vous pouvez poursuivre. »
« Comme vous le savez Ambassadeur, beaucoup de survivants après la destruction de Vulcain ont montré des signes de troubles psychiques liés au traumatisme de la perte de notre monde et au génocide des notre, de nombreux vulcains souffraient de liaisons familiales rompues et nécessitèrent des soins psychiques qui furent fournis par les quelques guérisseurs qui avaient survécu et les guérisseurs d'autres espèces télépathiques qui ont volontairement prêté leur aide pour les vulcains qui se trouvaient dans le besoin de soin. » Expliqua Sivak. Sarek était en effet bien au courant de ce fait, il avait senti distinctement la rupture brutale du lien au moment de la mort d'Amanda, au milieu du cri d'agonie des milliards de vulcain qui moururent dans les secondes qui suivirent leur téléportation sur la plateforme de l'Entreprise. Il avait lui-même eut besoin des soins d'un guérisseur pour soigner les blessures mentales causées par les liaisons qui avaient été arrachées, et notamment sa liaison avec Amanda.
Sivak continua : « Les guérisseurs qui effectuèrent des fusions mentales en profondeur avec les patients qui souffraient de différents types de traumatismes psychiques ont constaté chez plusieurs patients des altérations mentales inhabituelles, ainsi que des blessures psychiques anciennes, qui avaient été causées par des fusions forcées. » Sarek haussa les sourcils, son expression trahissant un soupçon de surprise. Il demeura silencieux, attendant pour l'inspecteur de poursuivre.
« Les sujets interrogés ne pouvaient pas expliquer les circonstances dans lesquelles ces fusions avaient eu lieu, certains ont montré pendant les interrogatoires et les entretiens avec les guérisseurs des signes de blocage mental et un rejet important, pouvant même se manifester par des démonstrations physiques. En cherchant dans leur mémoire les guérisseurs ont découvert des preuves que ces fusions avaient été opérées par Stislak. » Sarek sentit une sensation de froid l'envahir, il s'était raidit et son visage s'était assombri, son expression grave, Savik détourna discrètement son regard pour ne pas être témoin de la réaction émotionnelle de l'Ambassadeur.
« Nous avons découvert jusqu'à présent 11 victimes, 8 vulcains mâles et 3 femelles, âgés entre 15 et 30 ans, tous eurent Stislak comme précepteur particulier entre 2233 et 2253. Beaucoup d'anciens élèves de Stislak sont morts dans la destruction de vulcain, mais nous recherchons et interrogeons tous les vulcains qui on été en contact avec lui. » Il y eut un silence, Sivak ne retourna pas son regard vers l'ambassadeur.
Sarek réfléchit longuement à comment poser sa question, finalement au bout d'un moment il demanda avec un soupçon inhabituel de sa part d'hésitation : « Pensez-vous que Spock soit… concerné par les actions illégales de Stislak ? »
Sivak à nouveau le regarda : « C'est ce que nous tentons de déterminer. Nous avons convoqué le Commander Spock à New Vulcain pour qu'il y soit interrogé et qu'il puisse être examiné par un guérisseur qui pourra dire avec certitude si l'esprit de Spock a été modifié par Stislak. Nous avons fait le nécessaire auprès de Starfleet pour que l'Entreprise puisse être ré-acheminée à New Vulcain. En raison des réactions manifestées par les premières victimes interrogées lors des interrogatoires, il a été déterminé qu'il était plus prudent que les potentielles victimes soient interrogées en présence d'un guérisseur. Aussi, en raison du patrimoine mixte de votre fils, il est difficile de prévoir avec exactitude sous quelles formes se manifesteront les troubles observés chez les autres victimes chez le Commander Spock lorsqu'il sera interrogé. Il est possible que sa partie humaine le rende plus vulnérable aux atteintes psychiques causées par les altérations mentales et que ses manifestations soient plus instables. »
Un millier de pensées tourbillonnaient dans l'esprit de Sarek, il était tellement troublé par ce qu'il venait d'apprendre qu'il ne releva même pas la potentielle insulte contenue dans les propos de Sivak. Toutes ses pensées étaient tournées vers son fils et il trouvait qu'il était presque insupportable de ne pas savoir si Stislak avait fait à Spock ce qu'il avait fait à ces autres enfants. Si Spock avait été… mentalement abusé par son professeur, il l'aurait dit ? Il n'y avait aucune logique à le dissimuler. Sauf s'il en avait été empêché, l'inspecteur avait expliqué que les autres victimes ne pouvaient pas parler et que certaines avaient réagis violemment à l'interrogatoire. Avaient-ils étaient soumis à un blocage psychique ? Si ces altérations duraient depuis des années, la contrainte mentale devait être très forte. Des blessures psychiques aussi anciennes et enracinées dans l'enfance pouvaient entraîner des troubles très graves. Sarek était partagé, déchiré, entre l'inquiétude pour son enfant et la colère à l'encontre du vulcain qui avait possiblement abusé de son fils. L'esprit des enfants était plus vulnérable et plus malléable, ils étaient plus sensibles aux modifications de l'esprit. Comment Stislak avait-il pu profiter ainsi d'enfants qui avaient été placé sous sa responsabilité ? Pourquoi et comment un vulcain suivant la philosophie de Surak aurait-il pu commettre de tels actes répréhensibles ?
« Stislak a-t-il été arrêté ? » Demanda-t-il finalement, il ignorait s'il avait survécu à la destruction de Vulcain, il ne savait pas s'il voulait, mais ce monstre devait être jugé pour ce qu'il avait fait.
« Stislak a été placé en détention en l'attente de la conclusion de l'enquête et d'un jugement. Mais il y a d'autres circonstances encore que je dois vous communiquer. Ne prenez pas offense de ce que je vais dire Ambassadeur, mais ce sont des informations qu'il peut être difficile d'entendre. » Le pressentiment avait évolué en une douleur dans le côté de Sarek, il inspira et expira lentement par le nez, il hocha doucement du menton l'invitant à poursuivre.
Les vulcains pratiquant la répression des émotions, ils n'étaient pas sujets à l'embarras ou la colère, et étaient rarement submergés par l'émotion au point d'être bouleversés par elle. Ainsi les vulcains parlaient honnêtement et directement, sans chercher à dissimuler ou adoucir les informations transmises, qu'importe la gravité ou l'horreur contenues dans le message. Mais tous les proches parents des victimes avec qui Sivak et son assistante avaient communiqués avaient éprouvés un compromis émotionnel à l'annonce des faits entiers des crimes que Stislak avait perpétré à l'encontre des enfants.
Le visage de Sivak se tordit dans une grimace légère de dégoût alors qu'il expliquait : « En examinant les mémoires des victimes, les guérisseurs ont découvert que Stislak abusait physiquement des enfants sous sa garde et utilisait des fusions mentales forcées pour installer un blocage psychique et manipuler les réactions émotionnelles de ses victimes, de façon à contraindre les enfants à se taire sur les abus qu'ils subissaient. Les manipulations mentales auxquels ils ont été soumis sont telles que la moindre tentative pour les faire communiquer pouvait provoquer une importante détresse mentale et des réactions fortes chez les victimes. Néanmoins, les guérisseurs estiment que les différentes altérations et blessures psychiques peuvent être guéries à 97 %, sur un sujet entièrement vulcain. »
Sarek était pâle, la douleur autour de sa région cardiaque avait évolué en quelque chose de relativement inquiétant, mais il était tellement préoccupé par les implications de ce que venait de dire l'inspecteur Sivak, qu'il était à peine conscient de la détresse physique, toutes ses pensées étaient concentrées sur Stislak et sur Spock. Comment un vulcain, non un vulcain, ce monstre, cet être abjecte, avait-il pu abuser des enfants, des enfants qui lui avaient été confiés, qui étaient sous sa protection ? Avait-il blessé Spock ? Si Spock avait été physiquement maltraité ils l'auraient vu. Il devait y avoir eu des signes, il avait du laisser des marques, la pensée seule le rempli d'horreur et de dégoût, il sentit la bile brûler son estomac et remonter dans sa gorge, il déglutit, presque inconscient qu'il était sur le point de vomir, pour la première fois de sa vie.
Ils avaient confié Spock à Stislak. Spock avait été un enfant très solitaire, intimidé par les autres enfants vulcains, rejeté par ses pairs, un enfant renfermé, vulnérable, qui avait décidé très jeune d'accomplir ses Kahs-wan pour prouver sa force et sa valeur, il se souvenait du visage tuméfié et de la lèvre fendue de son fils, il savait que Spock s'était battu avec les autres enfants, mais y avait-il eu autre chose ? Lui ou Amanda auraient forcément remarqués si quelqu'un avait maltraité Spock ? Amanda aurait remarqué, Stislak avait peut-être réussi à tromper les vulcains, mais Amanda était humaine, et si il y avait une chose qu'elle lui avait enseigné sur les humains, et il avait tant appris d'elle et sur son peuple au cours des années qu'ils avaient partagées, c'était l'exceptionnel instinct de protection des mères humaines pour leurs petits. Comment auraient-ils pu ne pas savoir ? Spock avait-il pu être abusé pendant des années sans qu'ils ne le remarquent ? Avait-il pu manquer à ce point à ses devoirs envers son fils ?
Il devait savoir ce que Stislak avait fait aux enfants, son visage était de pierre et sa voix était sombre et grave alors qu'il demanda : « Puis-je connaître l'étendue des abus physiques observés chez les victimes ? »
Sivak ne regarda pas directement Sarek à travers l'écran quand il répondit : « Stislak les battait, il les fouettait, il était très prudent, il guérissait les cicatrices et les blessures, il ne laissait pas de traces. Les mémoires ont montré qu'il a abusé aussi sexuellement des enfants. » Sivak se força à lever les yeux pour regarder le visage de l'ambassadeur. Ses yeux marrons étaient sombres, Sa peau était teintée d'un émeraude pâle, son regard était rétréci et ses sourcils fins froncés, l'expression habituellement noble de l'ambassadeur s'était transformée en quelque chose de meurtrier et sauvage.
Sarek avait éprouvé un compromis émotionnel quand Amanda était morte et que Vulcain avait été détruite, maintenant, il se trouvait à nouveau compromis. La douleur dans son côté et dans ses intestins s'était mutée en un sentiment hideux : La rage. Les feux de la colère brûlaient en lui plus ardemment que les feux du pon farr. Pour la deuxième fois au cours de son existence, il désirait la mort d'autrui. Il avait honte, et aussi illogique que soit le sentiment, il se sentait effrayé. Il n'avait aucun droit de ressentir de la peur sur des faits qui étaient peut-être arrivé à son fils il y a longtemps, et dont il n'avait rien fait pour le protéger. Ils auraient du le prévenir et ils auraient du l'empêcher. Si Spock avait été blessé par Stislak, il était aussi responsable que la main qui avait touchée son fils, il n'incomberait jamais la faute à son épouse, il était le seul parent à avoir été négligent. Amanda avait aimé et s'était occupée de Spock, elle l'avait soignée, elle s'était toujours assurée qu'il sache qu'elle était fière de ces réalisations, quelque soit les choix qu'il faisait ou les actions qu'il menait, elle l'avait toujours soutenu. Quand ils avaient découvert que Spock était harcelé par des enfants de son école, sa femme avait voulu rentrer sur Terre avec leur fils, mais il les en avait défendu, les forçant à rester sur Vulcain, et confiant Spock à Stislak, il n'avait rien fait pour le protéger de ces intimidateurs, et potentiellement il avait aussi permit que Spock soit agressé par Stislak. Une pensée soudaine le révulsa, Spock ne lui faisait pas confiance, l'avait toujours crains, si Spock avait été maltraité, peut-être pensait-il qu'il ne s'en soucierait pas ? Ou pire, qu'il verrait ce qu'il avait vécu comme une faiblesse ? Si la possibilité seule existait, il devait la corriger.
Il relâcha un souffle avant de parler : « S'il n'y avait pas d'autres questions pour laquelle vous aviez besoin de vous entretenir avec moi, inspecteur, je nécessite de mettre fin à cette entrevue à présent. » Il avait besoin de méditer, il voulait contacter l'Entreprise et exiger des réponses de Spock, il avait besoin de savoir si ce monstre avait blessé son fils, mais il savait qu'il devrait attendre, il ne pouvait pas risquer de compromettre Spock alors qu'il était en mission dans l'espace et sans guérisseur à portée pour lui venir en aide si jamais il réagissait comme les autres victimes lorsqu'elles avaient été interrogées. Il devrait attendre que Spock soit à New Vulcain. Dans ce temps il devrait se préparer à répondre à tout ce qu'il se passerait quand l'Entreprise serait là, il était déjà émotionnellement compromis, dans l'éventualité où il était prouvé que Spock avait été la cible des actions criminelles de Stislak, il devrait pouvoir contrôler sa réaction émotionnelle pour pouvoir apporter son soutien à Spock.
Sivak l'étudia quelques secondes, il savait qu'il s'agissait de nouvelles très difficiles, les crimes sexuelle et la maltraitance des enfants étaient illogiques et très rares dans la société vulcaine, les vulcains ne savaient pas comment traiter cela, et le viol mental était considéré comme le crime le plus grave, puni par l'exil, et un tabou dans leur culture. Il répondit finalement, levant la main dans le Ta'al : « Il n'y a pas d'autres questions pour le moment. Longue vie et prospérité Ambassadeur Sarek. »
Sarek renvoya le Ta'al, répondant à son tour : « Longue vie et prospérité. » Avant de mettre fin à la communication. Il ferma les yeux devant l'écran noir se laissant aller à une rare expression de l'émotion il soupira doucement avant de rouvrir les yeux son regard se posant à droite de l'écran sur l'image d'Amanda qu'il avait mis sur son bureau. Il se leva de son fauteuil et fit son chemin jusqu'à la chambre où il s'installa pour méditer sur les questions soulevées par la conversation et les émotions que ses implications avaient suscitées. Il médita pendant plusieurs heures, jusqu'à qu'il soit tiré hors de sa méditation par le son d'une communication...

Chapitre 2

Spock contemplait avec perplexité l'écran de son ordinateur, faisant rejouer dans son esprit sa précédente conversation avec l'agent Sivak. Ils avaient été contacté par New Vulcain au retour d'une mission sur Altair, le service de sécurité de Shi'Kahr voulait s'entretenir personnellement avec Spock et il avait été mis en contact avec un agent du nom de Sivak. Il lui avait transmit un ordre de se présenter sur New Vulcain dès qu'il lui serait possible. Malgré sa demande pour plus d'informations l'agent n'avait pas élaboré plus sur les raisons de sa convocation et Spock ignorait totalement pourquoi il était convoqué. Il devait avouer que être tenu dans une telle ignorance l'inquiétait assez. Autant qu'un vulcain puisse être inquiet. L'interphone de sa porte sonna, il se leva pour aller ouvrir et découvrit Jim dans le couloir, il s'écarta pour le laisser entrer.
« J'ai reçu nos nouveaux ordres de mission Spock, devinez quoi, nous sommes convoqués à New Vulcain. Est-ce que ça aurait quelque chose à voir avec la communication privée que vous avez reçu, tout va bien chez vous au moins ? » Demanda-t-il après être entré dans la pièce. Spock haussa un sourcil légèrement surpris. La porte se referma derrière lui, il resta debout dans l'entrée de ses quartiers, se tenant silencieux, hésitant à l'idée de partager le contenu de la communication avec son capitaine.
« La Terre à Spock ? » Spock cligna des yeux et regarda son capitaine. Il se souvenait qu'on lui avait expliqué l'expression et il se retint de répondre que Jim ne se trouvait pas présentement sur Terre et que donc sa phrase était illogique. A la place il se redressa et expliqua : « J'ai été convoqué par le service de sécurité de la capitale. » Jim qui avait pris place dans l'un des fauteuils de la pièce haussa les sourcils, surpris.
« Convoqué ? Comment ça ? Pour quelle raison ? » Demanda-t-il, malgré la désinvolture de sa posture Spock semblait lire dans son ton une légère inquiétude. « Je l'ignore. » Répondit Spock sans plus élaborer, formuler des hypothèse sur les raisons de cette convocation était sans plus d'informations hors de ses capacités.
« Vous n'avez pas cherché à le savoir ? » Questionna Kirk. Spock croisa ses bras dans son dos. « L'agent avec qui j'ai communiqué n'a pas souhaité me faire part des raisons. » Cela le rendait perplexe et l'agaçait un peu même s'il devait l'avouer. Kirk allongea les jambes devant lui et passa une main sur son menton.
« Étrange… N'y a-t-il pas quelqu'un à qui pourrait en savoir plus à ce sujet ? Peut-être votre père ? C'est un vulcain influent. » Demanda-t-il. Spock acquiesça, faisant le tour de son bureau pour s'asseoir devant l'écran d'ordinateur.
« En effet, si je suis concernée par quelque affaires assez importantes pour que je sois convoqué sur New Vulcain elles seraient certainement portée à sa connaissance. Je vais le contacter. » Il leva les yeux jetant un coup d'œil à l'humain assis de l'autre côté du bureau, Jim le regarda en retour et Spock leva un sourcil.
« Oh, je vais vous laisser faire votre appel alors… dites moi si vous avez du nouveau. » Dit-il en se levant, prenant dans le message silencieux de son second il sortit de ses quartiers.
Une fois la porte fermée Spock retourna son attention sur son ordinateur. Il trouvait toute cette affaire bien étrange, comme l'avait exprimé son capitaine, et il était aussi surprenant de constater que quelqu'un c'était donné assez de mal pour faire venir l'Entreprise à New Vulcain pour en faciliter la venue de Spock. Il passa l'appel pour New Vulcain et la maison de son père. Quelques minutes s'écoulèrent avant qu'ils soient finalement mis en relation, le visage de Sarek apparaissant sur l'écran de l'ordinateur. Il était pâle et paraissait tendu.
« Longue vie et prospérité, Père. » Annonça Spock en formant le Ta'al. Sarek renvoya le geste, répétant les mêmes mots avant de rapidement le questionner sur la raison de son appel. Spock jugea son empressement suspect.
« Spock, pourquoi m'appelles-tu ? » Demanda-t-il.
« J'ai été contacté par un agent du nom de Sivak qui m'a transmis une convocation au centre de sécurité de Shi'Kahr, mais il n'a pas voulu me communiquer le motif de cette convocation, en avez-vous entendu parlé ? » Expliqua-t-il froidement.
« J'ai effectivement était tenu informé de cette convocation. » Répondit-il, le jeune vulcain attendit un moment mais l'ancien n'élabora pas plus que cela. Il plissa légèrement les yeux à la réponse cryptique, c'était assez habituel de la part de son père mais il aurait pensé que dans une telle situation et alors qu'il était impliqué Sarek ferait un effort pour communiquer un peu plus avec lui. Visiblement Sarek ne se sentait pas plus concerné que cela par les problèmes que son fils pouvait encourir sur leur nouvelle planète.
« Savez-vous pour quelle raison j'ai été convoqué ? » Demanda-t-il avec un léger espoir. Sarek prit encore un temps avant de répondre.
« Ce n'est qu'une simple procédure de renseignement suite à la perte des registres administratifs pendant la destruction de Vulcain. Je sais seulement que cela concerne une de tes vieilles connaissances, si j'étais toi je ne m'en inquiéterai pas outre mesure. » Spock haussa un sourcil, pensant lire une accusation dans la dernière partie du message de son père il répliqua immédiatement.
« Il est illogique d'être inquiet, je ne le suis pas. » Dit-il en se défendant, avec un soupçon de véhémence déguisé sous son ton habituel. En réalité il était assez inquiet et il peinait à le dissimuler. Son père leva une main pour l'apaiser.
« Bien, était-ce tout ce que tu voulais savoir ? » Spock avait l'impression que son père omettait délibérément des informations, il ne pouvait pas croire que son propre parent puisse agir contre lui de la sorte en lui cachant ce qu'il savait, mais c'était visiblement le cas.
« Oui, si vous n'avez pas plus d'informations à ce sujet. » Répondit-il sur un ton sec. Le visage de son père se crispa et il prit à nouveau un moment avant de répondre.
« Spock, il n'y a rien d'autres que je puisse te dire qui ne te sois pas préjudiciable. Mais nous pourrons en reparler lorsque vous arriverez sur Vulcain. » Cette fois il haussa les sourcils, surpris, son père avait bien des informations qu'il lui cachait délibérément et il venait indirectement de l'en informer, en impliquant qu'il le faisait pour le protéger. S'il avait du mal à l'envisager il ne pouvait pas douter de sa sincérité. Mais s'il ne devrait pas s'inquiéter, de quoi pouvait-il vouloir le protéger ?
« Bien, père… » Il s'apprêtait à faire ses adieux à son parent quand Sarek le coupa soudain en le questionnant.
« Mon fils, puis-je m'enquérir de votre santé et connaître l'état de vos dernières aventures dans l'espace ? » Spock haussa involontairement les sourcils, c'était une demande très inattendue et surprenante, d'autant qu'il avait perçu le ton d'une réelle préoccupation dans la voix de Sarek. Était-il souffrant ? Sa logique était-elle troublée par un quelconque mal ?
« Je fonctionne de manière optimale. » Répondit-il de façon mécanique à sa première question. D'après son expérience parmi la compagnie humaine et au sein de ce vaisseau cette réponse ne conviendrait pas pour un humain, mais elle était tout à fait correcte pour un vulcain. « Nous venons de terminer une mission de transport sur Altair… » Commença-t-il, fournissant les détails qu'il pouvait donner à son père sur sa dernière mission, lorsqu'il eut satisfait à sa curiosité les deux vulcains se saluèrent et se dirent au revoir.

* * * * *

McCoy était assis à son bureau entrain d'examiner le dossier médical d'une jeune enseigne en ingénierie qui s'était blessée dans un accident le matin même lorsqu'il fut averti d'une communication entrante. Il posa le dossier qu'il était entrain de lire et prit la communication, il fut surpris lorsqu'il vit que ça provenait de New Vulcain, et plus encore qu'elle venait de l'ambassadeur Sarek.
« Bonjour Ambassadeur, que puis-je pour vous ? » Demanda-t-il alors que ce dernier apparaissait à l'écran.
« Docteur McCoy, êtes vous seul ? J'ai besoin de discuter avec vous d'une affaire très sérieuse, mais je dois m'assurer d'abord que cet échange est strictement confidentiel. » Il fronça les sourcils devant la demande particulière, mais soit, il voulait sûrement lui parler de Spock. Il se leva pour mettre le verrouillage sur la porte de son bureau et revint devant l'ordinateur.
« Je suis seul, je suis médecin vous savez, on a ce truc qu'on appelle le secret médical. Vous pouvez me parler librement. » Dit-il. Sarek le regarda un moment sans parler et Bones se demandait s'il devait rajouter quelque chose.
« Bien, êtes vous au fait de la convocation sur New Vulcain du commandeur Spock ? » Questionna Sarek. Ils y étaient, Bones était sûre que c'était au sujet de l'elfe vert. Jim était passé plus tôt et lui avait parlé de la mission sur New Vulcain et à propos de la mystérieuse convocation sur sa planète de Spock. Bones, comme Jim, espérait que ce n'était rien de grave, mais s'ils le faisaient revenir sur sa planète c'est que ce devait être important. Il ne voyait pas comment l'elfe au sang vert aurait pu faire quoique ce soit d'illégal ou qui soit répréhensible. Il se comportait toujours parfaitement, enfin sauf pour ce qui était des situations sociales, les codes sociaux lui étaient totalement étranger. Mais on arrêtait pas un homme, ou un vulcain, pour ça. N'est-ce pas ?
« J'ai pu en avoir des échos oui … » Expliqua-t-il.
« J'ai besoin de vous demander… une faveur. » Bones leva un sourcil, c'était particulièrement inattendu. Il se redressa dans son siège et croisa les mains devant lui.
« Je vous écoute. » Dit-il.
« J'ai été contacté ce matin par le centre de sécurité de Shi'Kahr au sujet d'un ancien enseignant de Spock, il a été découvert que ce professeur… abusait de ses élèves, et le centre de sécurité mène une enquête à ce sujet. C'est la raison de la convocation de Spock. Ils veulent l'interroger pour vérifier s'il est une de ses victimes. » Expliqua-t-il non sans difficulté. Bones était devenu pâle, Spock, victime d'abus ? Il passa rapidement dans sa tête toutes ses interactions avec le vulcain et les éléments qu'il avait relevé sur son comportement qui auraient pu s'apparenter au comportement d'un adulte qui avait été victime d'abus dans l'enfance. C'était vrai que Spock avait un comportement étrange parfois, surtout avec les gens, mais c'était difficile de faire la part des choses avec ce qui était dû à son origine vulcaine et ce qui pourrait être la conséquence d'abus. Et de quel genre d'abus parlait-on ? McCoy n'était même pas sûr de vouloir le savoir, mais en temps que médecin il le devait. Pourquoi d'ailleurs le père de Sarek en parlait-il à lui, et pourquoi Spock ne savait pas pourquoi on le faisait venir ? Jim lui avait dit que Spock avait paru inquiet lorsqu'ils en avaient parlé, Spock avoir l'air inquiet pour quelque chose… le pauvre vulcain devait se ronger les sangs à ce propos.
« Pourquoi le faire venir ? Pourquoi ne pas faire l'entretien à distance ? » Demanda-t-il d'une voix bourrue.
« Il a été découvert que ce professeur avait forcé des fusions télépathiques sur ses victimes pour les manipuler et implanter un verrou mental pour les empêcher de communiquer sur ces abus. Des réactions violentes ont été observé chez les victimes interrogées, c'est pour ça que le centre de sécurité fait venir Spock et qu'ils n'ont pas communiqué sur le motif de sa convocation. » Eh bien ça expliquait certaines choses, McCoy passa une main sur son menton. Mais ça ne disait toujours pas ce que l'ancien vulcain attendait de lui.
« En votre qualité de médecin et je crois ami de mon fils, je veux que vous l'accompagnez sur New Vulcain et que vous… veillez sur lui. » Termina Sarek. Bones resta figé un moment, puis reprenant ses esprits il hocha la tête. Il n'était pas sûr de toute la partie d'être ami avec Spock mais il était certain qu'il pouvait faire cela pour l'elfe.
« Je le ferai. » Promit-il.
« J'espère que vous avez compris la nécessité de ne parler de tout ceci à personne. » Demanda Sarek. Bones à nouveau hocha la tête, il n'avait peut-être pas bien tout saisi à propos des fusions télépathiques et des altérations mentales mais il avait compris l'essentiel du message. En parler était dangereux pour Spock sans un guérisseur spécialisé à bord.
« La sécurité de Spock est ma responsabilité, soyez sûr que rien ne sortira de ma bouche à ce sujet. » Annonça-t-il, il serait muet comme une tombe. Bon, il allait devoir tenir cette information de Jim et de sa grande bouche, ça ne lui plaisait pas tellement mais il y était obligé, il ne pouvait pas prendre de risque à ce sujet.
« Bien, nous nous verrons sur vulcain alors Docteur, longue vie et prospérité. » Le vulcain le salua en formant le Ta'al, Bones tenta maladroitement de renvoyer le geste mais former un V avec ses doigts semblait être d'une difficulté hors norme. La communication se coupa, le laissant avec tout un tas de questions sans réponses, et qui devraient attendre pour en trouver qu'ils soient sur Vulcain, en attendant il devrait ménager la curiosité du capitaine tout en s'assurant que l'elfe vert ne fasse pas une crise de nerf à force de s'inquiéter pour cette foutue convocation. C'était bien les vulcains ça, convoquer un homme innocent comme un criminel sans lui dire pourquoi, comme s'ils étaient à l'abri de se faire un sang d'encre. C'était certainement le cas cela dit. Mais Spock n'était pas totalement vulcain, il était aussi en partie humain.

Chapitre 3

Un vent chaud et sec soufflait dans le désert, descendant depuis les montagnes du nord de Shi'Kahr. Trois vulcains attendaient près de l'aire d'atterrissage des navettes. Pourquoi le capitaine, le second officier, et le médecin en chef de l'Enterprise arrivaient en navette et non par téléportation, nul ici ne le savait vraiment. D'aucun savait cependant sur l'Enterprise que le médecin en chef craignait plus que tout l'espace et les téléporteurs, et il avait lourdement insisté pour se déplacer en navette à la surface de New Vulcain, comme le voyage ne revêtait pas vraiment de caractère urgent. Quelques minutes après l'arrivée des trois vulcains, la navette de l'Enterprise apparut dans le ciel et vint se poser sur l'aire d'atterrissage. La porte de la navette s'ouvrit et un demi vulcain en sortit, flanqué sur ses côtés de deux humains. On aurait dit que les humains en question montaient la garde, et si leur apparence soucieuse et protectrice autour de son fils était une indication, Sarek était actuellement heureux, autant qu'un vulcain puisse l'être, que Spock ne soit pas seul et qu'il ait des amis avec lui pour traverser cette épreuve. Son regard croisa celui du médecin et le docteur McCoy lui adressa un léger signe de tête avant de jeter un coup d'œil préoccupé dans la direction de Spock, l'échange silencieux fut relativement bref, mais assez long pour être remarqué par le vulcain. Ils descendirent tous trois jusqu'à eux et s'arrêtèrent à une distance respectable. Spock, imité par son capitaine, leva une main dans le signe du Ta'al, puis salua les trois vulcains. Le docteur tenta péniblement de réaliser le salut traditionnel, en vain, et se résolut finalement à abandonner se contentant d'un salut bref de la main.
« Longue vie et prospérité. » Annonça Spock. Les trois vulcains répondirent à leur salut puis Sarek présenta ses deux compagnons à son fils et à ses amis. « Longue vie et prospérité. Je vous présente l'agent de la sécurité Sivak, que Spock vous connaissez déjà, et son assistante T'Liv. » Les compagnons de Spock répondirent par des hochements de tête puis Spock les initia à son tour auprès de l'agent Sivak et de T'Liv. « Voici le Capitaine James T. Kirk et le médecin en chef le docteur McCoy. » Le capitaine prit un pas en avant, les bras croisés devant lui, il s'adressa aux trois vulcains.
« Avant toute chose, en tant que supérieur direct du commandeur Spock, j'aimerais connaître la raison exacte de cette convocation ? » Demanda-t-il avec autorité. Il savait que faire pression sur des vulcains était un exercice assez vain, il pratiquait régulièrement leur compagnie, enfin la compagnie de Spock, pour le savoir, mais il espérait que les vulcains auraient la décence de lui fournir une réponse. L'agent Sivak leva une main.
« Capitaine, si le commandeur Spock le permet, je vous informerais de la raison de cette entrevue, mais vous comprendrez que s'agissant d'une affaire hautement sensible, nous ne puisions en parler ici, néanmoins sachez que votre second n'est la cible d'aucune accusation. » Rassura Sivak avant de se tourner vers Spock. Celui-ci sembla peser le pour et le contre avant de brièvement hocher la tête.
« Le Capitaine Kirk peut être tenu au courant de toute affaire me concernant, bien que j'ignore encore la raison de ma convocation ici. » Répondit-il. Être tenu dans l'ignorance induisait encore une légère anxiété en lui, néanmoins, il était rassuré de savoir qu'il n'était accusé de rien. Même s'il savait qu'il n'avait rien à se reprocher, il devait avouer ne pas avoir abordé tout à fait sereinement cette réunion et ses motifs secrets.
« Vous l'apprendrez bientôt, si vous voulez bien nous suivre jusqu'au centre de sécurité. » Les invita Sivak. Ils hochèrent tous trois de la tête et leur emboîtèrent le pas. Ils se dirigèrent jusqu'à un véhicule qui les emmena jusqu'au centre de sécurité. Le trajet fut assez silencieux, les vulcains ne se prêtant guère aux petites discussions afin d'éviter l'ennuie et n'étant pas gêné par le silence. La tension cependant était assez palpable, chez tous les occupants. Sarek d'une part savait de quoi il en retournait et était rongé par l'inquiétude depuis sa première discussion avec Sivak. Celui-ci était assez préoccupé par la situation en général, l'affaire était très grave et il craignait aussi les possibles difficultés qu'ils pourraient rencontrer en interrogeant Spock. Jusque là tous les interrogatoires avaient été pour le moins difficiles et houleux, mais avec l'héritage mixte du commandeur, ils ne savaient même pas à quoi exactement ils pouvaient s'attendre et ils ne pouvaient guère se baser sur les réactions des autres vulcains qu'ils avaient interrogé. Spock, quant à lui, était globalement assez anxieux, depuis qu'il avait reçu sa convocation. Il était cependant plus rassuré en voyant ses amis à ses côtés. Le docteur McCoy, pour une raison qu'il ignorait, avait décidé de les accompagner, il semblait assez soucieux depuis quelques temps, il était aussi légèrement plus prévenant, là encore Spock ignorait la raison de ce changement de comportement. McCoy était peut-être du lot l'homme le moins angoissé, il savait ce qu'il se passait, et il s'était préparé pour cela, il avait déjà eu à faire à des victimes de ce genre de crime et même si Spock et ses réactions étaient un mystère à lui tout seul il se pensait capable d'y faire face.
De plus, il savait qu'un guérisseur serait présent au court de l'entretien et il était assez confiant qu'à eux deux ils parviendraient à répondre aux besoins et aux difficultés que Spock pourrait rencontrer. Enfin, le dernier homme de la troupe, qui n'était nul autre que le Capitaine Kirk, était quant à lui très partagé, entre une certaine forme de préoccupation pour son second officier ainsi qu'un vague sentiment de colère envers Sivak et même Sarek. Il ne comprenait pas pourquoi on cachait le motif de cette rencontre à son principal intéressé et il était conscient de l'effet que cela pouvait avoir sur Spock. Il le connaissait assez pour savoir que le demi vulcain était tout à fait capable de s'inquiéter. Il avait depuis le début assuré sa présence auprès de Spock, souhaitant assurer sa défense contre quoi que ce soit qui pourrait lui être reproché, il avait imposé auprès des vulcains sa présence aujourd'hui avec le docteur McCoy, qui avait voulu venir pour une raison inconnue, mais il supposait que comme lui, le bon docteur tenait à être là pour défendre son ami. Même si les vulcains semblaient dire que Spock n'était accusé de rien. Mais même dans ce cas, Jim voulait toujours connaître la raison de sa présence ici. Il y avait une chose qui l'avait étonné, cependant. C'était la facilité avec laquelle ils avaient accepté la venue de McCoy, alors qu'ils avaient semblé plus frileux à l'idée que Kirk accompagne aussi Spock. Il ne comprenait pas bien pourquoi la présence du médecin de Spock était mieux acceptée que celle de son supérieur. Même s'il était là avant tout en tant qu'ami.
« Nous y sommes. » Annonça Sivak, ils regardèrent à l'extérieur, au grand bâtiment qui se dressait devant eux. Ils sortirent du véhicule et Sivak les initia à l'intérieur. Il les guida à travers les couloirs et les étages, jusqu'à une salle dans laquelle il invita à entrer Spock et le docteur McCoy. Kirk fronça les sourcils, mécontent de ne pas être permit à l'intérieur.
« Pour des raisons ayant trait à l'affaire, le médecin peut rester, il sera secondé par le guérisseur T'Pel. » Savik présenta le guérisseur qui les attendait à l'intérieur et Kirk leva un sourcil perplexe. Pourquoi avaient-ils besoin d'un médecin et d'un guérisseur avec Spock ? Est-ce que son second souffrait d'une maladie grave sans qu'il le sache ? « Nous vous invitons à attendre à l'extérieur, il y a une salle juste à côté dans laquelle vous pouvez rester. » Indiqua Sivak. « Mon assistante va rester avec vous et pourra répondre à toutes vos questions. » Termina-t-il. Kirk allait protester, mais un léger signe de tête de son second le fit taire, alors que le vulcain rentrait à l'intérieur de la pièce. McCoy passa près de lui et posa une main sur son épaule, lui faisait aussi un petit signe de la tête, pour lui signifier qu'il avait les choses en main. Kirk soupira et fit demi tour, se dirigeant à contre cœur vers la petite salle d'attente avec Sarek et T'Liv. Une fois dedans il se tourna vers les deux vulcains, Sarek et T'Liv affichaient tous deux des expressions impassibles, il croisa ses bras devant lui.
« Bien, je voudrais des réponses maintenant. » Les interrogea-t-il. Sarek, qui semblait étrangement pâle depuis le début de leur rencontre, se tourna vers T'Liv et hocha la tête dans sa direction. La vulcaine s'adressa au capitaine.
« Vous devez savoir qu'il s'agit d'une affaire assez sensible… » Commença-t-elle. Kirk hocha la tête, il en avait bien conscience, vu la prévenance particulière et inhabituelle dont avaient semblé faire preuve les vulcains. Et même s'il était prêt à se battre pour obtenir des réponses, il était plutôt content que Spock, même s'ils ignoraient tout de ce qu'il se passait, et Sarek, qui d'après Spock disposait d'informations mais qu'il avait refusé de lui partager, acceptent d'une part sa présence et aussi qu'ils ne cherchent pas à le maintenir dans l'ignorance. De toute façon, il aurait fini par réussir à apprendre de quoi il en retournait, il était juste heureux de ne pas avoir à se battre avec l'administration vulcaine et des vulcains têtus, notamment un vulcain têtu, pour cela.
« Asseyons-nous. » Invita Sarek, désignant trois fauteuils dans la pièce. Kirk hocha la tête et alla prendre place sur l'un des fauteuils, il fut rapidement rejoins par les deux vulcains. Il regarda de l'un à l'autre, attendant que quelqu'un commence à parler. « Bien, alors ? » Interrogea-t-il.
« Comme je vous l'ai dis, c'est une affaire très sensible… Il a été porté à notre attention, qu'un enseignant vulcain du nom de Stislak avait eu des comportements… criminels, auprès d'un certain nombre de jeunes vulcains placé sous son autorité. Le commandeur Spock ayant été son élève pendant plusieurs années, nous avons besoin de l'interroger, afin de savoir s'il avait été victime des mêmes actions criminelles de la part de Stislak. » Kirk ne savait pas vraiment à quoi il s'était attendu, mais ce n'était certainement pas à ça. Il était présentement très partagé, entre l'envie d'en savoir plus, de vouloir comprendre exactement de quoi il en retournait, et de l'autre l'envie de rejoindre son ami dans la pièce d'à côte et de s'assurer qu'il allait bien. Mais, il ne comprenait pas, comment déjà un vulcain, eux qui avaient de si hautes valeurs morales, pouvait s'être livré à ce genre d'agissements, et il ne savait toujours pas encore exactement leur nature, et aussi, pourquoi Spock n'en aurait rien dit à l'époque et pourquoi garder cela aussi secret maintenant ? Ils ne pouvaient pas simplement lui dire qu'ils voulaient lui poser des questions sur un de ses anciens professeurs ?
« Je ne comprends pas. » Répondit-il. « Pourquoi ne pas avoir dit à Spock que vous aviez besoin de l'interroger au sujet de ce vulcain ? Pourquoi avoir gardé cela secret ? Et de quel genre d'actes parle-t-on exactement ? » Il avait peur maintenant, parce qu'il avait plusieurs idées d'où cela pouvait aller, et quelque soit la réponse, il savait qu'il n'aimerait pas ce que T'Liv allait lui dire. Encore une fois les deux vulcains se regardèrent entre eux, semblant partager une espèce de discussion silencieuse, puis à nouveau, Sarek hocha la tête et T'Liv se tourna vers lui.
« Vous devez savoir que c'est un sujet extrêmement délicat, et je ne peux pas vous partager tous les détails, même si nous avons reçu l'accord du commandeur, ce dernier ne sachant pas exactement de quoi il s'agissait, il est difficile de savoir exactement ce qu'il accepterait d'être partagé avec vous. Néanmoins, je sais que d'après les dires de l'ambassadeur Sarek, vous êtes tous deux d'assez proches amis. » Dit-elle. Jim hocha la tête, un peu surpris que Sarek soit au courant de leur relation amicale.
« Je porte en haute estime le commandeur Spock et le considère effectivement comme un de mes amis les plus proches, je sais néanmoins que les vulcains sont des personnes très privé, et je comprends votre réticence, je n'ai pas pour désir de bafouer l'intimité du commandeur Spock… » Expliqua-t-il. Il ne désirait en rien arracher des informations à son sujet que Spock n'aurait pas eu le désir de lui partager, même s'il était vraiment très curieux et il faut l'avouer aussi très inquiet.
« Ce que je peux vous dire, c'est que l'enseignant Stislak se serait livré sur plusieurs jeunes vulcains à des… maltraitances physiques et psychiques, en effet il aurait eu recours à des fusions mentales forcées, afin de les manipuler et de les contraindre pour qu'ils ne puissent pas révéler les actes dont ils étaient victimes. Nous avons remarqués chez de nombreuses victimes un important blocage mental les empêchant de communiquer sur les agissements de Stislak, et les plongeant aussi parfois dans des états seconds au cours desquels plusieurs ont montré un comportement violent. C'est pour cette raison que le commandeur Spock ne pouvait être tenu au courant du motif de sa convocation, nous ne savions pas comment il allait réagir au fait que nous l'interrogions sur Stislak et il était impératif qu'un guérisseur soit présent sur place. L'ambassadeur Sarek s'est aussi entretenu avec votre médecin, et à jugé bon de l'inclure à cette procédure, comme il connaît particulièrement bien le commandeur Spock ainsi que ses états de santé. » Expliqua-t-elle en regardant soigneusement le capitaine Kirk. Ce dernier était pour ainsi dire en état de choc, il avait du mal à assimiler toutes les informations que lui avait communiqué T'Liv. Il avait l'impression qu'un poids s'était installé au fond de son estomac, et ses poings s'étaient serrés à mesure qu'elle lui livrait les informations qu'elle était en mesure de lui partager.
Il ne comprenait pas, comment un vulcain aussi digne, aussi bon, que Spock, pouvait avoir subi ce genre de choses, c'était profondément injuste… Et il ne savait toujours pas quelles étaient exactement les maltraitances dont Stislak s'était rendu coupable. Il savait seulement qu'il y avait eu des maltraitances physiques, et malheureusement il avait une assez bonne expérience de la maltraitance sur les enfants pour pouvoir aisément imaginer de quoi il pouvait s'agir… Comment cela avait-il pu arriver à Spock ? Comment ses parents, Amanda cette mère parfaite, et Sarek un vulcain aussi… vulcain, avaient pu laissé faire ça ? Comment avaient-ils pu ne pas s'en rendre compte et passer à côté de la souffrance de leur enfant ? Cela dit, rien ne disait que Spock en avait été victime, peut-être Stislak avait-il ignoré le jeune demi vulcain sous ses soins… C'était un espoir qui lui semblait de plus en plus irréaliste. Il baissa la tête et passa ses mains sur son visage, poussant un profond soupir. Il releva son regard et se tourna vers Sarek. Comment réagissait-il à tout ça ? Il savait que lui et Spock n'avaient jamais été très proches, et que son père avait souvent eu tendance à le juger en mal pour toutes ses actions.
Comment le jugeait-il à présent ? Allait-il le juger pour quelque chose dont Spock n'était en rien coupable ? Néanmoins, il était là aujourd'hui, et de son apparence, il avait l'air d'être assez troublé pour un vulcain, peut-être cela le touchait-il plus qu'il ne le laissait voir. Il nota aussi autre chose, un petit détail qui avait été relégué à l'arrière de son esprit quand T'Liv lui avait donné toutes ces informations sur la situation. Elle semblait dire que Sarek et Bones avaient communiqué à ce sujet ? Comment se faisait-il qu'il n'en ait pas entendu parler ? Bones lui aurait dit s'il avait appris quoique ce soit sur l'affaire entourant Spock ? Et s'il savait, pourquoi l'avoir caché à ses deux amis et de plus au principal intéressé ? Cela pouvait peut-être trouver une explication dans ce blocage dont avait parlé T'Liv, si Spock avait été la victime de Stislak, et qu'il pouvait avoir une réaction violente à sa mention, peut-être Bones n'avait-il rien dit pour préserver la sécurité et la santé de Spock… Néanmoins, il considérait qu'il aurait du lui en faire part, il était le capitaine de ce vaisseau et il estimait qu'il devait être tenu au courant de tout ce qui se passait sur l'Enterprise. Cependant, il savait déjà la réponse de Bones à ce sujet, il se protégerait derrière le secret médical… Il soupira et secoua la tête.
« Ambassadeur… » Commença-t-il en se pinçant l'arrête du nez, il tourna son regard à nouveau vers lui. « Le commandeur Spock est votre fils, vous le connaissez, pensez-vous que ce soit possible ? Qu'il ait pu être la victime de Stislak ? J'avoue que je ne comprends pas comment aucun adulte n'ait pu se rendre compte de ce qu'il se passait… » Il ne comprenait pas, mais au fond de lui, il savait, parce qu'il avait vécu ça, les médecins qui lui plâtrait le bras et ne posaient aucune question sur les bleus qu'il avait et comment il s'était blessé, il avait connu la maltraitance, mais aussi le silence et la négligence des adultes autour de lui. Il ne voulait pas l'accuser d'avoir été négligent envers Spock, même si d'une certaine façon, oui, il l'accusait en quelque sorte de cela… Il connaissait la mauvaise relation de Spock avec son père, et il ne trouverait même pas étonnant que ce dernier ait pu être à ce point négligent envers son fils. Sarek croisa ses mains devant lui et prit une inspiration, il semblait toujours particulièrement pâle.
« J'ai bien peur, surtout au vu des récentes découvertes, de ne pas connaître mon fils aussi bien que je le souhaiterais… Sachez que si j'avais connu que Spock avait été la victime de pareils… actes, je l'aurais immédiatement enlevé de la surveillance de Stislak et j'aurais pris les mesures nécessaires contre lui. Je suis autant navré sinon plus que vous, de ne pas avoir su voir les signes dans le comportement de Spock… Avec le recul, à présent, j'en vois certain et je crains que l'accusation contre Stislak soit avérée en ce qui concerne Spock… » Émis Sarek. Jim s'était levé, incapable de tenir en place, une rage sourde bouillait maintenant en lui. Il faisait les cent pas à travers la pièce, jetant par moment des coups d'œil à la porte, il n'avait qu'une seule envie, c'était briser à travers celle-ci et aller se tenir aux côtés de Spock… Et aussi, il avait envie d'aller trouver ce sale fils de pute et de le frapper jusqu'à la mort. Comment ce chien avait-il pu faire cela à des jeunes enfants innocents, confiés sous sa protection…
« Je vous assure… » Poursuivit Sarek. « Que j'ai partagé la même colère et la même inquiétude que vous vivez actuellement, et je les partage encore aujourd'hui. » Kirk se tourna vers lui, pour un vulcain, c'était un sacré aveu de compromis émotionnel… Ils entendirent un bruit sourd soudain, qui arrêta Kirk dans sa marche et dans ses pensées, il fut suivi d'un cri, les deux vulcains se levèrent, alertes. Cela semblait venir de la pièce d'à côté, là où se trouvait Spock, Sarek était maintenant terriblement pâle. Kirk avait les poings serrés et regardait en direction de la porte, puis soudainement il se mit à marcher vers elle. T'Liv essaya de l'arrêter.
« Attendez, vous ne pouvez pas y aller… » Dit-elle. Mais Kirk l'ignora et sortit dans le couloir, suivi par les deux vulcains. Il n'en avait plus rien à faire du protocole, quand son meilleur ami et son second officier était entrain de hurler dans la pièce voisine. Il alla jusqu'à la porte de la salle d'interrogatoire, mais il fut stoppé dans sa progression par un garde qui était posté devant. Il était très agacé mais il ne pouvait pas frapper un vulcain parce qu'il l'empêchait de passer, c'était un capitaine de Starfleet et les vulcains étaient des membres éminents de la Fédération, il ne pouvait pas provoquer d'incident… Heureusement et avant qu'il n'ait à trouvé une solution, Sarek vint se poster à côté de lui, il avait un air fou que Jim n'avait vu qu'une seule fois chez un vulcain… Quand Spock l'avait étouffé sur le pont après qu'il ait insulté sa mère…
« Laissez-nous entrer. » Ordonna Sarek avec autorité. A l'intérieur, ils entendaient plus de cris et de bruits sourds comme des bruits de coups frappés contre les murs, le son inquiétait assez Sarek et Jim pour qu'ils fassent tous deux fronts communs… Le garde échangea un regard avec T'Liv qui hocha la tête puis il s'écarta, les laissant pénétrer à l'intérieur…

Chapitre 4

La pièce ressemblait à une salle d'interrogatoire, une table se trouvait en son centre, deux chaises étaient disposées de chaque côté, il y avait sur la table des verres et une carafe d'eau fraîche, des chaises étaient adossées contre les murs bruns. Le guérisseur T'Pel se trouvait sur une de ses chaises, elle se leva à leur entrée et esquissa le ta'al en direction de Spock et du docteur McCoy. Spock renvoya le geste et le docteur se contenta de s'incliner légèrement dans sa direction. Si Spock était surpris par la présence du guérisseur, il n'en montra aucun signe. Sivak désigna la seconde chaise contre le mur au docteur et Léonard alla s'asseoir dessus. Il invita ensuite Spock à prendre place d'un côté de la table tandis qu'il prenait l'autre chaise. Spock, après avoir fait un tour visuel de la salle, dirigea son attention sur l'agent de sécurité face à lui. Il croisa ses mains sur la table devant lui et attendit pour Sivak de commencer à parler.
« Si vous êtes prêt commandeur, nous pouvons commencer. » Initia Sivak. Spock hocha la tête, il ne savait toujours pas en quoi il était sensé être préparé et attendit pour Sivak d'élaborer sur la raison de sa convocation.
« J'aimerai connaître les raisons de ma présence ici. » Questionna-t-il, il fut surpris par le ton autoritaire de sa propre voix. Sivak hocha la tête et sembla prendre quelques secondes pour rassembler ses pensées avant de parler.
« Commandeur Spock, j'aimerai avant de commencer renouveler l'assurance que vous n'êtes sous le coup d'aucune accusation, cet entretien n'a pas pour but de vous accuser de quoi que ce soit, mais seulement de mettre en lumière certains faits… » Spock haussa un sourcil surpris. Il trouvait la propension de l'agent Sivak à renouveler ses assurances qu'il n'était en rien accusé de quoi ce soit inquiétante. De plus, il ignorait totalement de quels faits il était question. Il le questionna à ce sujet.
« De quels faits s'agit-il ? » Demanda-t-il. Il ne voyait vraiment pas à propos de quoi on pouvait vouloir l'interroger et malgré les assurances prononcées par Sivak, son sentiment d'anxiété ne semblait pas diminuer. Il entreprit de respirer avec calme, régulant son rythme cardiaque et son souffle, et attendit pour l'agent d'élaborer.
« Il est question des agissements d'un de vos anciens professeurs, il nous a été rapporté qu'il aurait eu un comportement… irrégulier, avec certains de ses élèves. L'enquête que nous entreprenons vise à déterminer si vous en avez été aussi la victime. » L'anxiété logée au fond de son estomac monta d'un cran alors qu'il commençait à entrevoir vers où cela se dirigeait. Il releva un très léger tremblement dans ses mains et les cacha sous la table, les posant sur ses genoux. Il éprouvait une sorte de sentiment d'urgence, c'était quelque chose qu'il n'avait que rarement ressenti, et seulement au cœur de la bataille, c'était quelque chose que son capitaine appellerait sûrement un instinct de danger. Pourtant, il n'y avait présentement aucun danger autour de lui.
« Premièrement, Commandeur Spock, est-il exacte qu'entre les années 2235 et 2240 vous avez été l'élève d'un dénommé Stislak ? » Stislak… Le nom lui arracha un léger frisson. Cela faisait des années qu'il ne l'avait pas entendu, et cela semblait si peu, il aurait préféré ne jamais avoir à le réentendre, qu'il demeure toujours dans cette petite partie de son esprit où il l'avait tenu enfermé toutes ces années… A la seule mention de Stislak, son esprit fut assaillit de souvenirs, pour le moins désagréables…
« Commandeur ? » Appela Sivak, le faisant sortir de ses pensées. Spock hocha la tête, il déglutit, il trouvait qu'il lui était difficile de parler. Les mots semblaient se bloquer au fond de sa gorge et il dut s'y reprendre à plusieurs fois avant de réussir à parler.
« Oui, c'est exacte. » Finit-il par dire. Sa voix n'avait que très légèrement tremblé, ce n'était sans doute pas perceptible pour un humain, mais ça l'était très certainement pour un Vulcain.
« Pouvez-vous nous parler de votre relation avec le professeur Stislak ? » Interrogea l'agent. Spock haussa très légèrement un sourcil. Sa relation avec Stislak ? Des souvenirs, nombreux, émergèrent à la surface de sa conscience. Des contacts non désirés, les souvenirs de la douleur dans son corps et dans son esprit, et cette présence, nauséabonde, à l'intérieur de ses pensées… Il se raidit imperceptiblement.
« Il… il était mon professeur et j'étais son élève. Je ne suis pas sûr de comprendre le sens de votre question. » Répondit-il, hésitant. Il avait l'impression que la pièce était glacée, tout son corps semblait geler.
« Stislak a-t-il déjà fait preuve de comportements déplacés ? » Interrogea Sivak. Spock se tenait raide à présent, et il devait se concentrer sur le fait de respirer. Il ferma les yeux un instant, rassemblant ses pensées, pourquoi n'arrivait-il pas à penser ? Tout était soudainement si confus dans son esprit, les souvenirs se mélangeaient et créaient des images d'une impressionnantes nettetés. Il entendit son nom, quelque part, au loin. Une partie de lui savait qu'il devait répondre, mais il ne pouvait juste pas se concentrer et il semblait incapable de parler, il secoua la tête violemment.
« Spock ? » Entendit-il appeler. « Eh, ouvrez les yeux… » Il connaissait cette voix, elle était familière, amicale. Il obéit et ouvrit les yeux sur le visage inquiet du docteur McCoy. Celui-ci se tenait à côté de lui, il semblait faire courir quelque chose sur son corps et il avait envie de reculer de la chose. Pourquoi McCoy se tenait-il si près ?
« Hey, Spock, vous êtes parmi nous ? » Demanda le docteur. Il posa une main sur son bras le faisant sauter en arrière, en une seconde il se tenait debout, la chaise renversée derrière lui, sa respiration haletante. McCoy se tenait devant lui, à une distance prudente, les deux mains levées devant lui et une expression de choc inscrite sur son visage.
« Spock, tout va bien, je suis désolé de vous avoir touché, je ne le referai plus, je promets. » Il entendit quelque chose, une sorte de grondement, qui fit reculer le docteur McCoy en arrière. Il se rendit compte après coup que le bruit était venu de lui et parut surpris de son acte, il n'avait pas voulu grogner ainsi sur le bon docteur.
« Commandeur Spock, je vous en prie, rasseyez-vous. » Vint une autre voix, il n'arrivait pas à savoir à qui elle appartenait, il avait l'impression d'entendre des voix, qui parlaient à l'intérieur de son esprit, passant par dessus le flot de ses pensées, il y en avait tellement. Il les reconnaissait, certaines, elles appartenaient à Stislak. Il… il avait besoin de sortir d'ici, il fallait qu'il sorte, il ne pouvait pas rester ici. Il regarda la pièce autour de lui, il ne reconnaissait pas les murs, où était-il ? Il n'avait pas besoin de savoir où il était, simplement de sortir. Il devait juste trouver la porte. Il la vit et se dirigea vers cette dernière. On continuait d'appeler son nom mais il ne s'arrêta pas. Il sentit soudain une main sur son épaule et il sauta loin, il ne pouvait pas, il ne voulait pas être touché. En reculant il heurta le mur avec force, le choc provoquant un bruit sourd. Il se retrouva acculé. Il se retourna, poussant un grondement agressif pour faire fuir quiconque essayait de l'approcher. Il vit sans le voir, le bon docteur, qui avait toujours les mains levées devant lui et qui essayait de prononcer des paroles apaisantes, mais il l'entendait à peine, par dessus le brouhaha de ses pensées confuses. Il essaya de se concentrer sur lui, mais il n'arrivait pas penser. Il le vit avancer et il voulut reculer, mais son dos frappa à nouveau le mur, il se glissa sur le côté, se recroquevillant sur lui-même, il prit sa tête entre ses mains, des grondements sourds s'échappant de lui.
« Spock ! » Entendit-il crier. Il chercha à se redresser, il vit trois formes dressées devant lui et il recula, cherchant à s'éloigner d'elles. Il se retrouva pris au piège, coincé entre deux murs, il ne pouvait aller nulle part, les formes lui bloquaient le passage. Soudain, un éclair de lumière jaillit dans la pièce, de la porte maintenant ouverte, et deux nouvelles formes vinrent se joindre au trio déjà présent. Il grogna de nouveau, cherchant à les impressionner pour les faire reculer, mais cela ne sembla pas fonctionner, comme ils continuaient de s'approcher, appelant son nom. La porte était toujours entrouverte, et la lumière filtrant à travers celle-ci semblait l'appeler comme une échappatoire providentielle. Il se rua en avant, trébuchant dans la première forme face à lui, celle-ci céda sous son poids et fut repoussée en arrière. Il courut jusqu'à la porte, mais deux formes se jetèrent sur lui, cherchant à lui bloquer le passage. Il se débattit, luttant contre les mains qui cherchaient à l'attraper. Il ne pouvait pas, il ne voulait pas être touché. Il entendait vaguement des voix appeler son nom, mais il était incapable de se concentrer dessus. Il sentit quelque chose le frôler et il retint un cri qui voulait sortir de sa gorge et sauta sur le côté. Quelque chose atteint son cou, puis une vive douleur irradia dans toute son épaule et il s'effondra.
En l'espace d'un instant, les ténèbres entiers s'ouvrirent devant lui, et il fut plongé dans la nuit. Une vague puissante de souvenirs balayait son esprit. Il avait la sensation de se noyer, il était complètement submergé. Ensuite, pendant ce qui lui semblait un long moment il ne sentit plus rien, jusqu'à qu'il sente quelque chose toucher son esprit, une présence inconnue, s'arrêtant à la surface à de ses pensées. Il essaya de lutter contre l'intrusion, puis progressivement s'arrêta quand il vit que la présence n'avançait pas plus, comme si elle se contentait de regarder son esprit depuis un point de vue extérieur, il ne comprenait pas. Stislak ne s'était jamais gêné pour pénétrer de force dans ses pensées. Mais, la présence ne ressemblait pas à l'esprit de Stislak. C'était autre chose. La présence resta un moment à la surface, puis poussa doucement, comme si elle lui demandait l'autorisation d'entrée, il haussa ses boucliers, tentant de la repousser, elle recula, mais resta là, à la frontière de son esprit. Bientôt, dans le chaos des voix qui hurlaient dans ses pensées, il lui sembla discerner un son, qui se démarquait. Cette voix appelait son nom. Il essaya de se concentrer dessus.
Elle se présenta comme étant le guérisseur T'Pel et lui demanda de la laisser entrer. Spock savait, quelque part, au fond de sa conscience, que T'Pel n'était là, ne voulait seulement que l'aider. Il savait intérieurement que ce qu'avait fait Stislak à son esprit, nécessitait sans doute certains soins que seul un guérisseur pourrait lui apporter. Néanmoins, il était trop débordé, submergé par ses émotions très humaines, et il avait honte, non seulement des sentiments violents qui l'habitaient mais aussi de la mémoire horrible qui avait refait surface à l'avant de son esprit. Il savait, intellectuellement, qu'il ne devrait pas avoir honte de ce que lui avait fait subir Stislak, que ce sentiment n'appartenait pas à lui, mais malgré cette connaissance, la honte demeurait là, brûlant à travers son corps et son esprit. Après un long moment, la présence finit par se retirer, et il demeura seul.
En revenant à lui, il avait l'impression de franchir un épais brouillard, ce n'était pas la première fois qu'il subissait les effets d'une prise vulcaine, néanmoins la sensation était toujours aussi désagréable, que ce soit au moment de l'acte, comme au réveil. Ses yeux papillonnèrent, avant de se fixer sur le plafond au-dessus de lui. Un éclair de panique, comme un fantôme de la crise intense qu'il avait semblé traverser plus tôt, le frappa, alors qu'il ne reconnaissait pas les murs de la pièce.
« Hey Spock ! » Appela une voix sur son côté. Il tourna la tête, et ses yeux tombèrent sur les visages reconnaissables du Capitaine et du Docteur McCoy. La tension dans sa poitrine se dissipa très légèrement, jusqu'à qu'il se souvienne de la scène qu'il avait fait plus tôt, mais avant qu'il ne puisse être pris d'un nouvel élan de panique, le Capitaine lui sourit et approcha sa chaise de lui.
« Vous êtes réveillé ! » S'écria-t-il, le docteur McCoy commençant à s'agiter à côté de lui. Puis, comme s'il semblait se souvenir des derniers évènements, son sourire mourut, et il redevint sérieux.
« Puis-je ? » Dit-il en désignant le rebord du lit. Spock hocha prudemment de la tête. Il se rappelait sa panique plus tôt quand le docteur avait essayé de le toucher, mais maintenant, il aspirait à la proximité avec Jim, le réconfort physique était sûrement quelque chose d'illogique, reste qu'il y aspirait tout de même. Le Capitaine se leva et marcha jusqu'au lit pour s'asseoir sur le bord. Le docteur avait remué de sa position et avait maintenant les yeux ouverts, observant le paysage de la chambre, avant de se concentrer sur l'occupant dans le lit. Il bougea, attrapant sa sacoche médicale et en tira un tricordeur, puis il se leva et marcha jusqu'au lit, il regarda un instant Spock, avant que celui-ci ne lui fasse un léger signe de tête, l'autorisant à procéder et il commença à l'examiner.
« Comment vous sentez-vous ? » Interrogea Kirk. Spock baissa la tête, mal à l'aise, il ne se sentait pas capable de parler ouvertement de ce qu'il ressentait, mais cependant, il savait qu'il leur devait certaines réponses. Des réponses et des excuses. Il commença par ces dernières, relevant son regard vers Kirk.
« Je tenais à présenter des excuses pour mon comportement… » Dit-il gravement. McCoy poussa un étrange grognement et Kirk lui sourit, mais son sourire n'atteignit pas ses yeux et ceux-ci semblaient remplis d'une profonde tristesse. Il n'était pas assez stupide pour en ignorer la cause.
« Vous n'avez pas à vous excuser Spock… » Répondit-il. « De ce que Sivak nous a expliqué, votre réponse était une réaction normale… Apparemment Stislak aurait conditionné ses victimes pour les empêcher de communiquer sur ses actions… » Il y avait de la colère dans sa voix alors qu'il parlait de Stislak. Entendre son nom prononcé, arracha aussi un frisson à Spock qui baissa honteusement la tête, ce qui provoqua un froncement de sourcils inquiet chez le docteur qui sembla mettre encore plus d'application, si cela était possible, dans son examen. Le vulcain hocha la tête, il comprenait mieux certains éléments à présent, qui avant lui avaient paru pour le moins confus. Il comprenait son incapacité à parler quand il avait été question de lui, il se rappelait aussi enfant de ses tours de langage pour pouvoir expliquer à ses parents qu'il ne voulait plus que Stislak soit son professeur. Il comprenait aussi, en partie, pourquoi on lui avait caché le motif de la rencontre. Il n'arrivait pas enlever de ses pensées l'idée que si il l'avait su à l'avance, il aurait pu mieux s'y préparer. Néanmoins, au vu de la réaction violente que la rencontre avait éveillée en lui, il n'était sûr de rien. Enfin, il comprenait la présence du guérisseur T'Pel et l'insistance du docteur McCoy pour participer à la rencontre. Et il en déduisait aussi que Léonard avait du disposer de certaines informations, qu'il n'avait pas même partagé au capitaine, si les questions curieuses de Jim plus tôt étaient une indication. Il se demandait qui l'avait averti… Connaissant les vulcains et leur façon secrète, il doutait que ce soit Sivak… Il lui vint en mémoire que Sarek avait été là du début jusqu'à la fin et semblait avoir été informé avant la rencontre de ce dont Stislak était accusé, avait-il organisé la venue du docteur ? Il ignorait même que Sarek connaissait leur relation amicale…
« Sivak a dit que le guérisseur T'Pel pouvait aider à lever le verrou mental, ou quelque soit le nom de ce que Stislak vous a fait… Mais il a besoin que vous lui accordiez l'autorisation de pénétrer dans votre esprit, il a essayé plus tôt mais il a dit que vous ne lui aviez pas laissé accéder… » Expliqua Jim. A nouveau Spock baissa la tête dans la honte. Il ne savait pas comment leur expliquer, son incapacité à laisser un étranger voir ses pensées et ses souvenirs les plus honteux, à partager avec un autre vulcain les émotions qu'il ressentait. Il ne se sentait pas capable d'éprouver le jugement d'un de ses pairs, il pensait pouvoir supporter celui de ses amis, mais pas d'un autre vulcain…
« Rien ne presse cependant… » Rajouta Jim en levant une main, semblant lire à travers ses pensées troublées. Il reposa sa main près de lui, sans le toucher cependant, et Spock ressentait le besoin illogique de tendre vers lui. Le besoin illogique d'être touché, de sentir le contact et l'esprit de Jim. Il étendit son bras, de sorte à que sa peau entre en contact avec celle de Jim. Immédiatement, il fut assaillit par des émotions qu'il savait, n'étaient pas les siennes. Il ressentait de la colère, de la peur, mais aussi de la protection et du réconfort. Il savait que la colère de Jim n'étaient pas dirigée contre lui. Jim était en colère pour lui. Jim se sentait protecteur envers lui. Il ferma les yeux, laissant les sentiments de chaleur et de réconfort de Jim pénétrer en lui, et laver son esprit de toutes les émotions que Stislak avait pu faire naître chez lui. La peur, la douleur et la honte reculèrent un peu.
« Vos lecture sont partout… T'Pel a dit que c'était normal, après le choc que vous avez vécu, elle a dit que la plus part des autres vulcains avaient aussi eu des lectures anormales comme ça… mais je n'aime pas ça tout de même… Spock, je sais que vous n'aimez vraiment pas parler des sentiments et tout ça, mais il va falloir vraiment qu'on parle… Vous comprenez ? » Vint la voix, inhabituellement douce, du docteur McCoy. Spock regarda les fils qui dépassaient de sa couverture puis hocha la tête. Il avait l'impression d'agir comme un enfant. Il n'était plus un enfant, il était un vulcain adulte, il était fort, il ne pouvait plus laisser Stislak l'atteindre de cette façon. Mais, pourtant, malgré cette connaissance, malgré la confiance dont il était capable de faire preuve, malgré toute la force, physique et mentale dont il disposait, il ne se sentait toujours pas capable d'en parler… Et si ce que le Capitaine disait était vrai, il n'en serait pas capable tant qu'il n'aurait pas laissé T'Pel accéder à son esprit. Il était donc coincé. Il soupira très légèrement. Il sentit la main de Jim bouger contre lui puis se poser sur son bras.
« Hey, ne vous fermez pas, je sais combien tout cela peut être difficile, je… » Jim hésita. « Je ne sais pas exactement ce que ce bâtard vous a fait, mais croyez-moi, quoiqu'il se soit passé, ce n'était pas de votre faute et croyez moi, je comprends ce que vous ressentez… je ne peux pas tout comprendre, bien sûre, je sais que parler de sentiments, et toutes ces choses là, sont très difficiles pour vous, à cause de votre culture… Mais je… » Il soupira et se passa une main sur le visage, Léonard le regardait avec une certaine inquiétude maintenant. « J'ai vécu cette merde aussi, d'accord ? Je… quand j'étais gamin, ma mère, elle m'a laissée avec ce type, Frank, et c'était un véritable trou du cul… il… il m'a fait des choses, plus que juste me frapper… et je sais ce que ça fait, je sais pas les dommages que ça peut faire à un vulcain, mais je peux le comprendre Spock… Et vraiment, si vous n'avez pas envie d'en parler, je comprends très bien, et je resterai là, et si un jour vous voulez en parler, je serais là aussi… » Termina-t-il, la voix forte remplie de promesses et de déterminations. Spock ne savait, qui, de Jim ou de lui, s'était mis à serrer la main de l'autre, mais ils se tenaient ensembles à présent. Unis par une même douleur, et un même besoin.
« Merci, Jim. » Répondit-il après un moment, le bord de l'émotion légèrement perceptible dans sa voix. Sa gorge était trop serrée, et les mots trop difficiles encore, pour qu'il puisse dire plus, mais, il était reconnaissant, reconnaissant que Jim et Léonard soient ici, reconnaissant de pouvoir compter les deux hommes parmi ses amis. Il pouvait sentir le réconfort et la chaleur à travers le contact avec Jim, et il savait, même sans le toucher, que le bon docteur éprouvait la même amitié pour lui et même s'il n'avait pas besoin de le dire, il savait qu'il serait là pour lui comme Jim l'était.
Depuis le couloir et à travers la porte ouverte, Sarek avait entendu leur discussion. Et il était heureux, autant qu'un vulcain puisse l'être, sans doute même plus, que son fils ait trouvé de si bons amis pour veiller sur lui. Il savait qu'il y avait encore beaucoup de travail, pour que Spock puisse aller mieux, et il lui devait avant tout des excuses, mais il savait, qu'avec des personnes comme le Capitaine Kirk et le Docteur McCoy de son côté, ça ne pourrait qu'aller mieux. Il continua d'écouter pendant encore une petite minute, se tenant à l'écart, avant de s'avancer finalement dans la pièce. A son entrée il vit Spock s'éloigner dans le lit et se raidir et il regretta immédiatement les dizaines d'années qu'il avait passé à insuffler de la peur chez son enfant.
« Spock. » Dit-il en s'avançant. Le Capitaine se leva de là où il était assis sur le lit et se décala sur le côté, pour lui permettre de s'approcher de son fils. Il remarqua cependant qu'il restait proche de lui, comme s'il constituait une sorte de défense, entre Spock et le reste du monde, entre Spock et lui… Il ne pouvait pas dire qu'il ne l'avait pas mérité… Cela étant, même s'il essayait de le protéger de lui, le sentiment de protection pour son fils qui irradiait du corps du Capitaine réchauffa quelque chose dans son côté.
« Ambassadeur. » Le salua le jeune Capitaine Kirk.
« J'aimerai m'entretenir seul à seul avec mon fils un instant. » Demanda-t-il. Il vit Kirk et le docteur McCoy prendre un regard sur Spock qui hocha de la tête dans un mouvement à peine perceptible, puis les deux s'écartèrent.
« Nous serons juste à côté si vous avez besoin de nous… » Promit Kirk. Puis ils sortirent de la pièce, les laissant seuls. Sarek regarda à la chambre, c'était celle qu'il avait fait pour son fils, même s'il n'avait jamais vécu dans cette maison… Il tourna son regard vers Spock, le jeune vulcain avait éloigné son regard, regardant fixement le bout de la couverture. Il n'avait jamais été très bon pour comprendre son fils, mais il savait lire la honte quand il la voyait. Et cela lui fit mal, plus qu'il ne s'y était attendu. Il s'assit sur une des chaises qui avaient été précédemment occupées par le capitaine et le docteur.
« Je vous dois des excuses… » Commença-t-il, il parlait avec plus de douceur qu'il n'en avait jamais fait preuve et il regrettait vraiment que ce soit de telles circonstances qui l'aient amenées à traité son fils de la façon dont il aurait toujours du être… Il continua : « Je vous ai manqué… Je ne vous ai pas soigné comme il l'aurait fallu lorsque vous étiez enfant, j'ai manqué à mes devoirs de parent, et j'en suis profondément désolé. » Il prit une profonde inspiration. « Je sais que mon comportement vous a nui, et je m'en excuse. Je ne vous demande pas de me pardonner, mais j'espère que dans l'avenir, vous en serez capable. » Termina-t-il. Spock avait maintenant tourné son regard vers lui, ses deux sourcils s'étaient élevés sur son front, dans une expression de surprise. Il ne s'était pas attendu à une telle démonstration émotionnelle de la part de Sarek. Il s'était encore moins attendu à ses excuses… Il baissa légèrement la tête.
« J'accepte vos excuses. » Dit-il, tout n'était peut-être pas encore parfait entre eux, et tout était loin d'aller bien, mais Sarek lui avait tendu une main providentielle et Spock l'avait prise. Il ne pouvait pas dire qu'il le pardonnait, quand il repensait à Stislak et à comment son père l'avait poussé, sans le savoir, entre ses griffes, à comment ses deux parents avaient ignorés les signes de son mal être, les prenant pour des marques de sa jeunesse et de son double héritage, quand il repensait à tout cela, il éprouvait une certaine forme de reproche et aussi, bien qu'il ne l'avouerai pas même à lui-même, de la colère. Mais, Sarek avait fait plus qu'un pas vers lui, et il était capable de faire aussi ce pas là, dans sa direction, pour tacher de reconstruire leur relation.

F I N

Cette ligne de programmation ne sert qu'a formaté proprement les lignes de textes lors d'un utilisation sous Mozilla Firefox. J'aimerais pouvoir m'en passer mais je ne sait pas comment, alors pour l'instant. Longue vie et prospèrité